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  • : Ananie
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  • : Ce blog a pour but de présenter une vision spirituelle de la tradition chrétienne
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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 22:48

La prière est, pour le chrétien, une grande nécessité.

Car ni la connaissance, ni la volonté, ni le don aux autres, ni la croyance en Dieu, ne nous ferons parvenir à eux seuls à la sanctification si l'Esprit Saint n'œuvre pas Lui-même en nos âmes pour les purifier.

 

Dieu nous donne à chaque instant son souffle de vie pour que nous puissions exister, mais ensuite il se repose comme au septième jour de la création et nous laisse libre de suivre ou non Sa Volonté.

 

Ce qui signifie que pour que Dieu puisse agir en nous, pour qu'il puisse nous transformer selon ce qu'Il veut et nous conduire au Bonheur, il nous faut impérativement le lui demander.

 

Ainsi, si nous trouvons que Dieu n'agit que très peu dans nos vies, ou nous a fait moins saint que d'autres, la cause n'en est pas ailleurs que dans un manque de prière fervente de notre part.

 

Si la plupart d'entre nous (moi y compris), ne sommes pas remplis de la même Grâce qui habite les Saints, c'est parce que nous ne la demandons pas assez, ou pas vraiment comme il le faudrait.

 

Mais alors comment demander ?

 

 

Tout d'abord Avec Foi.

 

La Foi, selon Saint Jean de la Croix, c'est la ''nuit de l'entendement'', c'est à dire l'abandon de la compréhension mentale.

 

En effet, Dieu est au delà de toute conception ou image.

Dès lors, dès que nous nous représentons Dieu avec une idée plus ou moins arrêtée, nous limitons Dieu dans notre esprit. Et quand nous prions c'est à ce Dieu limité que vont nos prières, qui reçoivent alors une réponse limitée.

 

Mais qu'est ce qu'une idée plus ou moins arrêtée sur Dieu ?

 

C'est se dire que Dieu est comme ceci ou comme cela, qu'il veut ci et ça, qu'il pense tel chose ou telle autre, qu'il est ici ou là.

 

En réalité, dès que nous croyons comprendre Dieu, c'est que nous ne le comprenons pas du tout. Et lorsque nous nous rendons compte que nous n'arrivons pas et n'arriverons jamais à comprendre Dieu, c'est là que nous commençons à entrer dans le mystère de la Foi qui nous relie à Dieu tel qu'il est, dans sa dimension illimitée et insondable.

 

Mais il ne suffit pas de se dire cela : ''Dieu est au delà de toutes représentations''. Car se serait encore une idée arrêtée, purement intellectuelle.

Non, il faut vraiment réaliser son impuissance à comprendre Dieu.

 

Pour certain qui ont une Foi simple et naïve c'est une chose facile. Mais pour ceux qui ont un intellect assez fort, cela demande plus de travail.

 

Ainsi, si nous avons déjà certaines idées arrêtées sur Dieu, alors il nous faut continuer à chercher, à remettre en question ces idées, à en trouver qui soient de plus en plus juste, à demander de l'aide dans la prière, jusqu'à ce qu'un jour nous nous trouvions face à une impasse et que nous nous rendions compte, réellement, profondément, de notre totale impuissance à comprendre Dieu. Et ce de manière définitive.

 

Car c'est le témoignage des Saints, que même lorsque nous verrons Dieu, que nous serons un avec Lui, nous ne le comprendrons toujours pas, nous ne le saisirons pas.

 

Ainsi Dieu est au delà de toute représentation, de toute conception. Mais il est aussi au delà de tout ce que nous pouvons ressentir ou percevoir de quelque façon que se soit.

 

S'il nous arrive d'être transporté de joie, d'amour ou de paix dans la prière, ou même d'entrer en extase, ce n'est pas Dieu que nous ressentons, mais des effets de sa présence. Et la nuance est importante car si nous nous attachons à ces perceptions ou ressentis comme s'ils étaient Dieu lui-même, nous le limitons.

 

Remercions le plutôt pour ces bénédictions (qui sont là aussi même quand nous ne vivons pas ces transports agréables) et laissons le œuvrer en nous comme il l'entend, mais ne confondons pas les effets que sa grâce produit et son être même.

 

Ainsi en priant tout en sachant que nous ne pouvons pas vraiment définir Dieu, et qu'il est même au delà de tout ce que nous pouvons ressentir ou percevoir, nous prions en croyant simplement qu'Il est là, sans chercher à le saisir.

Alors, avec cette Foi, ce n'est plus à une petite partie limitée de Lui que nous nous adresserons, mais à Lui tout entier, dans sa toute puissance transformante d'Amour.

 

Et la Foi c'est aussi cela : savoir que même si Dieu est au delà de tout ce que nous pouvons imaginer, sentir ou nous représenter, Il est là, et lorsque nous nous adressons à Lui, il nous écoute.

Ainsi, si l'on prie avec Foi, on ne peut se contenter de réciter une prière de manière machinale, car Dieu est là, en nous et au delà de nous, comme s'il était face à nous, et il nous écoute avec attention.

Personne ne parlerait à un ami proche qui est face à lui en récitant un texte par cœur, de manière machinale, sans s'adresser directement à lui, comme si l'ami en question n'était pas là.

Si nous ne le faisons pas avec un ami, pourquoi le faisons nous avec Dieu ?

Je crois que c'est parce que nous oublions ou ne croyons pas suffisamment que Dieu est vraiment là, encore plus proche et plus aimant que n'importe quel ami, et qu'il nous écoute avec attention.

 

 

Ensuite avec Espérance.

 

L’Espérance, en tant que vertu donnée par Dieu, n'a rien avoir avec l'espoir tel qu'on l'entend habituellement.

L'espoir c'est attendre quelque chose que l'on a déjà imaginé ou connu, et que l'on souhaite trouver ou retrouver.

C'est espérer par exemple la richesse, la reconnaissance, la santé, une relation de couple harmonieuse...etc.

 

L'espérance par contre consiste à espérer quelque chose que l'on n'a jamais connu et qu'il est impossible d'imaginer : l'union avec Dieu, la béatitude éternelle.

 

C'est pourquoi nous pouvons, avec Saint Jean de la Croix, appeler l'Espérance ''nuit de la mémoire'' (sa définition de la ''nuit de la mémoire'' est bien plus profonde que cela, mais elle n'est pas en contradiction avec ce qui est dit ici).

 

Prier en étant guidé par l'Espérance cela revient à se remettre entre les mains de Dieu en lui demandant de nous sanctifier par son Esprit Saint.

 

Car si Dieu n’œuvre pas en nous, il est impossible d'accéder à la Sainteté.

 

Lui seul peut nous donner la clairvoyance et l'humilité pour voir tout ce qu'il y a à purifier en nous, lui seul peut nous donner la persévérance, le goût de la prière, le détachement joyeux des biens terrestres, l'amour pour les autres... et toutes les forces et vertus nécessaires au cheminement spirituel.

 

Cependant Dieu n'impose rien, il respecte notre choix. C'est pourquoi, si nous voulons qu'il œuvre à notre sanctification ou fasse naître en nous des vertus, nous devons sans cesse le Lui demander.

 

Et là est le véritable but de la prière.

 

Si nous demandons sans cesse à Dieu des richesses, de la reconnaissance, du pouvoir, il ne faut pas nous étonner de ce qu'il ne nous exauce pas. Car ces choses, si elles sont nécessaires, en une certaine quantité, à notre vie terrestre, ne conduisent pas véritablement au Bonheur, et sont même parfois des occasions de chuter.

 

Si Dieu ne nous les donne pas alors que nous les lui demandons, c'est parce que c'est autre chose qu'il veut nous donner et qui nous conduira vraiment au Bonheur.

 

Ainsi prier avec Espérance, c'est demander par exemple à Dieu d'être plus humble, plus aimant, plus vigilant, persévérant. C'est lui demander de nous guérir de tout mal spirituel.

 

C'est en fait Lui demander de nous purifier de tout ce qui, en nous, s'oppose à Lui, ou encore, Lui demander d'accomplir en nous Sa Volonté.

Et en le laissant accomplir en nous toute Sa Volonté, Dieu nous comblera, bien au delà de tout ce que nous aurions pu imaginer.

 

De plus, si nous vivons dans Sa justice et ses Vertus, Dieu nous donnera par surcroit tout ce dont nous avons besoin pour vivre et être heureux.

« Cherchez le Royaume de Dieu et Sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroit » dit le Christ.

 

C'est cela aussi l'Espérance qui doit nous imprégner lorsque nous prions : une grande confiance en la Volonté de Dieu.
Nous devons en effet être convaincus que Dieu nous aime, qu'Il veut que nous soyons heureux, et qu'Il sait bien mieux que nous ce qui nous conduira au Bonheur.

 

Ainsi, n'importe laquelle de nos demandes à Dieu devrait être terminée par une formulation du type : « Seigneur, que se soit Ta Volonté qui se fasse et non la mienne. »

 

Si cette formulation sincère suit notre prière, alors nous pourrons faire n'importe quelle demande à Dieu (même des demandes concernant les choses terrestres) sans nous inquiéter de demander quelque chose de contraire à la Volonté divine (qui nous serait nuisible), car Dieu rectifiera nos prières selon Sa Volonté.

 

Mais encore faut-il que cette demande soit vraiment sincère et qu'elle ne soit pas une simple récitation.

 

Ainsi, nous pourrons être sur qu'Il nous comblera de Paix et de Joie.

 

Il ne répondra peut-être pas à nos demandes comme nous l'aurions pensé au départ, mais au final, nous serons bien plus heureux de Son action en nous et dans notre vie, que s'il avait exaucé nos demandes comme nous nous l'étions imaginés.

 

Mais il est possible que nous ayons peur de formuler une telle demande.

Si tel est le cas, alors demandons à Dieu de nous guérir de cette peur, et de nous donner une confiance absolue dans le fait que Sa Volonté, et elle seule, nous conduira au véritable Bonheur, un Bonheur indestructible car non lié à des objets extérieurs, mais à la présence de Dieu en nous.

 

L'Espérance consiste donc, fondamentalement, à faire plus confiance à la Volonté de Dieu qu'à la notre pour nous rendre véritablement heureux, et à nous placer dans une disposition d'esprit de réceptivité à ce qu'Il veut nous donner et que nous ne connaissons pas encore.

 

 

Et avec Charité.

 

La Charité, même si elle inclue aussi cela, ce n'est pas seulement subvenir aux besoins matériels des personnes qui en manquent, mais c'est, plus largement, aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même et d'un amour inconditionnel.

 

C'est la Charité qui donne sa direction à la prière, qui montre le chemin qu'elle doit prendre.

 

Et ce chemin est de deux natures :

 

- Tout d'abord la prière est orientée par l'Amour de Dieu. C'est à dire que fondamentalement, nous ne prions pas pour obtenir quelque chose pour nous, mais pour vivre le mariage mystique avec Dieu et être unit à Lui.

 

- Ensuite, de cet Amour de Dieu découle aussi l'amour des autres. Car plus nous sommes unis à Dieu, et plus nous aimons ; et plus nous aimons, plus nous sommes unis à Dieu. Ce sont deux choses indissociables, car comme le dit Saint Jean, Dieu est Amour et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu.

 

Ainsi, lorsque nous prions, soyons conscient que ce n'est pas le fait de recevoir des choses qu'elles soient matérielles ou spirituelles, qui pourra nous combler, mais c'est le fait d'être unit à la présence de Dieu.

Et plus nous serons unis à Lui, moins nous voudrons de choses pour nous mêmes, parce que nous trouverons notre bonheur dans le fait d'aimer notre prochain.

 

C'est pour cela que Saint Jean de la Croix appelle la charité « Nuit de la volonté ».

 

Prier avec Charité c'est aussi ne pas prier uniquement pour soi-même, mais laisser notre prière s'étendre à toutes les âmes, par Amour pour elles, qu'elles soient humaines ou animales, vivantes ou mortes.

 

Cela nous libère progressivement de l'égoïsme et en faisant ainsi nous en tirons encore plus de bénéfices que si nous avions prié uniquement pour nous mêmes.

Lorsque nous prions pour demander une grâce qui correspond à la volonté divine, demandons aussi cette grâce pour tous les êtres, afin d'amasser des trésors dans le ciel et de développer l'Amour des autres et l'attitude du don de soi.

 

Ainsi nous devenons un canal pour que l'Amour de Dieu puisse se déverser dans le monde. Et notre petit amour humain qui nous avait donné l'envie de prier pour tous, devient un Amour divin et infini, car ce n'est plus nous qui aimons, avec nos forces limitées, mais c'est Dieu qui Aime à travers nous, nous permettant ainsi peu à peu d'Aimer véritablement comme Lui seul sait Aimer.

 

En effet, cet Amour infini et divin, cette Charité au sens premier du terme, nous ne pouvons pas la produire par un effort de notre volonté. La Charité est une Grâce de Dieu, et ce que nous pouvons faire c'est y consentir, l'accueillir en nous, et laisser Dieu la déverser pour les autres et aussi pour nous mêmes au travers de notre attitude de prière.

 

Cette attitude, nous la cultivons particulièrement dans les moments que nous consacrons pleinement à la prière, mais à force de la cultiver, elle peut et doit imprégner notre esprit, nos paroles, nos actions et toute notre vie de plus en plus souvent et intensément.

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10 décembre 2012 1 10 /12 /décembre /2012 16:32

Tout d'abord qu'est ce que le mal ?

Selon la tradition chrétienne, le mal c'est le péché, c'est à dire ce qui nous détourne de notre véritable nature qui est l'amour.

Ainsi nous pourrons mettre par exemple sous ce terme ''mal'' des choses comme : la haine, la jalousie, le fait de se placer sans cesse comme supérieur aux autres, ou de leur imposer sa volonté par la force...etc.

 

Les premiers chrétiens ont beaucoup réfléchis à ce problème du mal et se sont posés de nombreuses questions à ce sujet, notamment sur son origine.

Dans cette réflexion inspirée par les textes bibliques et leur expérience de la présence de Dieu, ils se sont opposés à deux idées que l'on retrouve pourtant encore souvent de nos jours.

  • La première consiste à dire que Dieu a créé le bien, et qu'un diable ou un autre dieu, mauvais par nature, a créé le mal. De ces théories découlent aussi souvent des idées d'opposition entre l'esprit et la matière : l'esprit étant considéré comme bon par nature et la matière mauvaise par nature. Mais cette vision des choses s'oppose à celle du Christ et de la tradition biblique qui font de la matière le lieu d'incarnation de l'esprit, et nous présentent Dieu comme le Père, c'est à dire l'unique créateur de toutes choses existantes.

  • Une autre idée courante chez ceux qui tentent de résoudre cette question consiste à dire que le mal n'existe pas, qu'en fait tout est parfait et se déroule selon la volonté de Dieu. Là encore cette vision des choses s'oppose à la vision chrétienne, car elle déresponsabilise l'homme, lui enlève son libre arbitre ainsi que toute possibilité d'évolution (s'il n'y a aucune dysharmonie en nous, comment nous améliorer ?). De plus elle est une négation de la miséricorde divine : croire que les atrocités qui sont commises envers les plus faibles pourraient découler de la volonté d'un Dieu qui imposerait ses volontés pour installer le monde dans sa présence, au mépris de la souffrance des hommes, vient à mon avis d'une très grande méconnaissance de l'amour.

