Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pour Retourner À L'accueil

  • : Ananie
  • Ananie
  • : Ce blog a pour but de présenter une vision spirituelle de la tradition chrétienne
  • Contact
11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 17:18

Le Credo est le résumé de la Foi chrétienne.

C'est à dire qu'il présente ce à quoi le chrétien se relie, ce vers quoi il dirige son âme et ses efforts pour vivre et incarner dans son être et sa vie les réalités dont parle cette profession de Foi.

 

Je crois en Dieu le Père Tout-Puissant,

 

« Je crois ».

Cette expression n'est pas à entendre dans le sens d'une simple croyance intellectuelle.

C'est une orientation : celui qui croit vraiment ne s'arrête pas à cette croyance, mais cette croyance est le chemin qu'il empreinte pour réaliser ce en quoi il croit.

Et ce chemin est celui de toute sa vie.

Car dire « Je crois en Dieu » en vérité implique de vivre selon cette croyance, ce qui demande un travail intérieur constant aidé de la Grâce divine.

Réciter le Crédo ne signifie pas que nous vivons l'idéal qu'il décrit, mais plutôt que nous décidons (ou réaffirmons notre décision) de nous mettre en route vers celui-ci.

 

« En Dieu le Père ».

Dans la pensée Judéo-chrétienne le Père est celui qui dirige, qui oriente, par rapport à la Mère qui engendre, qui donne la vie. Dire que l'on croit en Dieu le Père signifie que l'on voudrait que toutes nos actions soit orientées et décidées par le divin, c'est à dire par l'Amour.

 

« Tout-Puissant ».

Certains se demandent pourquoi le monde va si mal puisque Dieu est Tout-Puissant : « Pourquoi laisse t-il faire le mal, la souffrance ? Est-il un Dieu cruel qui punit ? Un sans cœur qui nous a créé mais qui ensuite se décharge de toute responsabilité à notre égard, et nous laisse vivre les pires atrocités ? ».

 

Mais le Dieu des chrétiens n'impose rien : il se propose au cœur de chacun, et chacun est libre de lui dire ''oui'' ou ''non''.

Il ne contrôle pas le monde, sinon où serait notre libre arbitre et notre responsabilité ?

 

Ainsi Dieu ne peut être désigné comme responsable du mal qui est du fait de l'homme, lorsqu'il se sépare de Lui. Il n'agit que par ceux qui décident de faire Sa volonté et de se laisser agir par Lui.

 

Mais si l'on attribue à Dieu ce contrôle de tout, c'est parce que l'on confond la Puissance divine avec celle du monde.

En effet, dans le monde, la puissance c'est avoir le pouvoir d'imposer aux autres sa volonté pour qu'ils fassent ce que l'on veut et ainsi nous éviter ce qui nous est désagréable.

C'est généralement cela que nous appelons puissance et que nous recherchons. C'est pourquoi, en projetant nos conceptions humaines sur Dieu, nous nous attendons à ce qu'il possède cette ''toute-puissance'' là.

Mais cette puissance mondaine nous amène en fin de compte une angoisse permanente : « Et si les choses échappaient à mon contrôle... que se passerait-il ? Pourrais-je toujours maintenir ma situation ainsi sans changement ? ».

D'autant plus que la réalité vient régulièrement nous rappeler qu'il est impossible de tout contrôler et que chercher à le faire est plus source de souffrance que d'autre chose.

Une telle ''puissance'' implique en fait une grande dépendance vis à vis des conditions extérieures. Peut-on dire que l'on est réellement puissant, si notre bonheur ou notre malheur, notre paix ou notre angoisse, notre joie ou notre peine sont entièrement dépendants des situations, des personnes et des objets extérieurs, ainsi que des aléas de la vie ?

Je ne le crois pas. Et je ne crois pas non plus que Dieu, qui partage avec nous tout ce qu'il a et tout ce qu'il est, veut nous donner cette sorte de puissance qui est en fait un véritable poison.

 

La Toute Puissance que Dieu possède ne consiste pas à contrôler les choses pour qu'il ne nous arrive que ce que notre égo désire.

Elle est plutôt une capacité de transformer en Bien, en Lumière, en Bonheur, toute situation quelle qu'elle soit.

 

Chez ceux qui sont pleinement unis à Dieu (le Christ et les Saints), il est vrai, que cette Toute Puissance peut parfois s'exprimer comme un pouvoir sur les éléments, sur la maladie ou même sur la mort ; mais étant associée à l'Amour, cette Puissance s'exprime aussi dans la fragilité et la vulnérabilité.

Les Saints et le Christ lui-même, lorsqu'ils marchaient parmi nous, n'étaient pas insensibles et invulnérables, et ils ne cherchaient pas à tout contrôler.

Ils étaient touchés comme vous et moi, mais toute leur humanité et leur fragilité étaient orientées par la gouvernance de l'Amour.

En quelque sorte, nous pouvons dire que leur vulnérabilité pleinement assumée se muait en toute puissante.

Il en est par exemple ainsi du Christ qui meurt sur la croix en donnant sa vie... Il exprime là une fragilité temporelle, une impuissance du point de vue du monde, mais une toute puissance divine : qui peut vraiment vivre ce qu'il a vécu en restant dans la paix et l'amour s'il n'est pleinement investit de cette toute puissance divine ?

 

De plus on voit aussi que pour les hommes qui en ont bénéficié de grâces miraculeuses, la Puissance divine ne s'est jamais imposée à eux, mais sont action a toujours été précédée de la Foi et des appels à l'aide de ces miraculés.

