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  • : Ananie
  • Ananie
  • : Ce blog a pour but de présenter une vision spirituelle de la tradition chrétienne
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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 19:32

 

Pour simplifier, il est possible de définir notre être en deux          parties :

-Une partie que l'on dira lumineuse, en contact avec la lumière divine, c'est à dire l'amour, la joie, la paix, bref toutes les plus hautes qualités.

-Et une partie que l'on pourrait appeler sombre, dans le sens où, non éclairée par l'amour et la pleine conscience, elle nous incite à poser des actes qui induisent de la souffrance (pour soi-même et pour les autres).

 

La partie que l'on appelle ici sombre est celle que nous avons créée, en fonction des expériences traumatisantes que nous avons vécues. Elle conditionne nos choix et tous nos actes, bien que ce conditionnement soit inconscient.

 

Prenons un exemple :

Imaginons une personne qui, étant enfant, avait un père qui buvait. Dans son état alcoolisé, ce dernier était incapable de gérer les affaires de la maison et se laissait complètement aller à l'inactivité. La mère de cet enfant ne prenait pas davantage ses responsabilités. Voyant cela, il est possible que cet enfant ait décidé de prendre les choses en main, et de gérer les affaires de la famille.

Inconsciemment il a enregistré cette idée : « je dois gérer les choses, sinon elles ne se feront pas » (ce n'est qu'un exemple : il ne s'agit pas là de la seule manière de réagir à une telle situation).

Maintenant adulte, s'il n'a pas pris conscience de ce qui s'est passé dans la tête et le ressenti de l'enfant qu'il était, il est tout à fait possible que cette idée continue à conditionner sa vision des choses.

D'un côté ce cas de figure peut avoir du bon : il est possible que ce vécu ait permi à cette personne de devenir plus responsable et prévenante envers les autres. Mais le problème c'est qu'elle est bloqué dans cette responsabilité, qu'elle conditionne tous ses choix et tout ce qu'elle fait :

-Au niveau professionnel, cela peut se traduire par une incapacité à déléguer des responsabilités.

-Au niveau relationnel, elle ne laisse peut-être pas les autres assez libres de leurs choix et décisions, se disant toujours que si elle les laisse faire, les choses n'avanceront pas.

-Au niveau spirituel même cela peut l'handicaper pour l'entrée dans une profonde prière qui nécessiterait qu'elle arrête d'agir pour s'abandonner à l'action de Dieu en elle.

Ce fonctionnement induit de la souffrance : la personne dont on parle souffre de trop travailler, elle souffre du fait que ses amis ne prennent pas leurs responsabilités, et elle souffre d'un sentiment de lutte dans ses prières. Mais en fin de compte, c'est elle la responsable de toutes ces souffrances, car c'est elle qui a choisi ces situations.

Si elle prend conscience que tous ses choix sont conditionnés par ce fonctionnement et qu'inconsciement elle revis vis à vis des autres des sentiments qu'elle éprouvait enfant vis à vis de son père, sa vie va changer : peut-être qu'elle va changer de travail, d'amis, de spiritualité... mais peut-être aussi que les changements n'auront pas besoin de se manifester à l'extérieur. Le véritable changement c'est dans son attitude qu'il va s'opérer : elle va déléguer davantage de responsabilités dans son travail, laisser ses amis faire leur choix sans vouloir les pousser dans une direction ou une autre, aborder différement sa spiritualité...

 

Le travail de purification du passé qui peut libérer cette personne, nous devons tous le faire si nous voulons illuminer notre être et notre vie, mais cela demande du temps et en attendant, ce sont tous nos conditionnements qui continuent à nous diriger et à nous placer dans des situations de souffrance.

 

Heureusement, il y a en nous une autre partie, une partie de notre être qui est divine, qui n'est pas touchée par tous les conditionnements que nous avons mis en place en réaction aux évènements traumatisants de notre histoire. Cette partie là est transcendante, c'est à dire qu'elle dépasse les frontières de notre moi, qu'elle est une avec Dieu et avec Dieu en toutes choses. Dieu étant Amour, sa nature est de faire le plus grand bien de tous en toutes circonstances.