 

La tradition chrétienne, quand à elle, dit que le mal existe, mais qu'il n'est pas une création de Dieu.

Pourtant, elle dit en même temps que Dieu a créé tout ce qui est, et que rien n'existe s'il ne lui donne pas l'existence qu'il est lui-même. C'est à dire que pour qu'elles existent, Dieu doit habiter dans toutes choses, y compris dans le mal.

 

Pour résoudre cette contradiction, il faut faire une distinction entre la création qui appartient à Dieu, et ce que l'on pourrait appeler la fabrication dont l'homme est responsable dans son libre arbitre.

La création n'appartient qu'à Dieu qui crée tout ce qui existe à partir du néant.

Ainsi Dieu donne à l'univers visible et invisible d'exister. Il permet ainsi aux éléments, aux pierres, aux plantes, aux créatures vivantes d'exister, en leur donnant en partage son Être. De même il permet aux pensées, aux émotions, aux sentiments spirituels, à la volonté...etc, d'exister.

Ensuite, l'homme, à partir de ce qui existe déjà et que Dieu a créé, peut fabriquer, c'est à dire agencer selon sa volonté des choses créées pour produire des choses nouvelles (qui ne sont pas des créations à partir du néant mais des agencements particuliers de choses déjà existantes).

 

Pour illustrer cela, utilisons l'exemple d'une tarte aux pommes.

Pour que cette tarte aux pommes puisse exister, il faut qu'il existe au préalable des pommes, du blé que l'on moud pour faire la farine, des vaches dont on tire le lait puis le beurre, des plantes dont on tire le sucre.

Tout cela découle de l'action de Dieu qui donne d'exister à toutes ces choses.

Bien sur l'homme peut réaliser des croisements entre des espèces de pommes ou de vaches, et même, pourquoi pas, faire des manipulations génétiques. Mais il ne peut insuffler la vie à une chose inanimée, il ne peut non plus créer à partir de rien.

Mais reprenons l'exemple de la tarte aux pommes : à partir de tous ces ingrédients que Dieu a créé à partir du néant, auxquels il a donné d'exister, et qui sont bons par nature, l'homme peut fabriquer une tarte aux pommes en agençant ces différents éléments entre eux et en leur faisant traverser différents processus comme la cuisson, la découpe, le mélange.

 

Dans son processus de fabrication l'homme est libre de manipuler les différents éléments, mis à sa disposition par Dieu, selon son bon vouloir. Ce qui est une image du libre arbitre.

Ainsi, si la tarte aux pommes est mauvaise, cela ne sera pas du aux ingrédients de départ, mais à l'action de l'homme qui n'aura pas suivi avec application une bonne recette, ou qui n'aura pas respecté la nature des ingrédients de départ (en récoltant des pommes pas assez mures par exemple). Il obtiendra alors une tarte par exemple beaucoup trop sucrée, trop acide ou trop cuite, et on pourra dire qu'elle est mauvaise.

 

De même le mal est comme une mauvaise tarte aux pommes : c'est un mauvais agencement d'éléments bons par nature.

Le mal n'est pas une création de Dieu, mais une mauvaise fabrication humaine.

 

Et il en est de même pour le mal qui réside en tout homme : c'est un mauvais agencement d'énergies psychiques qui le constituent, mais qui sont bonnes par nature.

 

Utilisons une autre comparaison pour l'illustrer : Être habité par le mal c'est comme d'avoir reçu une boite de légos qui permet de construire un temple mais de ne pas avoir suivit le plan fourni avec et d'avoir construit un monstre à la place.

Ainsi ce monstre est en quelque sorte le mal qui nous habite. Mais ce mal est constitué des mêmes pièces de légos qui pourraient servir à construire le temple.

De même toute mauvaise tendance qui nous habite est constituée d'énergies bonnes par nature car créées par Dieu.

 

Prenons l'exemple de la colère : la colère est une force qui peut être destructrice pour nous mêmes et les autres, à moins qu'elle soit bien gérée. On pourrait donc dire qu'une colère non canalisée de manière constructive est mauvaise, car elle nous détourne de l'amour.

Or, il arrive par exemple, que la colère soit une énergie d'affirmation, de discernement et de respect de soi qui a été réprimée et qui ressort de manière explosive à un moment donné. Ainsi, il est fréquent que nous réprimions, sans nous en rendre compte, à cause des conditionnements du monde, un mouvement interne spontané qui voulait nous pousser à exprimer une vulnérabilité ou un mécontentement de manière juste. Cette répression engendre alors en nous de la frustration et parfois de la violence, et nous finissons par exploser, ou par retourner cette force contre nous-mêmes en nous culpabilisant et en nous auto-dénigrant.

Pourtant cette énergie qui devient explosive et destructrice, ou auto-destructrice, parce qu'elle a été trop réprimée, est la même qui constituait la juste affirmation du départ qui cherchait à s'exprimer de manière constructive pour nous-mêmes et autrui.

 

Ainsi, toutes les énergies qui constituent notre âme sont toujours lumineuses et bonnes par nature, car nous avons été créés par Dieu, à son image.

Cependant lorsque, en nous détournant de la volonté divine, nous réprimons ces énergies qui nous animent, ou les déformons par rapport à leur nature originelle, cela engendre le mal, c'est à dire l'arrêt de la libre circulation de l'amour en nous (pour nous-mêmes et autrui), et à terme la souffrance pour nous mêmes et les autres.

 

On pourrait penser que ce développement philosophique n'est qu'un discours intellectuel abstrait, mais je crois que voir les choses ainsi a de grandes incidences et est même absolument nécessaire dans la voie de sanctification chrétienne.

 

Car une telle conception des choses amène la possibilité de percevoir la présence de Dieu en toutes choses existantes, c'est à dire en tout être vivant qui ne peut alors plus être considéré comme mauvais par nature.

Si une personne engendre le mal et la souffrance, c'est qu'elle s'est détournée de sa nature véritable.

Si notre pratique chrétienne n'est pas sous tendue par une telle vision des choses, alors elle devient uniquement un entrainement à la pratique des vertus : dans notre quotidien et nos actions de tous les jours nous contrôlons nos mauvais penchants et à cherchons à utiliser les vertus dont nous disposons en les faisant croitre peu à peu par l'entrainement.

Cette pratique qui cultive les tendances au ''bien'' n'est bien sur pas condamnable et est à mon sens absolument nécessaire pour la vie chrétienne. Mais cette pratique ne constitue pas une voie spirituelle à elle seule.

 

Car la voie spirituelle chrétienne consiste à se laisser recréer par Dieu, c'est à dire à le laisser agir en nous pour qu'il illumine peu à peu toutes les parties de notre être et les divinise. Et cela inclus aussi nos défauts.

Cela demande, en plus de la pratique des vertus dans nos actions quotidiennes, d'accorder du temps à cette action de Dieu en nous pour nous laisser façonner par Lui.

C'est cela qui nous conduira à la Sainteté.

Cependant, il nous sera difficile de faire cela si nous ne pratiquons pas déjà la vertu au quotidien. En effet, si nous passons notre temps à suivre notre égocentrisme et notre orgueil, notre esprit sera sans cesse agité, et il nous sera bien moins aisé de le tranquilliser dans la prière pour le regarder tel qu'il est à la lumière de la présence divine.

 

Car dans les moments consacrés à la prière, il s'agit de ne surtout pas refouler nos mauvaises tendances et de les enfermer à double tour dans un recoin de notre âme, mais plutôt de les accepter et de les placer dans la lumière du Christ pour qu'il les défasse peu à peu, et les réorganise selon le plan de Dieu.

 

Si nous reprenons l'exemple précédent de la juste affirmation réprimée, et déformée qui se transforme en colère :

 

Nous pourrons tenter de gérer cette colère dans notre quotidien afin qu'elle nuise le moins possible. Là encore nous ne serons pas dans le refoulement : nous verrons cette colère, et en la voyant nous pourrons mieux la gérer. Car si nous la refoulons, elle finira tôt ou tard par échapper complètement à notre contrôle : nous ne pouvons gérer que ce dont nous sommes conscients. Dans notre quotidien, nous gèrerons donc cette colère en en étant conscient et en ne nous laissant pas déborder par elle.

 

Mais dans les moments de prière il en sera tout autrement : nous laisserons monter cette colère en nous, et même déborder par elle, tout en nous reliant au Christ, pour placer cette colère en sa présence et le laisser la transformer peu à peu.

 

 

 

En transposant ce travail sur la colère avec l'image des légos :

  • Le Christ va défaire progressivement les pièces qui constituent le monstre, c'est à dire que sa présence va décortiquer notre colère point par point pour nous la montrer telle qu'elle est, dans tous ses aspects et ses causes. Il s'agira d'une prise de conscience directe, d'un vécu libérateur, et non d'une simple compréhension intellectuelle.

  • Cette présence de Jésus va aussi réutiliser les pièces de légos qui constituaient le monstre pour les ré-agencer de manière juste, selon leur véritable nature telle qu'elle a été crée et voulue par Dieu, c'est à dire imprégnée d'amour, pour recréer le temple, c'est à dire ici une force de juste affirmation de soi et de discernement (par exemple).

 

Mais ce processus ne se passe pas forcément en deux temps, c'est une image et en fait tout se passe simultanément : c'est comme si chaque pièce de légo défaite retrouvait presque immédiatement sa juste place, dans le fait même d'avoir été délogée de son travers.

 

L'important est de voir ici, que se serait une erreur de refouler sans cesse notre colère, car étant constituée d'énergie de juste affirmation, en rejetant cette colère, nous rejèterons en même temps cette capacité à la juste affirmation de soi et nous nous en priverons.

Et cela nous empêchera tout autant de nous exprimer nous-mêmes que de laisser Dieu s'exprimer à travers nous.

De plus cela ne résoudra absolument pas le problème de cette colère qui pourra ressurgir dès que les évènements de la vie la réactiveront.

 

Car aucun mal refoulé ne pourra l'être indéfiniment. Il réapparaitra tôt ou tard, ne serait ce qu'au moment de notre mort : « Tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Aussi tout ce que vous aurez dit dans l'ombre sera entendu au grand jour, ce que vous aurez dit à l'oreille dans le fond de la maison sera proclamé sur les toits. » (Lc 12, 2 et 3).

En effet, pour maintenir un refoulement, il faut un moi conscient (qui peut user de sa volonté pour refouler) et un corps (qui se contracte pour maintenir hors du ressentis les sensations et émotions refoulées). Or ce moi conscient et ce corps disparaissent au moment de la mort, et tout ce que nous avions refoulé, de fait, ressurgit.

 

Ainsi, pour purifier notre âme, passons du temps dans la prière pour laisser le Christ agir en nous par l'intermédiaire de l'Esprit Saint, sans rien chercher à lui cacher, confiants en son amour illimité.

Car lui seul possède la recette ou le plan du temple en légos. Il est en fait lui-même cette recette ou ce plan qui permettra à notre âme de devenir le temple de Dieu.

 

 

Mais cette recette n'est pas constituée de mots et de chiffres, de formules toutes faites. C'est plutôt une présence vivante qui se révèle à nous au plus profond de notre âme, qui nous éclaire et nous instruit sans image ni parole, lorsque la prière nous amène à accepter absolument tout ce qui nous constitue et à le placer sous le regard de Dieu.

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 17:18

Le Credo est le résumé de la Foi chrétienne.

C'est à dire qu'il présente ce à quoi le chrétien se relie, ce vers quoi il dirige son âme et ses efforts pour vivre et incarner dans son être et sa vie les réalités dont parle cette profession de Foi.

 

Je crois en Dieu le Père Tout-Puissant,

 

« Je crois ».

Cette expression n'est pas à entendre dans le sens d'une simple croyance intellectuelle.

C'est une orientation : celui qui croit vraiment ne s'arrête pas à cette croyance, mais cette croyance est le chemin qu'il empreinte pour réaliser ce en quoi il croit.

Et ce chemin est celui de toute sa vie.

Car dire « Je crois en Dieu » en vérité implique de vivre selon cette croyance, ce qui demande un travail intérieur constant aidé de la Grâce divine.

Réciter le Crédo ne signifie pas que nous vivons l'idéal qu'il décrit, mais plutôt que nous décidons (ou réaffirmons notre décision) de nous mettre en route vers celui-ci.

 

« En Dieu le Père ».

Dans la pensée Judéo-chrétienne le Père est celui qui dirige, qui oriente, par rapport à la Mère qui engendre, qui donne la vie. Dire que l'on croit en Dieu le Père signifie que l'on voudrait que toutes nos actions soit orientées et décidées par le divin, c'est à dire par l'Amour.

 

« Tout-Puissant ».

Certains se demandent pourquoi le monde va si mal puisque Dieu est Tout-Puissant : « Pourquoi laisse t-il faire le mal, la souffrance ? Est-il un Dieu cruel qui punit ? Un sans cœur qui nous a créé mais qui ensuite se décharge de toute responsabilité à notre égard, et nous laisse vivre les pires atrocités ? ».

 

Mais le Dieu des chrétiens n'impose rien : il se propose au cœur de chacun, et chacun est libre de lui dire ''oui'' ou ''non''.

Il ne contrôle pas le monde, sinon où serait notre libre arbitre et notre responsabilité ?

 

Ainsi Dieu ne peut être désigné comme responsable du mal qui est du fait de l'homme, lorsqu'il se sépare de Lui. Il n'agit que par ceux qui décident de faire Sa volonté et de se laisser agir par Lui.

 

Mais si l'on attribue à Dieu ce contrôle de tout, c'est parce que l'on confond la Puissance divine avec celle du monde.

En effet, dans le monde, la puissance c'est avoir le pouvoir d'imposer aux autres sa volonté pour qu'ils fassent ce que l'on veut et ainsi nous éviter ce qui nous est désagréable.

C'est généralement cela que nous appelons puissance et que nous recherchons. C'est pourquoi, en projetant nos conceptions humaines sur Dieu, nous nous attendons à ce qu'il possède cette ''toute-puissance'' là.

Mais cette puissance mondaine nous amène en fin de compte une angoisse permanente : « Et si les choses échappaient à mon contrôle... que se passerait-il ? Pourrais-je toujours maintenir ma situation ainsi sans changement ? ».

D'autant plus que la réalité vient régulièrement nous rappeler qu'il est impossible de tout contrôler et que chercher à le faire est plus source de souffrance que d'autre chose.

Une telle ''puissance'' implique en fait une grande dépendance vis à vis des conditions extérieures. Peut-on dire que l'on est réellement puissant, si notre bonheur ou notre malheur, notre paix ou notre angoisse, notre joie ou notre peine sont entièrement dépendants des situations, des personnes et des objets extérieurs, ainsi que des aléas de la vie ?

Je ne le crois pas. Et je ne crois pas non plus que Dieu, qui partage avec nous tout ce qu'il a et tout ce qu'il est, veut nous donner cette sorte de puissance qui est en fait un véritable poison.

 

La Toute Puissance que Dieu possède ne consiste pas à contrôler les choses pour qu'il ne nous arrive que ce que notre égo désire.

Elle est plutôt une capacité de transformer en Bien, en Lumière, en Bonheur, toute situation quelle qu'elle soit.

 

Chez ceux qui sont pleinement unis à Dieu (le Christ et les Saints), il est vrai, que cette Toute Puissance peut parfois s'exprimer comme un pouvoir sur les éléments, sur la maladie ou même sur la mort ; mais étant associée à l'Amour, cette Puissance s'exprime aussi dans la fragilité et la vulnérabilité.

Les Saints et le Christ lui-même, lorsqu'ils marchaient parmi nous, n'étaient pas insensibles et invulnérables, et ils ne cherchaient pas à tout contrôler.

Ils étaient touchés comme vous et moi, mais toute leur humanité et leur fragilité étaient orientées par la gouvernance de l'Amour.

En quelque sorte, nous pouvons dire que leur vulnérabilité pleinement assumée se muait en toute puissante.

Il en est par exemple ainsi du Christ qui meurt sur la croix en donnant sa vie... Il exprime là une fragilité temporelle, une impuissance du point de vue du monde, mais une toute puissance divine : qui peut vraiment vivre ce qu'il a vécu en restant dans la paix et l'amour s'il n'est pleinement investit de cette toute puissance divine ?

 

De plus on voit aussi que pour les hommes qui en ont bénéficié de grâces miraculeuses, la Puissance divine ne s'est jamais imposée à eux, mais sont action a toujours été précédée de la Foi et des appels à l'aide de ces miraculés.

 

Dieu est bien Tout-Puissant, mais d'une puissance intérieure qui s'exprime en tous ceux qui se laissent pleinement investir de la présence divine : ils peuvent éprouver certaines douleurs et mourir, ils n'ont pas le pouvoir d'écarter toutes les maladies et de changer tous les cœurs, ils ne contrôlent pas toute situation ; cependant, rien ne les perturbent véritablement, s'ils sont parfois touchés et remués intérieurement, rien ne les écarte de l'Amour, de la Paix et de la Vérité qui sont la clé du véritable Bonheur.

 

Là est la véritable puissance, car celui qui arriverait à tout contrôler et à éviter toutes les difficultés n'en serait pas moins soumis à la peur que son pouvoir lui échappe (ce qui est inévitable tôt ou tard).

Par contre celui qui accepte les difficultés et conserve sa paix et son amour en toutes circonstances est vraiment Tout Puissant, mais d'une puissance qui n'est pas celle des hommes et qui s'exprime aussi dans la pleine assumation de son humanité et de sa vulnérabilité.

C'est cette puissance là que devrait chercher le chrétien, et c'est cette puissance que Dieu, qui seul la possède, lui donne, lorsqu'il s'ouvre à Lui et le laisse pleinement agir en son être.

 

Créateur du ciel et de la terre,

Lorsque les Saints parlent de Dieu Créateur, ils ne font pas simplement référence à un acte de création au commencement des temps, mais ils insistent sur un point particulièrement important pour développer une vision spirituelle des choses : la création est perpétuelle, c'est à dire que Dieu, à chaque instant, donne à toutes choses d'exister.

Et si Dieu permet aux choses d'exister, c'est parce qu'il est en elle comme leur être même, leur principe d'existence.

Ainsi dire que Dieu est créateur nous incite peu à peu à percevoir la présence divine en toutes choses, autant dans les choses de l'esprit (le ciel) que dans celles de la matière (la terre).

Mais la notion de création chrétienne implique un autre aspect : c'est que la chose créée (la créature dans le langage chrétien) est libre. Ainsi Dieu crée toutes choses bonnes, et ne cesse jamais de leur permettre d'exister en restant à leur intime pour leur donner l'existence, mais il les laisse libres de se conformer ou non à leur nature divine. C'est pourquoi ne peut être le fidèle reflet de Dieu que la créature qui choisit sans cesse librement de faire Sa volonté.


et en Jésus-Christ Son Fils unique, notre Seigneur,

Jésus Christ est le Fils unique en tant qu'il est l'incarnation plénière de Dieu : Dieu n'a pas partagé son héritage entre plusieurs enfant, mais il a mis en Jésus tout son Amour, c'est à dire tout ce qu'Il est.

Ainsi, dans le christianisme, Jésus Christ est le Verbe de Dieu, l'archétype qui représente la pleine union de l'homme et de Dieu et auquel le chrétien se relie pour réaliser cette même union.

 

Le considérer comme notre Seigneur signifie que nous cherchons sans cesse à vivre dans sa présence pour qu'il dirige et investisse peu à peu toutes nos pensées, toutes nos paroles, toutes nos actions et notre être même afin que nous devenions un avec lui.

Et en nous unissant à lui, nous pourrons devenir à notre tour un Fils unique, remplit de la présence de Dieu ; c'est à dire « un autre Christ » comme le dirait Saint Padre Pio.

 

Mais je crois qu'il faut se garder d'une vision qui défendrait l'idée que l'union divine ne peut se réaliser que dans la voie chrétienne grâce au Christ. Car le Christ ne se résume pas à ces deux mots « Jésus Christ » ou à une forme qui est l'image du Christ ou son corps. Les mots « Jésus Christ », son corps, sa vie et son image sont en fait des signes qui sont privilégiés dans le christianisme pour nous conduire à l'état de Sainteté.

Ainsi, il ne faut pas croire que les autres religions qui utilisent d'autres formes ne sont pas en lien avec le Verbe de Dieu. Si telle est notre manière de penser, je crois que nous sommes dans ce que l'on pourrait appeler de l'idolâtrie : nous prenons la forme et le nom pour Dieu lui-même, autrement dit ce n'est pas Dieu (qui se révèle dans cette forme, ce nom, la vie et les œuvres de Jésus) que nous adorons, mais une image et des mots.

De plus, il suffit de s'intéresser de près à d'autres grandes traditions spirituelles pour se rendre compte que l'état de Sainteté n'est pas l'exclusivité de la chrétienté, et que Dieu peut se manifester ailleurs avec tout autant de magnificence qu'en les Saints chrétiens.

Nier le bien que l'on voit ailleurs parce que cela ne correspond pas à nos croyances est tout simplement de l'aveuglement, et celui qui préfère rester aveugle, personne ne peut rien pour lui.

Mais dire qu'il peut exister un quelconque bien sans la présence et l'œuvre du Verbe de Dieu s'oppose totalement à la Foi chrétienne : cela voudrait dire que l'homme peut créer le bien par lui-même, sans l'action de Dieu. Et dans une conception chrétienne des choses, développer quoi que se soit sans l'action de Dieu, c'est le faire à partir de son égo (je précise bien ''dans une conception chrétienne'', car dans le bouddhisme par exemple, on peut sortir du fonctionnement de l'égo sans faire intervenir le concept de Dieu ; ce qui ne signifie pas que les bouddhistes ne se relient pas à ce que nous appelons ''Dieu'').

Ainsi, si notre Foi est sincère, nous devons admettre que ce Verbe divin agit aussi partout où il peut y avoir une quelconque vertu, et que si quelqu'un est remplit d'amour, c'est nécessairement son œuvre, même dans des voies où il n'est pas appelé par ces deux mots : « Jésus Christ », et même chez des personnes qui ne suivent aucune voie spirituelle.

 

Malheureusement, le démon de l'orgueil (comme l'auraient dit les premiers chrétiens) qui nous pousse toujours à désirer être supérieur aux autres par nos possessions, nos connaissances, nos sentiments ou autre, tente souvent de nous faire tomber dans cette forme d'idolâtrie.


qui a été conçu du Saint Esprit,

Pour devenir un autre Christ nous devons non seulement nous relier à Jésus, mais aussi nous laisser façonner et concevoir par le Saint Esprit.

La manière de se relier à Dieu pour aller à Lui est, dans la tradition chrétienne, résumée par le concept de la Trinité. Pour faire un avec Dieu le Père, nous le laissons agir en nous par le Saint Esprit qui nous transforme peu à peu.

Mais il est très difficile de se relier au Père qui est au delà de toute conception sans aucun support, c'est pourquoi nous nous relions à Lui par le Fils (Jésus Christ) qui est son image visible et incarnée en tant qu'homme.

Ainsi nous nous relions au Père, par le Fils pour nous laisser recréer par le Saint Esprit.


est né de la Vierge Marie,

Pour bien nous relier au Christ et à la Trinité, nous devons également nous placer dans une attitude d'esprit juste qui est représenté par la Vierge Marie et qui nous permet de recevoir, d'accueillir et de laisser croître en nous cette présence Divine, ce Fils du Père qui se manifeste en nous lorsque nous nous laissons féconder par le Saint Esprit.

Cet état d'esprit est caractérisé par la réceptivité (symbolisée par la féminité de Marie), il est aussi vierge de toute imprégnation des valeurs de l'égo (symbolisé par la virginité de Marie), et imprégné d'amour (mry, la racine égyptienne du nom de Marie signifie « Aimer »).


a souffert sous Ponce Pilate,
a été crucifié, est mort, a été enseveli,

Le Credo nous explique ici que le Christ auquel nous nous relions a souffert comme nous, et sa vie nous montre qu'il a su transcender les souffrances, en les assumant sans jamais s'écarter de la voie de l'amour.

Si la tradition chrétienne insiste parfois beaucoup sur les souffrances du Christ, c'est parce que là est son action la plus utile. En effet, nous avons presque tous un idéal de bonté que nous sommes capables de suivre lorsque tout va bien. Cependant, lorsque nous souffrons, nous réagissons en créant à l'intérieur de nous-mêmes de l'orgueil, de la colère, de la jalousie, et toutes sortes de poissons qui créent un véritable enfer dans notre âme.

Nous relier au Christ souffrant nous permet de gérer nos souffrances comme Lui a géré les siennes, c'est à dire en restant toujours dans la paix et l'amour.

 

est descendu aux enfers ;

Si certains évangiles apocryphes nous disent que Jésus est descendu aux enfers pour y libérer des âmes, nous pouvons considérer qu'il descend aussi dans notre propre enfer intérieur lorsque nous faisons appel à Lui. Car la voie spirituelle, ne consiste pas à refouler nos démons et nos ténèbres intérieurs pour ne nous concentrer que sur la lumière et aller à elle.

Au contraire : la lumière est déjà là en nous, et il s'agit de purifier les obscurcissements qui la recouvrent ; pour cela, il faut que le Christ descende dans nos propres ténèbres et y amène sa lumière.

C'est d'ailleurs un signe que notre prière est efficace lorsque nos zones d'ombre et nos défauts apparaissent à notre conscience éclairée par la force de l'amour. Cela signifie que Dieu œuvre en nous pour nous purifier.


le troisième jour est ressuscité des morts,

est monté aux cieux,

On peut voir ici la place qu'occupe désormais le Christ : il vit éternellement en nous et en toutes choses. En effet, les Cieux, dans la tradition chrétienne ne sont pas à entendre comme le ciel physique. Les cieux revoient, pour les Pères de l'Église, à un état de conscience, au centre de notre être, le Royaume de Dieu, qui reste toujours pur, lumineux et incorruptible quel que puissent être les voiles qui assombrissent notre âme.

 

est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,

d'où il viendra juger les vivants et les morts.

Le fait que Jésus soit assis à la droite de Dieu, nous montre qu'il est son pouvoir d'action, que Dieu agit dans le monde par Lui.

La gauche de Dieu, dans le symbolisme chrétien signifie sa miséricorde et la droite sa justice dont il est fait mention ensuite.

Cependant il ne faut pas entendre ce jugement du Christ comme une sanction ou une récompense faite aux vivants et aux morts selon leurs mérites. La sanction ou la récompense ne sont pas du fait de Dieu, mais du fait des choix de l'homme qui contiennent en eux-mêmes sanction et récompense : la peine et les situations souvent difficiles pour celui qui va à l'encontre de sa nature véritable en accomplissant le mal ; et le bonheur pour celui qui est bienveillant envers lui-même et autrui.

 

Ce jugement peut être entendu comme celui qui se passe à chaque instant en la personne se fait réceptive à la puissance transformatrice du Verbe de Dieu : lorsque nous nous relions au Christ, il sépare le bon du mauvais en nous (ce qui est l'action de juger), en éclairant notre conscience pour révéler les profondeurs de nos intentions et purifier ce qui nous éloigne du bonheur véritable.

De plus Saint Paul parle de ce jugement en disant qu'il se fera par le feu, ce qui est tout à fait en correspondance avec l'idée d'une purification de soi-même à la lumière de l'amour et de la vérité.


Je crois au Saint Esprit,
à la Sainte Église catholique
,
à la communion des saints,

Ici le Credo nous présente en quelque sorte les trois moyens par lesquels le chrétien peut accéder à la sanctification :

 

L'Esprit de Dieu, ou le Saint Espritqui le façonne, comme cela a été expliqué plus haut.

 

La voie spirituelle proposée par la tradition chrétienne.

Beaucoup rejettent complètement l'Église parce qu'ils ne sont pas toujours d'accord avec ce que disent les instances religieuses de celles-ci.

Mais il me semble que cela n'est pas incompatible avec le fait de croire en l'Église car ce dont parle ici le Crédo c'est avant tout de l'enseignement et du chemin spirituel tracé par la tradition chrétienne.

En effet, lorsque les premiers Saints chrétiens ont conçus et récité ce Crédo en lui insufflant une force spirituelle, ils ne pensaient pas aux idées des instances religieuses d'aujourd'hui puisque celles-ci n'existaient pas.

Mais ils ont aussi créé ce Crédo pour nous qui le récitons aujourd'hui et qui devrions le réciter dans le même esprit qu'eux.

C'est donc dans ce qui est commun à l'esprit du Crédo de ces premiers chrétiens et des chrétiens d'aujourd'hui que nous devrions chercher le véritable sens de cette profession de Foi. Car il ne s'agit pas d'une Foi qui correspond aux croyances, doctrines ou dogmes de telle ou telle époque, ou de tel ou tel lieu, mais d'une Foi qui traverse les ages et doit réunir les peuple. D'ailleurs le mot « catholique » nous le rappelle puisqu'il est issu d'un mot grec qui signifie « universel ». Et c'est ce sens d'universalité qu'entendaient les premiers chrétiens lorsqu'ils récitaient le Crédo. Il ne faisait pas référence à une institution religieuse qui n'existait pas encore.

 

Ainsi dire « je crois à la Sainte Église catholique » c'est signifier que l'on a étudié et compris l'enseignement du Christ et de la tradition chrétienne et que l'on choisit de suivre ce chemin.

Il ne s'agit pas d'adhérer aux croyances véhiculées par les instances de l’Église de manière aveugle. En effet, celles-ci changent selon les époques, se contredisant parfois d'une époque à l'autre, car l’Église est humaine et est en cheminement constant, allant de réajustements en réajustements, cherchant à s'unir toujours plus parfaitement au Christ, mais n'y arrivant souvent que de manière partielle, tout comme nous.

 

Nous pouvons adhérer à une voie et à un idéal spirituel sans forcément nous sentir en accord avec tous ceux qui essaient eux aussi de les mettre en application.

 

L'essentiel étant ici de se sentir en accord avec le message du Christ, des Saints et des Pères de l'Église. Car ce sont eux qui montrent réellement le chemin chrétien et en sont les véritables représentants, étant donné qu'eux seuls l'ont parcouru jusqu'à son aboutissement qui est la pleine union avec le Divin.