Cette partie divine, même si elle est recouverte par nos conditionnement et nos ombres, ne peut être entachée par quoi que ce soit : même chez le pire des criminels, elle reste pure et lumineuse. Le criminel n'y a pas accès mais il a, à jamais, la possibilité de la retrouver dès lors qu'il se retourne vers elle qui est son essence profonde, sa véritable nature.

Le problème c'est que nous avons plutôt tendance à choisir -sans nous en rendre compte, sans avoir l'impression d'avoir choisi- d'agir selon nos conditionnements habituels plutôt qu'en nous reliant à cette partie divine de notre être. Et si nous ne faisons rien pour qu'il en soit autrement c'est toujours ce qui se passera.

 

Demander « que ta volonté soit faites Seigneur et non la mienne » c'est dire en quelque sorte « Je sais qu'habituellement ce sont mes souffrances, mes peurs et mes conditionnements qui me guident. Si je les suis, je vais encore me tromper et en souffrir. Maintenant ce que je voudrais qui arrive c'est ce qui est le mieux pour tous : pour moi et pour les autres. Maintenant je veux que la partie de mon être qui est au delà de mes peurs, de mes blocages, de mes souffrances, décide, elle qui est amour, paix, vérité, discernement ».

Exprimer cela de toute son âme (et pas seulement dire des mots), va détourner notre inconscient de ses conditionnements habituels : plus nous allons choisir avec confiance la Volonté divine que l'on ne connait pas mais que l'on sait bonne pour nous, plus l'amour et la sagesse vont éclairer notre être profond et diriger nos décisions.

 

Parfois on a peur de dire « Seigneur, que ta Volonté soit faites », comme si tout d'un coup, la décision de quelqu'un d'autre allait nous tomber dessus et nous imposer quelque chose qui ne nous plaîrait pas ou que nous n'aurions pas choisi.

Peut-être que c'est parce que nous avons en mémoire la scène de Jésus au jardin des oliviers ; lorsque, sachant que la croix l'attend, il dit : "Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ! cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne".

Dans ce passage, on pourrait avoir l'impression que le Christ obéit à quelque chose d'extérieur à lui qui l'amène à la souffrance et à la mort. Mais il ne faut pas oublier ici l'état de conscience dans lequel est Jésus : il voit ce qui va arriver (les évangiles montrent à plusieurs reprises son don de prophétie), et il sait que, par sa crucifixion, il va donner une portée historique et une dimension sacrée à sa vie, à laquelle des millions de gens pourront alors se relier pour cheminer vers un au delà de la souffrance et du mal.

Au jardin des oliviers, Jésus exprime que s'il écoutait son besoin de protéger son corps et son désir de confort personnel, il voudrait autre chose ; mais que, là où il en est de son cheminement intérieur, conscient qu'il n'est pas seulement un corps et une personnalité mais quelque chose de bien plus grand, le plus important pour lui, ce qui le rend le plus heureux, c'est le bien de tous.

Ici Jésus n'est pas dans l'obéissance à quelque chose d'extérieur, il écoute son coeur, il écoute ce qui lui semble le meilleur au plus profond de lui-même. Même s'il ressent tristesse et angoisse, il suit la volonté de l'amour car il est conscient que son être n'est pas limité à cette partie de lui-même qui ressent tristesse et angoisse.

 

La Volonté divine n'est pas celle d'un autre, elle est l'expression de ce que nous voulons au plus profond de nous, là où nous sommes le plus en accord avecnotre nature profonde. La Volonté divine n'impose rien, ne précipite rien, elle met peu à peu les choses en place en nous, attendant que notre volonté consente à la sienne pour se manifester.

 

S'il arrivait qu'un jour la nécessité du bien d'autrui fasse que la Volonté divine nous demande d'aller au supplice comme le Christ, elle aurait pris soin, avant, de faire de nous d'autres Christs, porteurs de la même force intérieure que Lui face à la souffrance de l'ensemble corps-psychisme et conscients d'être l'expression d'une puissance bien plus grande que le moi, agissante pour le bien de tous.

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Published by Ananie - dans Textes
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