 

La bénédiction de ceux qui ont accompli dans leur être le but de la voie chrétienne.Dès lors que l'on adhère à la voie chrétienne, on est unis par l'esprit à l'ensemble des autres chrétiens mais aussi et surtout à tous les Saints chrétiens du passé et du présent, et on se trouve relié à leurs prières et à leurs influences spirituelles qui sont un grand secours et une protection sur cette voie que nous parcourons.


à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair,
et à la vie éternelle.

Après nous avoir donné les moyens de sanctification, le Credo nous donne le but à atteindre :

 

La rémission des péchés : C'est à dire la purification de notre âme. Cet article du Credo nous rappelle que nous sommes à la base créés à l'image de Dieu. Ainsi, pour trouver la Sainteté, nous n'avons rien à ajouter, car elle est là, en nous, c'est notre vraie nature, mais nous avons plutôt à enlever ce qui la recouvre. Le but de toute pratique chrétienne est donc de nous amener à remettre sans cesse ces péchés à Dieu pour qu'il les purifie au feu de sa grâce et nous en libère définitivement, car eux seuls nous éloignent de Lui. « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu » dit Jésus.

 

La résurrection de la chair : Elle fait référence à la résurrection de Jésus puis à celle de la Vierge Marie qui ont vu leur corps de chair transformé en lumière et participer ainsi à l'état de divinisation.

En disant « Je crois à la résurrection de la chair », nous devons nous rappeler que notre corps n'est pas l'ennemi de la vie divine, mais qu'il doit aussi y participer et être intégré à notre chemin de sainteté. Le chrétien ne se bat pas contre son corps pour donner la victoire à son esprit : il œuvre afin d'unir son corps et son esprit. Il ne cherche pas à s'élever vers Dieu en rejetant son corps : il fait de son corps le temple de Dieu.

 

La vie éternelle : Qu'est ce que cette vie éternelle que Jésus nous promet à la condition que nous le suivions, alors que par ailleurs l'enseignement chrétien et Jésus lui-même nous disent que quoi qu'il arrive, qu'elle ait cherché et trouvé le chemin de la lumière ou qu'elle se soit égarée, toute âme est éternelle ?

Je crois que la vie éternelle que nous propose Jésus, nous pouvons aussi la vivre dans cette vie, en demeurant à chaque instant dans la profondeur de notre être même, dans la communion avec Dieu. De cette manière, nous pouvons, tout en continuant à vivre les évènements de notre vie de tous les jours, demeurer dans une paix et une plénitude de vie inaltérable, quels que puissent être les états physiques ou psychiques qui nous traversent.

C'est que l'on appelle vivre de la vie de l'esprit, qui est le centre de notre être, et qui est éternellement présent recevant les vertus et les dons de Dieu, quel que soit le temps, le lieu ou les circonstances extérieures ou intérieures (les pensées, émotions, et sensations de notre âme).

 

On voit donc ici que ces trois derniers articles du Crédo concernent notre sanctification au niveau des trois aspects de notre être : le corps (la résurrection de la chair), l'âme (la rémission des péchés) et l'esprit (la vie éternelle).

Et c'est effectivement dans l'ordre présenté par le Crédo que cette sanctification peut avoir lieu : il s'agit tout d'abord de purifier notre âme, puis d'incarner pleinement dans notre corps et nos actions notre vie spirituelle. Enfin, ayant complètement purifié notre âme, et l'ayant pleinement manifestée dans notre corps, la Grâce de Dieu transcende notre humanité, tout en la conservant, et nous fait accéder à cette vie de l'esprit qui est la vie divine.

 

Amen.

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 21:22

S'attacher excessivement à des possessions, à des personnes, à des connaissances peut nous amener à développer un comportement contraire à l'amour et qui ne correspondra pas à nos valeurs profondes (car, à l'image de Dieu, au plus profond de notre être, nous sommes amour).

''Possédés'' par cet attachement, nous ne serons plus nous mêmes et nous perdrons toute chance d'être véritablement en paix et heureux.

 

 

Mais se détacher n'est pas rejeter.

 

Saint Jean de la Croix nous dit que quelqu'un qui a laissé toutes possessions peut toujours y être attaché. En effet, il s'en tient écarté, mais si ces possessions se présentent à nouveau devant lui, il retombe immédiatement dans un comportement empreint d'attachement.

 

Le véritable détachement est intérieur.

 

Ainsi il ne se voit pas au fait d'avoir peu ou beaucoup, mais plutôt à notre attitude d'esprit vis à vis de ce peu ou de ce beaucoup.

Celui qui possède beaucoup mais qui ne voit pas tout son bonheur et tout ce qu'il pense être s'écrouler lorsqu'il perd ses possessions est détaché.

Et celui qui possède peu tout en ayant de quoi vivre mais ressent une insatisfaction permanente, se disant qu'il pourra seulement être heureux en possédant plus, est attaché.

 

De même, celui qui craint de perdre ses possessions et ne peut trouver la paix est attaché.

Celui qui vit heureux avec le peu qu'il possède est détaché.

 

 

En définitive c'est le bonheur et la paix, qui sont les véritables indicateurs d'une attitude juste empreinte de la présence de Dieu. Ceci est valable pour le détachement, mais aussi pour toute autre vertu.

 

 

Certains croient pratiquer le détachement en se rendant insensibles.

Par exemple en refusant d'éprouver de profonds sentiments pour leur compagnon ou leur compagne et en se disant : « Qu'il ou elle soit là ou pas, pour moi c'est la même chose. »

Mais une telle attitude n'a rien à voir avec le détachement, c'est plutôt une fuite du travail qu'il pourrait y avoir à faire à ce niveau là.

 

Se détacher ce n'est pas ne rien ressentir, ce n'est pas n'éprouver aucune affection pour qui ou quoi que se soit. Ce n'est pas se contracter intérieurement pour ne pas ressentir la joie des choses agréables, ou la peine de la perte.

 

On croit qu'il en est ainsi, qu'il faut pouvoir ne pas éprouver la peine de la perte pour rester dans l'amour et la paix. Tout ceci parce que nous sommes incapable d'accepter cette peine, c'est pourquoi nous ne pouvons pas rester dans l'amour et la paix lorsque nous la ressentons.

 

 

Le véritable détachement c'est être détaché du rejet des sensations désagréables et de l'attachement aux sensations agréables.

 

Lorsque nous sommes excessivement attachés à quelque chose, c'est en fait parce que nous sommes attachés aux sensations agréables que cette chose nous procure, et que nous refusons de ressentir les sensations désagréables que la perte de cette chose pourrait nous procurer.

 

C'est pourquoi se rendre insensible est une fuite : c'est fuir le véritable problème du détachement - qui consiste à ne plus rejeter les sensations désagréables et à ne plus vouloir garder indéfiniment celles qui sont agréables - en essayant de refouler toute sensation agréable ou désagréable qui apparait naturellement en nous.

 

 

Celui qui se nuit à lui-même ou aux autres parce qu'il souffre de perdre, ou à peur de perdre, ou voudrait posséder, ne le fait pas pour l'objet lui-même. Mais il le fait parce qu'il refuse cette douleur, cette angoisse de la perte, cet arrêt inévitable de la jouissance (qui est toujours temporaire). Ce qu'il veut ce n'est pas l'objet de son attachement, mais une paix et un bonheur stable, et il croit qu'il les obtiendra en possédant l'objet en question.

Or faire dépendre sa paix et son bonheur d'un objet extérieur c'est inévitablement les rendre instables puisque aucun objet extérieur ne sera là pour toujours.

 

 

Se détacher, c'est accepter tout pleinement : accepter la joie, l'amour, la peine, la perte, la douleur, le deuil... Celui qui accepte tout cela reste dans la paix et l'amour en toutes circonstances.

 

 

 

Pour nous placer dans cet état d'esprit du juste détachement, nous pouvons nous imprégner de la force divine (appelée la ''parole de Dieu'' dans la tradition chrétienne) contenue dans ces mots de Saint Paul :

 

Frères, je dois vous le dire : le temps est limité.

 

Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'avaient pas de femme,

 

ceux qui pleurent, comme s'ils ne pleuraient pas,

 

ceux qui sont heureux, comme s'ils n'étaient pas heureux,

 

ceux qui font des achats, comme s'ils ne possédaient rien,

 

ceux qui tirent profit de ce monde, comme s'ils n'en profitaient pas.

 

Car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer.

 

 

 

Saint Paul nous explique ici que si nous devons nous détacher des choses du monde, c'est parce que ces choses sont limitées dans le temps. Elles ne permettent donc d'accéder qu'à des plaisirs limités, et non à un véritable bonheur durable.

 

Mais ce texte ne nous dit pas non plus de ne pas jouir du monde ou d'éviter ses joies et ses peines. Il nous enseigne plutôt comment les vivre tout en en étant détaché.

Et la clé réside à mon sens dans la première phrase où Saint Paul nous exhorte au détachement : « que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'avaient pas de femme ».

En effet, ce passage fait bien la distinction entre l'être et l'avoir : être comme si nous n'avions pas, c'est ne pas s'identifier à ce que nous avons.

 

C'est à dire que notre être même se situe au delà de ce que nous avons.

Quand nous avons une femme, nous ne pouvons pas nous définir, dans notre être même, comme une personne ayant une femme, car même sans femme, notre être serait toujours le même.

De même au milieu des peines comme des joies, des possessions matérielles ou des jouissances mondaines, notre être profond demeure stable.

 

Ainsi, en nous identifiant à cet être profond, nous pourrons demeurer en paix au milieu de tous les changements du monde.

 

De plus, nous pouvons interpréter cette phrase de Saint Paul; « que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'avaient pas de femme », dans un sens allégorique  : dans la symbolique biblique, l'homme représente l'esprit, l'essence divine de l'être, et la femme représente la personnalité.

Ainsi la clé du détachement consiste à ne pas s'identifier à cette personnalité : nous ne sommes pas les relations que nous avons tissées, nous ne sommes pas nos peines et nos joies, nous ne sommes pas nos possessions, nous ne sommes pas ce que nous faisons dans le monde.

Mais nous sommes l'être même, que rien ne peut définir et qui est conscient de tout cela.

 

Et pour trouver l'être en nous qui est conscient, il faut déjà être pleinement conscient de tout ce qui nous anime à chaque instant sans rien rejeter, ni la joie, ni la peine.

Car plus nous sommes conscients et plus nous pouvons trouver celui qui est conscient.

 

Ainsi se détacher c'est être pleinement conscient que nous vivons une relation avec une femme, que nous avons une personnalité, un corps, des pensées, des émotions, des sensations désagréables, des agréables, mais conscient aussi que tout cela ne fait pas partie de notre être même et que ces choses sont toujours temporaires car elles changent sans cesse et s'arrêteront à notre mort de toute façon.

 

Étant pleinement conscient de cela nous aurons l'attitude juste : nous laisserons partir en toute quiétude nos expériences agréables lorsqu'elles s'arrêteront, et nous accepterons également dans la sérénité les expériences désagréables que nous ne pouvons éviter ou que nous devons traverser pour arriver à plus de bonheur véritable.

 

En faisant ainsi nous nous tournerons de plus en plus vers l'intérieur de notre être, vers la présence divine en nous, qui donne un bonheur qui ne dépend d'aucune chose extérieure. Et grâce à cette attitude, nous éviterons de tomber dans des comportements qui nous auraient procuré bien des souffrances inutiles.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 22:03

 

Il existe plusieurs degré dans l'orgueil, qui vont des plus grossiers aux plus subtils.

 

L'orgueil le plus grossier consiste à nous mettre en valeur aux yeux des autres : en nous vantant, ou encore en faisant tout pour attirer l'attention sur nous et briller aux yeux d'autrui. En faisant ainsi, nous trompons notre auditoire, et bien souvent nous-mêmes sur la vérité de ce que nous sommes.

On se libère de cet orgueil le plus grossier en commençant à comprendre que la recherche constante de reconnaissance de la part des autres ne nous amène pas le bonheur, mais qu'elle est plutôt un esclavage : nous sommes asservis à un manque incessant, que la reconnaissance des autres ne satisfait que temporairement et superficiellement.

Suite à cette compréhension qui amène avec elle la certitude que le véritable bonheur et la résolution de ce manque ne peuvent se trouver qu'en nous-mêmes, notre attention se tourne davantage à l'intérieur. Nous pouvons alors percevoir les blessures intérieures qui nous donnaient une piètre estime de nous mêmes et que nous cherchions sans cesse à compenser par un regard approbateur de la part d'autrui.

 

Apparaît ensuite un autre orgueil, où nous cherchons moins la valorisation par autrui, mais où nous nous la donnons sans cesse à nous-mêmes et souvent de manière trompeuse.

A ce stade, si nous avons compris que nous nous illusionnons en cherchant la reconnaissance et l'approbation à l'extérieur, nous ne sommes pas encore tout à fait libérés de l'idée que nous avons besoin de cette reconnaissance. En fin de compte nous confondons l'amour et la reconnaissance : nous croyons qu'en réussissant à nous approuver nous-mêmes dans tout ce que nous sommes, nous arriverons à nous aimer entièrement. Et comme nous n'arrivons pas à nous approuver avec nos défauts, nous les nions pour ne voir en nous que les qualités et parfois même en inventer certaines que nous n'avons pas encore développées. Mais l'amour et la reconnaissance sont deux choses complètement différentes.


L'amourvéritable vient de Dieu et il transcende les notions de dualité ; « il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45). Ce que nous nommons 'bien et mal', 'bon et mauvais', 'vrai et faux'...etc, l'amour de Dieu les embrasse de la même manière.


La reconnaissanceet l'approbation, quand à elles, viennent de notre psychisme humain qui différencie ce qui est bon pour nous et pour autrui de ce qui ne l'est pas. Cette partie de notre être fonctionne de manière logique, elle nomme et discrimine, mais elle est incapable de produire l'amour de Dieu qui est inconditionnel.


Suite à cette prise de conscience, nous sommes parfois tentés de vouloir changer cette conscience psychique et de rejeter la vision discriminante et rationnelle. Nous essayons alors d'élaborer un système de logique qui nous permettrait de développer dans notre psychisme une manière d'évaluer les choses qui serait au delà de la dualité et qui nous permettrait d'aimer de manière inconditionnelle.

Mais l'amour de Dieu défie toute logique, et dire qu'il est au delà du mental ne signifie pas qu'il faut rejeter le mental pour vivre cet amour. Si notre conscience psychique discriminante peut être affinée, elle n'est pourtant pas à rejeter ; elle a son rôle à jouer et est même nécessaire dans une démarche spirituelle.

Si nous n'arrivons pas à nous aimer et à aimer autrui de manière inconditionnelle cela ne vient pas d'un dysfonctionnement de notre psychisme (que les premiers chrétiens appelaient l'âme) : en fin de compte aimer de manière inconditionnelle, ce n'est pas le rôle de notre psychisme. Cet amour inconditionnel, divin par nature, ne peut venir que de Dieu et se déverser en nous et dans le monde par l'intermédiaire de cette partie de notre être qui est une ouverture sur Dieu et que les premiers chrétiens appelaient l'esprit.


En fait l'amour de Dieu peut exister en même temps que la vision discriminante du mental, de la même manière que nous pouvons être, comme le Christ nous l'a montré, pleinement unis à Dieu et pleinement homme en même temps. Si nous arrivons vraiment à aimer sans effort et de toute notre être quelque chose ou quelqu'un que nous jugeons comme 'mauvais', alors il y a de fortes chances que ce que nous expérimentons est l'amour de Dieu ; car aimer ce qui est jugé comme 'mauvais' seul Dieu le peut, lui qui envoi son amour vers toutes choses pour les éclairer, les guérir et les transformer.


Cet orgueil-ci se traite donc en approfondissant encore notre connaissance de nous-mêmes, en plongeant plus loin le regard de notre conscience en notre âme. Nos défauts commencent à apparaître, et nous prenons conscience que nous avons du mal à éprouver une véritable compassion envers nous-mêmes. Cette phase acceptée, nous pouvons ensuite, non pas chercher à nous aimer par nous-mêmes, mais nous tourner vers Dieu, et recevoir son amour qui n'a besoin d'aucune raison logique pour nous embrasser et nous pardonner avec tout ce que nous sommes, nous amenant à une paix jusqu'alors inconnue.

 

Puis, à force d'approfondir notre connaissance de nous-mêmes et de nous en remettre à l'amour de Dieu, commencent à apparaître en nous, au bout d'un temps certains, quelques vertus. Les autres commencent à nous voir humble (mais pas forcément nous-mêmes car nous connaissons de plus en plus nos failles et défauts, dans leurs aspects les plus subtils), notre foi s'approfondit, ainsi que notre compréhension des lois spirituelles, étant plus compatissants envers nous-mêmes, nous le devenons également vis à vis des autres.

Et c'est là, quand nous commençons à nous connaître et à véritablement incarner des vertus qu'apparait ce que l'on pourrait appeler l'orgueil spirituel.

Et celui-ci ne nous abandonnera pas jusqu'à ce que nous parvenions à « mourir » à nous-mêmes pour nous unir à Dieu et devenir un Saint. Tout au long du chemin il est là, mais il se fait de plus en plus subtil, il se cache, il se tapis, prêt à bondir sur nous pour nous faire chuter au moment opportun. C'est de toutes les formes que prend cet orgueil pour se dissimuler à nos yeux que parlent ces versets (qui parlent d'ennemis intérieurs) :

« Ils s'enferment dans leur suffisance ; l'arrogance à la bouche, ils parlent.

Ils sont sur mes pas : maintenant ils me cernent, l'œil sur moi, pour me jeter à terre,

comme des lions prêts au carnage, de jeunes fauves tapis en embuscade. » (Ps 16, v 10 à 12).

Nous devons donc renforcer notre humilité et notre connaissance de nous-mêmes, affiner sans cesse notre regard pour ne pas perdre de vue cet ennemi intérieur. Nous devons renforcer aussi notre compassion pour pouvoir accepter de voir en nous ce travers, tout en restant en paix. Et là est l'humilité de celui qui chemine véritablement vers la sainteté : il n'est pas exempt d'un orgueil subtil, mais il est conscient de cet orgueil, ce qui lui permet de ne pas être emporté par celui-ci (et ce qui donne aux personnes extérieures l'impression de quelqu'un de humble).

Mais si cette attitude nous permet de ne pas succomber à la tentation de nous abandonner à cet orgueil, elle ne permet pas de nous en libérer complètement. Ici, pour affaiblir peu à peu cet orgueil, il s'agit de considérer que les vertus que nous portons en nous ne viennent pas de nous mêmes mais qu'elles viennent de Dieu, qu'elles sont a Dieu et que lorsqu'elles s'expriment c'est en fait l'esprit de Dieu, l'Esprit Saint qui s'exprime à travers nous.

C'est là qu'intervient la prière du magnificat, car elle porte en elle toutes les clés et la force divine nécessaire pour se défaire peu à peu de cet orgueil spirituel.

 

Cette prière est récitée par la Vierge Marie qui peut représenter le modèle idéal du chrétien qui chemine vers l'union avec Dieu. Elle est exprimée lors de la Visitation, deuxième des mystères joyeux du Rosaire, qui fait suite à celui de l'Annonciation où Marie dit « oui » au projet de Dieu pour elle, visant à la féconder par le Saint Esprit afin que prenne place en elle Jésus, Dieu incarné.

Au niveau symbolique, on peut assimiler la Vierge à notre conscience qui, après avoir accepté de se laisser investir par le Saint Esprit porte en elle la présence divine pleinement révélée et représentée par le Christ.

On retrouve donc ici cette étape du cheminement spirituel où l'on incarne, par l'effet des prières et pratiques spirituelles qui nous ont rendu réceptif à la Grâce divine, certaines des vertus que cette dernière véhicule et donne à tout homme (ou femme) qui veut bien la recevoir et consacre du temps à se laisser façonner par Dieu.

Lors de la Visitation, habité par cette présence et ces vertus, Marie se rend auprès d'Élisabeth qui l'accueille en lui disant :

« Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles et béni. (…) Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ». (Luc 1, 42-45).

En effet, Élisabeth, remplie d'Esprit Saint, reconnaît les vertus et la présence divine qui habitent la Vierge Marie. (Notons au passage que c'est parce qu'elle est remplie de la présence de l'Esprit de Dieu qu'elle peut reconnaître ces vertus).

La réponse de la Vierge Marie rapportée par l'évangile de Luc nous donne alors un magnifique enseignement sur l'attitude à adopter pour ne pas rapporter nos mérites spirituels à notre moi -sombrant alors dans un orgueil spirituel- mais pour voir leur cause en Dieu.

Cette réponse c'est le Magnificat :

 

Mon âme exalte le Seigneur,

L'âme, nous l'avons dit correspond pour les premiers chrétiens au psychisme.

Marie nous présente donc ici la première étape à réaliser pour se libérer de l'orgueil : placer Dieu, dans notre psychisme, au dessus de toutes choses. Cette étape représente une phase de réflexion très profonde qui est nécessaire pour se défaire des croyances et idées reçues qui nous font croire que le Bonheur peut se trouver dans les objets extérieurs. Cette réflexion intense doit nous mener à ne plus avoir aucun doute intellectuel quand au fait qu'un Bonheur durable ne peut se trouver qu'en notre centre intérieur, en Dieu. Sans cette étape de réflexion qui purifie notre psychisme, aucun cheminement spirituel sérieux n'est possible.

 

Exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !

Une fois que notre psychisme a exalté Dieu, que nous le considérons comme plus important pour notre Bonheur que le reste, nous pouvons commencer à accéder à la Joie transcendante de la partie de notre être qui est en communion avec Dieu (et que les premiers chrétiens appelaient l'esprit). Cette Joie surpasse toute autre joie et c'est pourquoi le texte emploie le verbe exulter.

Cette partie de notre être -l'esprit- est toujours présente, mais nous ne pouvons pas en être conscient tant que nous n'avons pas réellement compris que Dieu est plus important pour nous que toute autre chose. En effet, tant que nous croyons pouvoir trouver un bonheur stable et durable en dehors de notre centre profond, notre conscience ne peut se stabiliser à l'intérieur car elle est sans cesse happée par les objets extérieurs.

La purification de notre psychisme par une réflexion assidue est une phase préparatoire nécessaire, mais ensuite ce n'est que par la pratique spirituelle assidue et quotidienne que nous pouvons accéder à cette joie de l'esprit et la cultiver pour qu'elle prenne profondément racine en nous.

 

Il s’est penché sur son humble servante ;

La Vierge Marie nous montre ici que c'est l'humilité qui permet de recevoir l'énergie divine. En effet, lorsque nous nous considérons comme capables de nous en sortir seuls, sans défauts et importants, nous ne pouvons plus être dans cette attitude de réceptivité par rapport à la puissance divine supérieure, et nous ne la recevons plus parce que inconsciemment nous la rejetons.

L'attitude de réceptivité dont il est ici question est également évoquée par le fait que le texte parle d'une servante et non d'un serviteur : que l'on soit homme ou femme, nous devons développer nos aspects féminins pour recevoir la grâce et Dieu en nous (puis nos aspects masculins pour les exprimer dans le monde).

La Vierge Marie nous explique aussi ici que ce qui nous met en communion avec la grâce de Dieu, c'est l'attitude de service, c'est à dire vouloir accomplir le bien des autres. Sans cette motivation aucune humilité et aucun progrès spirituel n'est possible.

 

désormais tous les âges me diront bienheureuse.

Cette phrase nous précise que l'attitude signifiée par les trois versets précédents est la clef d'un Bonheur véritable, stable et immuable : celui-ci ne dépend en effet d'aucun objet extérieur, mais il prend sa source en Dieu qui est en nous et en toutes choses.


Le Puissant fit pour moi des merveilles :

Saint est son nom !

Face aux compliments de sa cousine, la Vierge Marie explique que les vertus qu'elle porte sont le fruit d'un travail de Dieu en elle et que Dieu est la source de toute sainteté (« Saint est son nom » signifie : sa nature profonde est la sainteté).


Son amour s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.

La crainte dont il est question ici n'est pas une peur du châtiment. C'est plutôt l'attitude de celui qui est sans cesse vigilant à lui même pour ne jamais s'écarter de sa véritable nature qui est divine. Le fruit d'une telle attitude est d'être constamment imprégné de l'amour de Dieu qui rend heureux et qui nous permet d'aimer tous les êtres de manière profonde et véritable.


Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.

Les humbles et les affamés dont il est question ici sont ceux qui se mettent dans une attitude de réceptivité par rapport à la grâce divine et qui prennent pleinement conscience de l'insatisfaction permanente qui accompagne une vie déconnectée de la recherche de Dieu.

Les superbes, les puissants et les riches sont ceux qui s'attachent et se rendent dépendant des biens convoités par l'égo : la reconnaissance des autres, le pouvoir et les possessions. Mais il ne faut pas voir ces mots dans le sens littéral qui apparaît au premier abord : les riches par exemple sont ceux qui sont dépendants des possessions matérielles (parce qu'ils croient à tord pouvoir trouver le bonheur en elles), mais ceux-ci peuvent très bien être pauvres matériellement, de même que les affamés peuvent être des personnes qui possèdent beaucoup de biens mais qui ne s'y attachent pas intérieurement.

Cette partie du texte nous montre aussi que le bonheur ne se trouve pas où nous croyons : car si Dieu élève les humbles, ou comble de biens les affamés, ce n'est pas d'élévation sociale ou de richesses matérielles dont il est question ici, mais d'élévation et de richesses spirituelles qui sont la clé d'une véritable joie. De même que les calamités qui frappent les superbes, les puissants et les riches ne sont pas nécessairement matérielles : ce sont des calamités intérieures car ces personnes se retrouvent alors dépouillées par leur attitude (et non par Dieu même si le texte utilise cette métaphore qui est uniquement symbolique) des richesses spirituelles, de l'amour et du véritable bonheur.

 

Il relève Israël, son serviteur ;

Cette phrase fait référence au texte de l'exode et elle montre l'action de Dieu sur le peuple Israël et en tout homme qui s'ouvre à sa grâce, pour le libérer de l'esclavage de son égo (esclavage représenté par la servitude d'Israël au pharaon d'Égypte) en l'amenant au dépouillement face aux valeurs illusoires (dépouillement illustré par la traversée du désert) pour le conduire à la liberté et à une source de bonheur intérieure (représentée par la terre promise où coule le lait et le miel).


il se souvient de son amour,

De la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais.

Dieu a promis à Abraham de lui donner une descendance aussi nombreuse que les étoiles du Ciel. Ainsi, ce dernier verset nous montre que celui qui s'efforce de vivre ce que dit le magnificat, obtient de Dieu, tout comme Abraham, une descendance innombrable. C'est à dire que lorsque nous laissons la puissance divine agir à travers nous, nous ne produisons pas quelque chose de limité (symboliquement un ou quelques enfants qu'auraient pu engendrer Abraham), mais les fruits de nos actions sont innombrables et célestes (une descendance aussi nombreuse que les étoiles du Ciel) et engendrent pour nous-mêmes et autrui un bonheur éternel.


Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit,
Comme il était au commencement maintenant et pour toujours,
dans les siècles des siècles.

Amen.

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 19:32

 

Pour simplifier, il est possible de définir notre être en deux          parties :

-Une partie que l'on dira lumineuse, en contact avec la lumière divine, c'est à dire l'amour, la joie, la paix, bref toutes les plus hautes qualités.

-Et une partie que l'on pourrait appeler sombre, dans le sens où, non éclairée par l'amour et la pleine conscience, elle nous incite à poser des actes qui induisent de la souffrance (pour soi-même et pour les autres).

 

La partie que l'on appelle ici sombre est celle que nous avons créée, en fonction des expériences traumatisantes que nous avons vécues. Elle conditionne nos choix et tous nos actes, bien que ce conditionnement soit inconscient.

 

Prenons un exemple :

Imaginons une personne qui, étant enfant, avait un père qui buvait. Dans son état alcoolisé, ce dernier était incapable de gérer les affaires de la maison et se laissait complètement aller à l'inactivité. La mère de cet enfant ne prenait pas davantage ses responsabilités. Voyant cela, il est possible que cet enfant ait décidé de prendre les choses en main, et de gérer les affaires de la famille.

Inconsciemment il a enregistré cette idée : « je dois gérer les choses, sinon elles ne se feront pas » (ce n'est qu'un exemple : il ne s'agit pas là de la seule manière de réagir à une telle situation).

Maintenant adulte, s'il n'a pas pris conscience de ce qui s'est passé dans la tête et le ressenti de l'enfant qu'il était, il est tout à fait possible que cette idée continue à conditionner sa vision des choses.

D'un côté ce cas de figure peut avoir du bon : il est possible que ce vécu ait permi à cette personne de devenir plus responsable et prévenante envers les autres. Mais le problème c'est qu'elle est bloqué dans cette responsabilité, qu'elle conditionne tous ses choix et tout ce qu'elle fait :

-Au niveau professionnel, cela peut se traduire par une incapacité à déléguer des responsabilités.

-Au niveau relationnel, elle ne laisse peut-être pas les autres assez libres de leurs choix et décisions, se disant toujours que si elle les laisse faire, les choses n'avanceront pas.

-Au niveau spirituel même cela peut l'handicaper pour l'entrée dans une profonde prière qui nécessiterait qu'elle arrête d'agir pour s'abandonner à l'action de Dieu en elle.

Ce fonctionnement induit de la souffrance : la personne dont on parle souffre de trop travailler, elle souffre du fait que ses amis ne prennent pas leurs responsabilités, et elle souffre d'un sentiment de lutte dans ses prières. Mais en fin de compte, c'est elle la responsable de toutes ces souffrances, car c'est elle qui a choisi ces situations.

Si elle prend conscience que tous ses choix sont conditionnés par ce fonctionnement et qu'inconsciement elle revis vis à vis des autres des sentiments qu'elle éprouvait enfant vis à vis de son père, sa vie va changer : peut-être qu'elle va changer de travail, d'amis, de spiritualité... mais peut-être aussi que les changements n'auront pas besoin de se manifester à l'extérieur. Le véritable changement c'est dans son attitude qu'il va s'opérer : elle va déléguer davantage de responsabilités dans son travail, laisser ses amis faire leur choix sans vouloir les pousser dans une direction ou une autre, aborder différement sa spiritualité...

 

Le travail de purification du passé qui peut libérer cette personne, nous devons tous le faire si nous voulons illuminer notre être et notre vie, mais cela demande du temps et en attendant, ce sont tous nos conditionnements qui continuent à nous diriger et à nous placer dans des situations de souffrance.

 

Heureusement, il y a en nous une autre partie, une partie de notre être qui est divine, qui n'est pas touchée par tous les conditionnements que nous avons mis en place en réaction aux évènements traumatisants de notre histoire. Cette partie là est transcendante, c'est à dire qu'elle dépasse les frontières de notre moi, qu'elle est une avec Dieu et avec Dieu en toutes choses. Dieu étant Amour, sa nature est de faire le plus grand bien de tous en toutes circonstances.

Cette partie divine, même si elle est recouverte par nos conditionnement et nos ombres, ne peut être entachée par quoi que ce soit : même chez le pire des criminels, elle reste pure et lumineuse. Le criminel n'y a pas accès mais il a, à jamais, la possibilité de la retrouver dès lors qu'il se retourne vers elle qui est son essence profonde, sa véritable nature.

Le problème c'est que nous avons plutôt tendance à choisir -sans nous en rendre compte, sans avoir l'impression d'avoir choisi- d'agir selon nos conditionnements habituels plutôt qu'en nous reliant à cette partie divine de notre être. Et si nous ne faisons rien pour qu'il en soit autrement c'est toujours ce qui se passera.

 

Demander « que ta volonté soit faites Seigneur et non la mienne » c'est dire en quelque sorte « Je sais qu'habituellement ce sont mes souffrances, mes peurs et mes conditionnements qui me guident. Si je les suis, je vais encore me tromper et en souffrir. Maintenant ce que je voudrais qui arrive c'est ce qui est le mieux pour tous : pour moi et pour les autres. Maintenant je veux que la partie de mon être qui est au delà de mes peurs, de mes blocages, de mes souffrances, décide, elle qui est amour, paix, vérité, discernement ».

Exprimer cela de toute son âme (et pas seulement dire des mots), va détourner notre inconscient de ses conditionnements habituels : plus nous allons choisir avec confiance la Volonté divine que l'on ne connait pas mais que l'on sait bonne pour nous, plus l'amour et la sagesse vont éclairer notre être profond et diriger nos décisions.

 

Parfois on a peur de dire « Seigneur, que ta Volonté soit faites », comme si tout d'un coup, la décision de quelqu'un d'autre allait nous tomber dessus et nous imposer quelque chose qui ne nous plaîrait pas ou que nous n'aurions pas choisi.

Peut-être que c'est parce que nous avons en mémoire la scène de Jésus au jardin des oliviers ; lorsque, sachant que la croix l'attend, il dit : "Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne".

Dans ce passage, on pourrait avoir l'impression que le Christ obéit à quelque chose d'extérieur à lui qui l'amène à la souffrance et à la mort. Mais il ne faut pas oublier ici l'état de conscience dans lequel est Jésus : il voit ce qui va arriver (les évangiles montrent à plusieurs reprises son don de prophétie), et il sait que, par sa crucifixion, il va donner une portée historique et une dimension sacrée à sa vie, à laquelle des millions de gens pourront alors se relier pour cheminer vers un au delà de la souffrance et du mal.

Au jardin des oliviers, Jésus exprime que s'il écoutait son besoin de protéger son corps et son désir de confort personnel, il voudrait autre chose ; mais que, là où il en est de son cheminement intérieur, conscient qu'il n'est pas seulement un corps et une personnalité mais quelque chose de bien plus grand, le plus important pour lui, ce qui le rend le plus heureux, c'est le bien de tous.

Ici Jésus n'est pas dans l'obéissance à quelque chose d'extérieur, il écoute son coeur, il écoute ce qui lui semble le meilleur au plus profond de lui-même. Même s'il ressent tristesse et angoisse, il suit la volonté de l'amour car il est conscient que son être n'est pas limité à cette partie de lui-même qui ressent tristesse et angoisse.

 

La Volonté divine n'est pas celle d'un autre, elle est l'expression de ce que nous voulons au plus profond de nous, là où nous sommes le plus en accord avecnotre nature profonde. La Volonté divine n'impose rien, ne précipite rien, elle met peu à peu les choses en place en nous, attendant que notre volonté consente à la sienne pour se manifester.

 

S'il arrivait qu'un jour la nécessité du bien d'autrui fasse que la Volonté divine nous demande d'aller au supplice comme le Christ, elle aurait pris soin, avant, de faire de nous d'autres Christs, porteurs de la même force intérieure que Lui face à la souffrance de l'ensemble corps-psychisme et conscients d'être l'expression d'une puissance bien plus grande que le moi, agissante pour le bien de tous.

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 08:46

 

C'est une pratique spirituelle très profonde couramment pratiquée par les orthodoxes et qui remonterait aux premiers disciples du Christ.

Elle consiste en la répétition d'une courte phrase qui contient le Nom de Jésus, fixe l'attention, purifie l'âme et la conduit à Dieu.

Il existe plusieurs versions de cette phrase, qui véhiculent toutes le même sens et sont construites de la même manière. Voici les deux formulations que l'on retrouve le plus souvent :

« Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, ai pitié de moi (ou prend pitié de moi). »

ou « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, fais nous miséricorde. »

 

L'important est que cette phrase contienne le Nom de Jésus Christ et un appel à son amour infini.

C'est cet appel à la tendresse divine que l'on doit entendre dans « ai pitié de moi », et non une invocation à la clémence d'un Dieu qui punirait, ou qui nous considèrerait avec dédain.

Certains terminent la phrase en disant "pécheur" ("prends pitié de moi pécheur"), mais si ce mot engendre culpabilité et dévalorisation, mieux vaut ne pas le dire. Le sens que le terme 'pécheur' devrait plutôt véhiculer, c'est une conscience, pleine de compassion, des imperfections de notre personnalité. Nous devrions nous considérer pécheurs non à la manière des hommes qui jugent et condamnent, mais à la manière de Dieu qui aime, pardonne et purifie.

 

Pour ma part je préfère la phrase « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, fais nous miséricorde ». L'emploi du « nous » permet d'élargir la prière à l'ensemble des êtres sensibles.

 

Concrètement, on peut s'assoir sur une chaise, le dos droit, si possible décollé du dossier. La tête droite, dans l'axe du corps. Les pieds bien à plat au sol, les mains jointes et les pouces dirigés vers le centre de notre poitrine, de manière à orienter l'énergie de notre prière vers notre cœur, d'où proviennent, d'après le Christ, les tendances mauvaises que la Grâce divine doit purifier. La pointe de notre langue se colle à notre palais. Nos yeux, dans les premières semaines de pratique de cette prière, peuvent être fermés afin d'éviter les distractions visuelles. Puis, lorsque nous aurons pris l'habitude d'apaiser notre esprit, nous pourrons entrouvrir les yeux et diriger notre regard à 45° vers le bas (suivant l'arrête du nez). Par la suite, on pourra aussi diriger notre regard droit devant nous, comme si on voulait regarder l'horizon (là où la Terre et le Ciel se rejoignent), ce qui rendra notre esprit plus clair et nous permettra d'être davantage conscient de ce qui s'y passe.

 

 

On peut également prier en synchronisant notre prière sur notre respiration, par exemple de cette manière :

 

Pendant l'inspiration dire mentalement « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu ».

Pendant l'expiration « Fais nous miséricorde ».

 

Ce qui a été dit ci-dessus sur la posture et la respiration constitue des indications pratiques qui facilitent la circulation de l'énergie divine dans le corps et stabilisent l'esprit, mais ce ne sont pas des obligations. Si l'on a par exemple du mal à pratiquer la prière du cœur sans dossier, on peut très bien la faire dans un fauteuil (du moment que l'on reste vigilant et que l'on ne s'endort pas), ou encore placer nos mains dans une autre position.

Le plus important c'est notre attitude d'esprit, et la posture ainsi que la respiration ne sont là que pour nous aider à la trouver.


Cette attitude que nous recherchons dans cette prière est résumée par le Christ, dans cette directive qu'il donne à ses apôtres, juste avant sa passion, pour leur indiquer la conduite qu'ils doivent tenir : « Veillez et priez ».

Cette courte phrase résume tout ce que nous devons faire dans cette prière, ni plus, ni moins.


« Veillez » veut dire soyez attentif, soyez conscient. Dans cette prière du cœur, tandis que notre esprit se pose sur la courte invocation, il devient plus stable, il est de moins en moins emporté par toutes les pensées, émotions et sentiments qui se présentent à lui. Il peut alors les observer, les laisser être, sans les rejeter ni les nourrir.

Car la prière ne consiste pas à arrêter de penser et à ne rien ressentir, pas non plus à s'installer dans un vague bien être issu d'une espèce d'auto-hypnose, mais elle vise à rester stable, au milieu des pensées et des ressentis, accroché au nom de Jésus. C'est un peu comme si nous étions au beau milieu d'un océan, dont l'eau représenterait tout ce qui est emmagasiné dans notre inconscient, tout ce que contient notre âme. Les vagues de cet océan représentent nos pensées, nos émotions. Habituellement, nous sommes ballottés au grès des vagues de cet océan, sans aucune stabilité. La prière du cœur nous donne cette stabilité. La courte phrase à laquelle s'attache notre esprit est comme une bouée, attaché au fond de la mer par une ancre. Si nous nous accrochons à cette bouée, alors les vagues peuvent nous secouer mais elles ne nous emportent pas, nous restons là, avec le Christ, au milieu du tumulte de notre esprit (car si dans les premiers temps la prière n'est qu'une phrase, elle devient peu à peu la vivante présence du Christ).

Au début, nous pouvons avoir l'impression de mal nous y prendre et d'être assaillis de pensées lorsque nous prions, mais ceci est plutôt le signe que nous commençons à bien prier, car en fin de compte ces pensées sont là en permanence, le début de stabilité et de clarté que l'on trouve dans la prière ne fait que les révéler.

Lorsque toutes sortes de pensées et d'émotions nous traversent, nous devons nous contenter de « veiller », c'est à dire d'être pleinement conscient de tout ce qui passe en nous, sans le rejeter, sans le nourrir, sans le fuir ou le refouler, ou chercher à le modifier. Notre travail à nous c'est d'être pleinement conscient de ce qui se passe, pleinement ouvert, de ne pas refuser notre ressenti ou nous offusquer face à nos ombres qui se révèlent à nous.

La purification de notre être, c'est le travail de Dieu et c'est pour cela que nous devons aussi prier, ne pas cesser d'invoquer le Christ par notre prière, et lui faire confiance, croire en lui et le laisser faire. Ce n'est pas à nous d'agir, de faire. Car il est impossible à l'homme d'entrer par lui-même dans le Royaume de Dieu. Par contre Dieu Lui, peut le faire entrer car rien n'est impossible à Dieu. Tout ce que nous devons faire c'est être conscient et prier, veiller et prier.


Quoi qu'il se passe dans notre prière, nous devons y être pleinement attentif, et laisser à Dieu le soin de nous purifier peu à peu. Si c'est une émotion ou une pensée négative qui se manifeste, comme de l'orgueil ou de la colère par exemple, alors ne cherchons pas à l'enlever, à la refouler : acceptons de la ressentir, de la vivre, et sans pour autant agir sous son emprise, laissons la nous traverser. Cette émotion était emmagasinée dans notre inconscient, et c'est la prière qui la fait sortir. Le simple fait de prendre conscience de cette émotion, de la laisser être, sans lutter contre, va lui permettre de s'exprimer et de sortir de notre être. C'est un peu comme si notre être était un vase emplit de boue : dans la prière, Dieu déverse une eau pure dans ce vase, ce qui fait sortir la boue qui était au fond. Si nous laissons les choses sortir, s'exprimer, le vase de notre être va peu à peu se purifier. Cela ne va pas forcément se faire en une seule fois, mais lorsque nous prenons conscience d'une tache de notre âme dans la prière et qu'avec humilité nous acceptons de la regarder bien en face, tout en laissant à Dieu le soin de s'en occuper, elle est un peu plus purifiée à chaque nouvelle prise de conscience, jusqu'à finir par s'en aller complètement.

C'est pour cela que les mystiques chrétiens disent que le seul signe d'une bonne prière c'est la contrition, c'est à dire le fait de voir ses propres défauts sans chercher à se justifier ou à trouver des excuses et dans un regard guidé par l'Amour de Dieu. C'est cela qui purifie, c'est cela qui nous rend de plus en plus saints.

Mais la contrition est un don de Dieu, et nous ne devons donc pas chercher à la produire de nous-mêmes car ce que nous obtiendrions alors ne serait qu'appitoement sur soi. La contrition apparaîtra naturellement lorsque nous aurons pris l'habitude de demeurer stable dans la conscience des mouvements de notre âme et dans la réceptivité à l'action de Dieu en nous. Car la contrition c'est la conscience d'un défaut qui rencontre l'amour de Dieu.


Prier avec cet état d'esprit nous rendra de plus en plus conscient de nous-mêmes et cela aura aussi pour effet de nous révèler certaines souffrances cachées derrière nos défauts. Car chacun d'eux protége maladroitement notre moi des souffrances de notre passé que nous avions refoulées et qu'inconsciemment nous cherchons sans cesse à éviter. Dans la prière, sous l'action de la grâce de Dieu, et dans l'assumation de notre vulnérabilité, ces souffrances finiront aussi par émerger, par s'exprimer pour sortir de notre être... Comme pour le reste, il suffira de les accepter telles qu'elles sont, de les vivre et de laisser à Dieu le soin de nous en guérir peu à peu. Une fois ces souffrances acceptées, puis apaisées et guéries par l'amour de Dieu, la protection que constitue nos défauts s'en ira d'elle-même.


Le fait d'avoir des expériences de grande lumière dans la prière fait partie du chemin, mais ce n'est pas cela qui est le plus important. Si nous recherchons ces expériences dans la prière, cela montre que nous croyons que le chemin vers la sainteté consiste à élever notre être de plus en plus vers Dieu, pour devenir à l'image de Dieu. Mais nous n'avons pas besoin de devenir à l'image de Dieu, car nous sommes créés à l'image de Dieu. Cette image, cette sainteté est déjà là, au plus profond de nous, mais elle est recouverte par nos obscurcissements. Nous n'avons pas besoin d'aller vers la lumière qui est au centre de notre être, nous devons enlever tout ce qui la recouvre pour que, naturellement, elle apparaisse.

Si nous avons une expérience de lumière dans la prière c'est bien, cela nous donne un infime aperçu de la nature de Dieu, pour nous indiquer où nous devons chercher ; cela nous encourage aussi à persévérer. Mais cette expérience ne dure qu'un temps, elle n'est pas définitive. Par contre, si nous voyons un défaut et que Dieu par son amour le purifie, ainsi que la souffrance sous-jacente qui l'accompagnait, c'est une couche qui obscurcissait notre nature divine qui s'en va, et notre être en est un peu plus éclairé, car chaque défaut qui s'en va laisse apparaître un peu plus de lumière. Et cette lumière est quelque chose qui reste, qui est permanent, ce n'est pas une expérience qui ne dure qu'un temps. Voilà pourquoi finalement voir ses obscurcissements dans la prière est le signe que nous sommes plus avancés dans notre pratique que lorsque nous avions certaines impressions plus ou moins planantes. Ces impressions étant issues d'une création de notre moi, de notre volonté personnelle, alors que l'état de prière lui, est un don que l'on reçoit de Dieu.



« Veillez et priez » résume cela : être attentif à ce qui se passe en nous, et recevoir l'amour de Dieu. Car l'un ne va pas sans l'autre : l'Amour de Dieu illumine et révèle tout ce qui lui est contraire. Celui qui ne perçoit que de la lumière et des qualités dans sa prière n'est pas encore entré dans la vraie lumière.

Pour que les taches de notre âme soient purifiées, il faut qu'elles rencontrent l'Amour de Dieu. Et cette rencontre ne peut se produire qu'au sein de notre conscience, c'est à dire en étant conscient de nos taches et en recevant l'Amour de Dieu en même temps. Lorsque cela se produit, la conscience de nos défauts engendre un repentir qui est accompagné de Joie et de Paix, et qui n'a rien à voir avec la culpabilité ou le jugement de soi-même.


Malgrès ces indications qui montrent ce qu'est la prière, il faut, quand on la pratique, ne rien forcer, ne rien chercher à obtenir, mais se contenter d'invoquer Jésus (« Seigneur Jésus Christ »), qui est l'image visible du Dieu invisible (« Fils de Dieu »), faire appel à son amour inconditionnel (« prends pitié »), tout en restant conscient de tous les mouvements de notre psychisme, présent à nous-mêmes (« de moi » ou « de nous »).


Même si cela est d'une extrème simplicité, il faut souvent beaucoup d'entrainement pour que cet état s'installe dans notre prière, mais lorsque nous le trouvons, plus aucune difficulté ne parrait insurmontable, car à partir de ce moment, Dieu marche avec nous, Dieu agit en nous, et aucun obstacle ne peut résister indéfiniment à cette action.


Il est bon, à mon avis, de pratiquer la prière du coeur une fois le matin et une fois le soir. On peut commencer par une pratique de 5 minutes (programmée avec une alarme ou un minuteur). Puis, quand on se sent à l'aise avec ces 5 minutes, augmenter la durée de la prière : 10 minutes, puis 15 minutes...etc.

L'idéal serait d'arriver, au bout de plusieurs mois ou années, à accorder à cette prière au moins 20 ou 30 minutes de notre temps, le matin ainsi que le soir.


On peut également, en plus de ces temps de prière au calme, où notre vigilance et notre présence sont accrues (et donc où notre prière a plus d'efficacité), réciter la prière du coeur tout au long de la journée dans notre quotidien, dès que cela est possible (en voiture, dans une file d'attente, en regardant la télé...).


Plus nous pratiquerons la prière du coeur, plus notre âme se videra de tout ce qui n'est pas divin, couche par couche, dévoilant au fur et à mesure le Christ et le Royaume de Dieu qui sont au centre de notre être, jusqu'à ce que ce ne soit plus nous qui vivions, mais le Christ qui vive en nous.

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 10:31

http://neuvaine.canalblog.com/images/marie_qui_defait_les_noeuds1.jpg

C'est Saint Irénée, qui a inspiré l'auteur du tableau, qui nous en donne la clef.
Il écrit: «Eve, par sa désobéissance, fit le noeud du malheur pour l'humanité; alors qu'au contraire, Marie, par son obéissance, le dénoua.»
" Marie qui défait les noeuds " a été admirablement peinte par un artiste inconnu. Son tableau est vénéré dans l'église de St Peter am Perlach à Augsburg en Allemagne depuis 1700 .
Le Sauveur nous a été donné par Marie ; par Marie, tous les noeuds de nos vies peuvent être défaits. Des noeuds ? C'est le lot de tous les hommes marqués par le péché originel, de laisser se former des noeuds, ou, comme on dit aujourd'hui, des problèmes que l'on traîne des années sans en voir l'issue... tous ces noeuds qui nous semblent impossibles à défaire et nous sombrent dans le malheur ou nous détournent du bonheur qui est à la portée de chacun, tous les vices qui étouffent l'âme et anesthésient la joie.

Au cours de la neuvaine rythmée par des prières propres à chaque jour, avec sa douceur maternelle, «Marie qui défait les noeuds» nous invite à reconnaître tous ces noeuds qui nous accablent, à les nommer, et à les lui donner...


La Neuvaine.


1) Faire le signe de croix

2) Réciter l'acte de contrition. Demander pardon pour ses péchés et, surtout, prendre la ferme résolution de ne plus jamais les commettre.

3) Prier les trois premières dizaines du chapelet :

1 dizaine = 1 Notre Père + 10 Je vous salue Marie + 1 Gloire au Père

4) Lire la méditation propre à chaque jour de la neuvaine (du premier au neuvième jour).

5) Prier ensuite les deux dernières dizaines de chapelet.

6) Terminer avec la "Prière à Marie qui défait les noeuds".

7) Faire le signe de croix. Faire une neuvaine par noeud.


Acte de contrition :

Mon Dieu, j'ai un très grand regret de vous avoir offensé parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable, et que le péché vous déplaît.
Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce de ne plus vous offenser et de faire pénitence.
  



Prière à "Marie qui défait les noeuds" :

Vierge Marie, Mère du bel Amour, Mère qui n'as jamais abandonné un enfant qui crie au secours, Mère dont les mains travaillent sans cesse pour tes enfants bien aimés, car elles sont poussées par l'Amour divin et l'infinie Miséricorde qui déborde de ton coeur, tourne ton regard plein de compassion vers moi. Vois le paquet de "noeuds" qui étouffent ma vie. Tu connais mon désespoir et ma douleur. Tu sais combien ces noeuds me paralysent. Marie, Mère que Dieu a chargée de défaire les "noeuds" de la vie de tes enfants, je dépose le ruban de ma vie dans tes mains. Personne, pas même le Malin, ne peut le soustraire à ton aide miséricordieuse. Dans tes mains, il n'y a pas un seul noeud qui ne puisse être défait. Mère toute puissante, par ta grâce et par ton pouvoir d'intercession auprès de ton Fils Jésus, notre Libérateur, reçois aujourd'hui Ce "noeud".....
(le nommer, si possible). Pour la gloire de Dieu, je te demande de le défaire, et de le défaire pour toujours. J'espère en Toi. Tu es la Consolatrice que Dieu nous a donnée, tu es la forteresse de nos forces fragiles, la richesse de nos misères, la délivrance de tout ce qui nous empêche d'être avec le Christ. Accueille mon appel. Garde-moi, guide-moi, protège-moi. Tu es mon refuge assuré. Marie qui défait les noeuds, prie pour moi.

Méditations :

Premier jour :
Sainte Mère bien aimée, très Sainte Marie, Toi qui défais les "noeuds" qui étouffent tes enfants, étends tes mains miséricordieuses vers moi. Je te remets aujourd'hui ce "noeud"....
(le nommer), et toutes les conséquences négatives qu'il entraîne dans ma vie. Je te donne ce "noeud" qui me tourmente, me rend malheureux(se) et m'empêche tellement de m'unir à Toi et à Ton Fils Jésus, mon Sauveur. J'ai recours à toi, "Marie qui défais les noeuds" car j'ai confiance en toi et je sais que tu n'as jamais dédaigné un enfant pécheur qui te supplie de l'aider. Je crois que tu peux défaire ce "noeud" car Jésus te donne tout pouvoir. J'ai confiance que tu accepteras de défaire ce noeud, car tu es ma Mère. Je sais que tu le feras parce que tu m'aimes de l'amour même de Dieu. Merci ma Mère bien-aimée. "Marie qui défais les noeuds", prie pour moi. Qui recherche une grâce, la trouvera dans les mains de Marie.

 


Deuxième jour :
Marie, Mère très aimée, source de toutes les grâces, mon coeur se tourne vers Toi aujourd'hui. Je reconnais que je suis pécheur (pécheresse) et que j'ai besoin de ton aide. A cause de mes égoïsmes, de mes rancunes, de mes manques de générosité et de mes manques d'humilité, j'ai négligé très souvent les grâces que tu m'obtiens. Je me tourne vers Toi aujourd'hui "Marie qui défais les noeuds", afin que tu demandes, pour moi, à ton Fils Jésus la pureté du coeur, le détachement, l'humilité et la confiance. Je vivrai cette journée en pratiquant ces vertus. Je te les offrirai comme preuve de mon amour pour Toi. Je remets dans Tes mains ce "noeud"....
(le nommer), qui m'empêche de refléter la gloire de Dieu. "Marie qui défais les noeuds", prie pour moi. Marie offrit à Dieu chaque instant de sa journée.
 


Troisième jour :
Mère médiatrice, Reine du Ciel, toi dont les mains reçoivent et distribuent toutes les richesses du Roi, tourne vers moi tes yeux miséricordieux. Je dépose dans tes saintes mains ce "noeud" de ma vie...., toute la rancune, tout le ressentiment dont il est la source. Je te demande pardon, Dieu Père, pour mes fautes. Aide-moi maintenant à pardonner à toutes les personnes qui, consciemment ou inconsciemment, ont provoqué ce "noeud". C'est dans la mesure de mon abandon que Tu pourras le défaire. Devant Toi, Mère bien-aimée, et au nom de Ton Fils Jésus, mon Sauveur, qui a été si offensé, et qui a su pardonner, je pardonne maintenant à ces personnes..........., et je me pardonne aussi, pour toujours. Merci, "Marie qui défais les noeuds" de défaire dans mon coeur le noeud de la rancune, et le noeud que je te présente maintenant. Amen. "Marie qui défais les noeuds", prie pour moi. Celui qui veut des grâces se tourne vers Marie.


Quatrième jour :
Sainte Mère bien-aimée, accueillante pour tous ceux qui te cherchent, aie pitié de moi. Je dépose dans tes mains ce "noeud"........ Il m'empêche d'être en paix, il paralyse mon âme, m'empêche de marcher jusqu'à mon Seigneur et de mettre ma vie à Son service. Défais ce "noeud" de ma vie, ô ma Mère. Demande à Jésus la guérison de ma foi paralysée qui se laisse abattre par les pierres du chemin. Marche avec moi, Mère bien-aimée, pour que je prenne conscience que ces pierres sont en fait des amies, que je cesse de murmurer, et que j'apprenne à rendre grâce à tout instant et à sourire, confiant dans ton pouvoir. "Marie qui défais les noeuds", prie pour moi. Marie est le soleil et tout le monde bénéficie de sa chaleur.


Cinquième jour :
"Mère qui défais les noeuds", généreuse et pleine de compassion, je me tourne vers toi pour remettre, une fois de plus, ce "noeud" entre tes mains............ Je te demande la sagesse de Dieu, pour que j'agisse sous la lumière de l'Esprit Saint pour dénouer toutes ces difficultés. Personne ne t'a jamais vue en colère ; au contraire, tes paroles étaient tellement pleines de douceur que l'on voyait en toi le coeur de Dieu. Délivre-moi de l'amertume, de la colère et de la haine que ce "noeud" a fait naître en moi. Mère bien-aimée, donne-moi ta douceur et ta sagesse et que j'apprenne à tout méditer en silence dans mon coeur. Et, comme tu le fis à la Pentecôte, intercède auprès de Jésus pour que je reçoive dans ma vie une nouvelle effusion de l'Esprit Saint. Esprit de Dieu, viens sur moi ! "Marie qui défais les noeuds", prie pour moi. Marie est riche en puissance auprès de Dieu.


Sixième jour :
Reine de Miséricorde, je te remets ce "noeud" de ma vie............, et je te demande de me donner un coeur qui sache être patient tandis que tu défais ce "noeud". Apprends-moi à persévérer à l'écoute de la Parole de Ton Fils, à me confesser, à communier, enfin, reste avec moi. Prépare mon coeur pour fêter avec les anges la grâce que tu es en train de m'obtenir. "Marie qui défais les noeuds", prie pour moi. Tu es toute belle, Marie, et aucune tâche ne t'a souillée.


Septième jour :
Mère très pure, je me tourne vers toi aujourd'hui : je te supplie de défaire ce "noeud" dans ma vie.................., et de me libérer des emprises du Mal. Dieu t'a concédé un grand pouvoir sur tous les démons. Je renonce aujourd'hui aux démons et à tous les liens que j'ai eus avec eux. Je proclame que Jésus est mon unique Sauveur, mon unique Seigneur. Ô "Marie qui défais les noeuds", écrase la tête du Malin. Détruis les pièges qui ont provoqué ces "noeuds" dans ma vie. Merci, Mère très aimée. Seigneur, libère-moi de ton précieux Sang ! "Marie qui défais les noeuds", prie pour moi. "Vous êtes la gloire de Jérusalem, vous êtes l'honneur de notre peuple".


Huitième jour :
Vierge Mère de Dieu, riche en miséricorde, aie pitié de ton enfant et défais ce "noeud"..................., dans ma vie. J'ai besoin que tu me visites, tout comme tu as visité Elizabeth. Apporte-moi Jésus pour qu'Il m'apporte l'Esprit Saint. Enseigne-moi à pratiquer les vertus de courage, de joie, d'humilité, de foi, et, comme Elizabeth, obtiens-moi d'être rempli(e) de l'Esprit Saint. Je veux que tu sois ma Mère, ma Reine et mon amie. Je te donne mon coeur et tout ce qui m'appartient : ma maison, ma famille, mes biens extérieurs et intérieurs. Je t'appartiens pour toujours. Mets en moi Ton coeur pour que je puisse faire tout ce que Jésus me dit de faire. "Marie qui défais les noeuds", prie pour moi. Marchons alors, pleins de confiance, vers le trône de la grâce.


Neuvième jour :
Mère très Sainte, notre Avocate, Toi qui défais les "noeuds", je viens aujourd'hui te remercier de bien vouloir défaire ce "noeud"......................., dans ma vie. Tu sais la douleur qu'il me cause. Merci, ô ma Mère, de sécher dans ta miséricorde, les larmes de mes yeux. Merci de m'accueillir dans tes bras et de me permettre de recevoir une autre grâce de Dieu. "Marie qui défais les noeuds", ô ma Mère bien-aimée, je te remercie de défaire les "noeuds" de ma vie. Enveloppe-moi de ton manteau d'amour, garde-moi sous ta protection, illumine-moi de ta paix. "Marie qui défais les noeuds", prie pour nous.

 

 

 

Source : http://neuvaine.canalblog.com/


La prière à Marie qui défait les noeuds a été très légèrement modifiée :


""""""Mère toute puissante, par ta grâce et par ton pouvoir d'intercession auprès de ton Fils Jésus, Mon Libérateur, reçois aujourd'hui ce "noeud"..... (le nommer, si possible). Pour la gloire de Dieu, je te demande de le défaire, et de le défaire pour toujours. J'espère en Toi.Tu es l'unique Consolatrice que Dieu m'a donnée, tu es la forteresse de mes forces fragiles, la richesse de mes misères, la délivrance de tout ce qui m'empêche d'être avec le Christ."

 

a été remplacé par :

 

Mère toute puissante, par ta grâce et par ton pouvoir d'intercession auprès de ton Fils Jésus, notre Libérateur, reçois aujourd'hui Ce "noeud"..... (le nommer, si possible). Pour la gloire de Dieu, je te demande de le défaire, et de le défaire pour toujours. J'espère en Toi. Tu es la Consolatrice que Dieu nous a donnée, tu es la forteresse de nos forces fragiles, la richesse de nos misères, la délivrance de tout ce qui nous empêche d'être avec le Christ.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 16:16

Seigneur, ayez pitié de nous
Jésus-Christ, ayez pitié de nous.
Seigneur, ayez pitié de nous.
Jésus-Christ, écoutez-nous.
Jésus-Christ, exaucez-nous.
Père céleste, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Fils Rédempteur du monde, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Esprit-Saint, qui êtes Dieu, ayez pitié de nous.
Trinité Sainte, qui êtes un seul Dieu, ayez pitié de nous.
Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Clément de Rome, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Hippolyte de Rome, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Bienheureux Papias de Hiérapolis, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Polycarde de Smyrne, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Aristide d'Athène, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Justin Martyr, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Méliton de Sardes, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Théophile d'Antioche, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Irénée de Lyon, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Hippolyte de Rome, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Origène, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Clément d'Alexandrie, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Denys d'Alexandrie, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Pierre d'Alexandrie, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Méthode d'Olympe, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Cyprien de Carthage, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Eustathe d'Antioche, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Cyrille de Jérusalem, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Alexandre d'Alexandrie, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Athanase d'Alexandrie, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Didyme l'Aveugle, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Hilaire de Poitiers, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Ambroise de Milan, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Basile de Césarée, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Grégoire de Nazianze, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Grégoire de Nysse, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Jean Chrysostome, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Cyrille d'Alexandrie, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Epiphane de Salamine, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Jérome, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Augustin, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Jean Cassien, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Vincent de Lérin, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Sulpice Sévère, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Léon le Grand, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Ephrem, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Pseudo Denys l'Aréopagite, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Sophrone de Jérusalem, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Maxime le Confesseur, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Germain de Constantinople, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Jean Damascène, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Théodore Studite, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Eucher de Lyon, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Grégoire le Grand, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Isidore de Séville, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Pothius de Constantinople, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Théophylacte d'Ochrid, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Grégoire Palamas, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Marc d'Ephèse, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Thomas d'Aquin, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Bonaventure de Bagnorea, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Anselme de Cantorbéry, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Pierre Chrysologue, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Pierre Damien, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Bernard de Clairvaux, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Alphonse de Liguori, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint François de Sales, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Bède le Vénérable, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Pierre Canisius, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Jean de la Croix, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Robert Bellarmin, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Albert le Grand, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Antoine de Padoue, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Saint Laurent de Brindisi, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Sainte Thérèse d'Avila, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Sainte Catherine de Sienne, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Sainte Thérèse de Lisieux, priez pour nous et priez pour l'Eglise.

Tous les Saints Pères et Docteurs, priez pour nous et priez pour l'Eglise.


Vous qui êtes unis à la Vérité qui libère, délivrez-nous.

De toutes les ruses, pièges et mensonges du démon, délivrez-nous.

De l'ignorance et de l'intolérance, délivrez-nous.

De l'esprit sectaire et de dogmatisme, délivrez-nous.

De l'idôlatrie et de la superstition, délivrez-nous.

De toute doctrine opposée à la vérité, délivrez-nous.

D'une vision superficielle de notre religion, délivrez-nous.


Saints Pères et Docteurs de l'Eglise, vous qui jouissez des lumières de la très Sainte Trinité, éclairez-nous.

Sur les trésors de vos enseignements, éclairez-nous.

Sur les Mystères Sacrés des Saintes écritures, éclairez-nous.

Sur la voie de la Sainteté, éclairez-nous.

Sur la pratique des vertus, éclairez-nous.

Sur la prière et la contemplation, éclairez-nous.

Dans notre recherche de la vérité, éclairez-nous.

Pour que le Christ puisse faire sa demeure en nous, éclairez-nous.


Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde,
exaucez-nous, Seigneur.
Agneau de Dieu qui effacez les péchés du monde,
ayez pitié de nous.


Priez pour nous, Saints Pères et Docteurs de l'Eglise, afin que nous soyons rendus dignes des promesses de Jésus-Christ,

Envoyez nous de Saints Papes, de Saints Cardinaux, de Saints Evèques, de Saints Prêtres et de Saints Diacres, qui sauront nous conduire à Celui qui donne l'eau qui devient source jaillissante pour la vie éternelle.


Prière :

Saints Pères et Saints Docteurs de l'Eglise, vous qui avez été unis au Christ, la vérité incarnée, et qui maintenant le contemplez face à face, daignez nous guider et nous instruire dans notre vie chrétienne et délivrer l'Eglise de tout ce qui ne vient pas de Dieu.

Dieu Notre Père, par Jésus Christ ton Fils Notre Seigneur, Lui qui est Le Chemin, La Vérité et La Vie, envois-nous ton Esprit Saint afin qu'il nous enseigne tout et nous rappelle sans cesse Ta Divine Parole.

Amen.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 16:14

Notre habitude humaine nous entraîne à chercher le bonheur dans des objets extérieurs : dans les possessions matérielles, les connaissances, la reconnaissance, le pouvoir... Or tous ces objets vont et viennent, ce qui fait que lorsque nous plaçons notre bonheur en eux, il est impossible que celui-ci soit durable.

Dans ce mode de fonctionnement, nous vivons une insatisfaction permanente (parfois subtile, parfois plus intense) : quand nous ne possédons pas l'objet de notre désir nous sommes frustrés, quand nous le perdons nous en souffrons et quand nous le possédons, nous ressentons d'une part qu'il nous manque quelque chose pour que notre bonheur soit complet et d'autre part que nous sommes dans l'angoisse à l'idée de perdre cet objet.

Ainsi nous en arrivons même à ne presque plus pouvoir jouir des objets après lesquels nous courrons.


Pour ceux qui ne se contentent pas de ce bonheur en alternance les différentes voies spirituelles proposent un chemin pour trouver le bonheur là où il ne pourra nous être enlevé, c'est à dire en nous-mêmes, dans notre nature profonde.

Dans le langage d'une voie comme celle du Christ, on dira que cette nature profonde est ouverture à Dieu, qu'elle est une avec Lui et que c'est Sa grâce qui nous comble d'un bonheur qui dépasse tous ceux que nous connaissons.

Pour accéder à cette Grâce, il faut que notre conscience soit réceptive, disponible, et ce qui l'en empêche c'est qu'elle passe son temps à se focaliser sur des objets extérieurs, croyant trouver en eux sa plénitude. Cela ne veut pas dire que nous devons rejeter ces objets, mais qu'il s'agit de ne pas en être dépendant, c'est à dire de ne pas placer tout notre bonheur en eux mais plutôt de les voir comme secondaires ; ainsi notre conscience ne sera plus obnubilée par ces objets et demeurera réceptive à la Grâce.

Voyons cela à l'aide d'une comparaison : On peut imaginer notre psychisme comme une lentille placé devant une ouverture par laquelle passe la lumière divine. Lorsque cette lentille laisse passer la lumière, celle-ci nous donne sa chaleur et éclaire toutes les situations de notre vie, ainsi elle nous procure le bonheur. On pourrait même dire que la substance de cette lumière est, en elle-même, bonheur.

Imaginons maintenant que nous nous attachions à un objet extérieur : l'objet en question s'imprime alors sur la lentille, et plus nous sommes dépendants de cet objet, plus son image devient dense, foncée et occupe de la place sur la lentille, jusqu'à empêcher la lumière de passer au travers, nous enlevant ainsi le véritable bonheur.

Que se passe t'il maintenant si nous jouissons des objets extérieurs sans être enchainés par eux : l'objet dont nous jouissons se dessine sur la lentille, mais comme notre conscience ne cherche pas à se l'approprier et à le faire durer au delà de l'instant où nous en jouissons, le dessin laissé sur la lentille est petit et transparent, de fait, il laisse passer la lumière. Ainsi, lorsque nous jouissons des bienfaits de la création sans en être dépendant, nous pouvons percevoir la lumière divine au sein même de ces objets et nous demeurons ainsi en présence de la Grâce quels que soient les conditions extérieures.

Il faut également faire attention à ne pas rejeter, sous prétexte de détachement, les objets extérieurs, car le rejet créé lui aussi une forme opaque sur la lentille de notre âme : au lieu d'être accaparée par l'attachement à un objet, notre conscience est focalisée sur le rejet de cet objet, et de la même manière, elle se ferme à la Grâce divine.


Les péchés capitaux sont les sept modalités érronées par lesquelles nous recherchons le bonheur dans les objets extérieurs.

Il sont dit capitaux non dans le sens où ils sont les plus graves mais dans le sens ou ils entraînent tous les autres, car sous l'impulsion de ces péchés, nous sommes prêts à nuire aux autres pour obtenir ce que nous voulons. N'oublions pas qu'un péché est un « pas de travers » qui nous écarte de notre nature profonde qui est divine et qui a pour loi l'amour.

Lorsqu'ils seront purifiés en nous alors toutes nos paroles, pensées et actions seront dirigées par l'amour et nous conduiront au Bonheur.


L'orgueil : Ici, l'objet extérieur à notre nature profonde dans lequel nous croyons trouver le bonheur, c'est notre moi. Nous croyons qu'en valorisant ce moi nous serons heureux : ainsi nous refusons de reconnaître nos défauts (ce qui nous permettrait de nous purifier et de nous ouvrir davantage à la Grâce divine), nous cherchons sans cesse à nous mettre en avant face aux autres, ou à nous valoriser par tous les moyens à nos propres yeux.

En fin de compte, en y regardant de plus près, nous pouvons nous rendre compte que ce fonctionnement nous apporte beaucoup plus de tensions et de souffrances que de bien être.

Ce péché est la racine de tous les autres, car les autres péchés viennent du fait que nous avons un moi à combler, à remplir, à satisfaire. Un Saint place son existence véritable en Dieu (au delà de son corps et de son psychisme qui constituent son moi), ainsi, son moi devient secondaire... on peut comparer le moi à un vêtement : si nous comprenons que nos vêtements nous recouvrent mais ne sont pas ce que nous sommes, alors cela n'a aucun sens de sur-valoriser ces vêtements ou de s'offusquer lorsqu'on les critique. Nos actions ne visent plus à mettre en valeur nos vêtements mais ce que nous sommes. De même toutes les paroles, pensées et actions d'un Saint ne servent plus son moi, mais Dieu et tout ce qui existe, car Dieu est l'Être de tout ce qui est. De plus, comme l'être véritable de toute créature est le même, il n'y a plus de comparaison possible, d'être supérieur ou inférieur.


L'avarice : Ce que désigne l'avarice serait mieux rendu par le terme de cupidité ou d'avidité. Ici nous croyons trouver le bonheur dans la possession. Cette possession peut s'exprimer par de l'avidité par rapport à des objets, mais aussi par rapport à des connaissances, à des relations, à des expériences spirituelles...etc. Le fait de placer notre bien être dans ces objets engendre tensions et souffances : nous sommes perpétuellement insatisfait car ce que nous avons ne nous comble jamais, nous en voulons toujours plus, incapables, à cause de notre soif intarrissable, de profiter véritablement de ce que nous avons déjà.


La gourmandise et la luxure : Ici nous recherchons un Bonheur permanent dans les plaisirs du corps. Mais ils ne faut pas comprendre, comme l'ont parfois enseigné les chrétiens, que ces plaisirs sont mauvais en eux-mêmes : c'est notre dépendance par rapport à ces plaisirs qui peut nous être nuisible ou nous amener à nuire aux autres. L'important est que ces plaisirs occupent leur juste place : il est légitime d'en jouir, mais ils ne doivent pas être confondus avec le véritable Bonheur qui est de recevoir la lumière de Dieu et donc de vivre selon la loi d'amour. Le plaisir du corps n'est pas un problème, du moment que nous sommes capables de faire passer la recherche de Dieu et le bien d'autrui avant notre plaisir : ainsi nous pouvons jouir de ce qui se présente à nous, et lorsque dans une situation, faire notre bien et celui d'autrui (ou dit autrement : faire la volonté de Dieu) implique que nous laissions de côté notre plaisir, nous sommes capable de le faire.

On ne pêche pas en jouissant du plaisir, on pêche quand nous nous nuisons à nous-mêmes ou nuisons aux autres lorsque nous sommes esclaves du plaisir et prêts à tout pour l'assouvir, même à aller à l'encontre de notre nature profonde qui est à l'image de Dieu.

Par rapport au péché de luxure, gardons bien à l'esprit que la vie en Dieu n'obéit pas à d'autre loi que celle de l'amour. La loi naturelle, qui est celle des animaux, est la loi du plus fort, la loi des instincts, et elle ne peut donc pas nous servir de référence à nous qui sommes des êtres spirituels. Parfois nous voudrions nous rassurer, en codifiant la vie en Dieu, comme si elle pouvait être une loi mathématique réglant notre attitude extérieure : « ça c'est naturel, c'est bien, ça ce n'est pas naturel, ce n'est pas bien ». Mais la vie en Dieu est intérieure, et la seule chose qui doit nous servir de référence par rapport à la conduite que nous devrions tenir c'est de voir si cette conduite favorise ou non la présence de l'amour et de la bienveillance dans notre conscience.


L'Envie : L'Envie, dans le sens de jalousie, découle des quatres premiers péchés capitaux. On est envieux d'autrui parce que l'on est pas reconnu comme lui (ce que recherche l'orgueil), parce que l'on a pas ce qu'il a (avidité), ou que l'on ne jouit pas autant que lui de mets raffinés ou de belles compagnies (gourmandise, luxure).


La Colère : Elle découle des péchés précédents. En effet, la colère cache toujours un désir frustré... désir de reconnaissance, d'avoir, de nourriture, de sexe, désir d'avoir plus que l'autre.


La Paresse : Le péché de paresse n'est pas à entendre dans le sens usuel. La paresse dont on parle ici peut très bien s'exprimer par une hyper-activité : elle consiste à ne pas pratiquer sa spiritualité, à ne pas se poser pour se recentrer sur soi, s'observer et prier. Elle découle des péchés précédents, car lorsque nous sommes envahis par ces péchés, nous en oublions que le but de notre vie ne consiste pas à faire grandir notre moi en nous remplissant des choses extérieures, mais à entrer de plus en plus profondément dans la vertu.



Il ne faut pas se leurrer, nous portons tous ces sept péchés capitaux, et c'est quand nous les décelons en nous que nous commençons à nous en libérer : plus la lumière entre en nous, et plus nous percevons nos ombres. Celui qui se voit illuminé est dans l'obscurité et s'aveugle avec le moindre rayon de clarté qui perce dans ses ténèbres ; celui qui voit apparaître toutes les taches de son âme c'est au contraire parce qu'il est en pleine lumière.




Dans notre vie, nous sentons parfois qu'aucun objet extérieur ne peut nous combler véritablement. Cela est du au fait que ce que nous cherchons sans le savoir, c'est l'amour de Dieu ; et il n'y a aucune différence entre recevoir l'amour de Dieu, aimer Dieu et aimer tous les êtres de manière inconditionnelle. C'est une seule et même chose.

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