 

Dieu est bien Tout-Puissant, mais d'une puissance intérieure qui s'exprime en tous ceux qui se laissent pleinement investir de la présence divine : ils peuvent éprouver certaines douleurs et mourir, ils n'ont pas le pouvoir d'écarter toutes les maladies et de changer tous les cœurs, ils ne contrôlent pas toute situation ; cependant, rien ne les perturbent véritablement, s'ils sont parfois touchés et remués intérieurement, rien ne les écarte de l'Amour, de la Paix et de la Vérité qui sont la clé du véritable Bonheur.

 

Là est la véritable puissance, car celui qui arriverait à tout contrôler et à éviter toutes les difficultés n'en serait pas moins soumis à la peur que son pouvoir lui échappe (ce qui est inévitable tôt ou tard).

Par contre celui qui accepte les difficultés et conserve sa paix et son amour en toutes circonstances est vraiment Tout Puissant, mais d'une puissance qui n'est pas celle des hommes et qui s'exprime aussi dans la pleine assumation de son humanité et de sa vulnérabilité.

C'est cette puissance là que devrait chercher le chrétien, et c'est cette puissance que Dieu, qui seul la possède, lui donne, lorsqu'il s'ouvre à Lui et le laisse pleinement agir en son être.

 

Créateur du ciel et de la terre,

Lorsque les Saints parlent de Dieu Créateur, ils ne font pas simplement référence à un acte de création au commencement des temps, mais ils insistent sur un point particulièrement important pour développer une vision spirituelle des choses : la création est perpétuelle, c'est à dire que Dieu, à chaque instant, donne à toutes choses d'exister.

Et si Dieu permet aux choses d'exister, c'est parce qu'il est en elle comme leur être même, leur principe d'existence.

Ainsi dire que Dieu est créateur nous incite peu à peu à percevoir la présence divine en toutes choses, autant dans les choses de l'esprit (le ciel) que dans celles de la matière (la terre).

Mais la notion de création chrétienne implique un autre aspect : c'est que la chose créée (la créature dans le langage chrétien) est libre. Ainsi Dieu crée toutes choses bonnes, et ne cesse jamais de leur permettre d'exister en restant à leur intime pour leur donner l'existence, mais il les laisse libres de se conformer ou non à leur nature divine. C'est pourquoi ne peut être le fidèle reflet de Dieu que la créature qui choisit sans cesse librement de faire Sa volonté.


et en Jésus-Christ Son Fils unique, notre Seigneur,

Jésus Christ est le Fils unique en tant qu'il est l'incarnation plénière de Dieu : Dieu n'a pas partagé son héritage entre plusieurs enfant, mais il a mis en Jésus tout son Amour, c'est à dire tout ce qu'Il est.

Ainsi, dans le christianisme, Jésus Christ est le Verbe de Dieu, l'archétype qui représente la pleine union de l'homme et de Dieu et auquel le chrétien se relie pour réaliser cette même union.

 

Le considérer comme notre Seigneur signifie que nous cherchons sans cesse à vivre dans sa présence pour qu'il dirige et investisse peu à peu toutes nos pensées, toutes nos paroles, toutes nos actions et notre être même afin que nous devenions un avec lui.

Et en nous unissant à lui, nous pourrons devenir à notre tour un Fils unique, remplit de la présence de Dieu ; c'est à dire « un autre Christ » comme le dirait Saint Padre Pio.

 

Mais je crois qu'il faut se garder d'une vision qui défendrait l'idée que l'union divine ne peut se réaliser que dans la voie chrétienne grâce au Christ. Car le Christ ne se résume pas à ces deux mots « Jésus Christ » ou à une forme qui est l'image du Christ ou son corps. Les mots « Jésus Christ », son corps, sa vie et son image sont en fait des signes qui sont privilégiés dans le christianisme pour nous conduire à l'état de Sainteté.

Ainsi, il ne faut pas croire que les autres religions qui utilisent d'autres formes ne sont pas en lien avec le Verbe de Dieu. Si telle est notre manière de penser, je crois que nous sommes dans ce que l'on pourrait appeler de l'idolâtrie : nous prenons la forme et le nom pour Dieu lui-même, autrement dit ce n'est pas Dieu (qui se révèle dans cette forme, ce nom, la vie et les œuvres de Jésus) que nous adorons, mais une image et des mots.

De plus, il suffit de s'intéresser de près à d'autres grandes traditions spirituelles pour se rendre compte que l'état de Sainteté n'est pas l'exclusivité de la chrétienté, et que Dieu peut se manifester ailleurs avec tout autant de magnificence qu'en les Saints chrétiens.

Nier le bien que l'on voit ailleurs parce que cela ne correspond pas à nos croyances est tout simplement de l'aveuglement, et celui qui préfère rester aveugle, personne ne peut rien pour lui.

Mais dire qu'il peut exister un quelconque bien sans la présence et l'œuvre du Verbe de Dieu s'oppose totalement à la Foi chrétienne : cela voudrait dire que l'homme peut créer le bien par lui-même, sans l'action de Dieu. Et dans une conception chrétienne des choses, développer quoi que se soit sans l'action de Dieu, c'est le faire à partir de son égo (je précise bien ''dans une conception chrétienne'', car dans le bouddhisme par exemple, on peut sortir du fonctionnement de l'égo sans faire intervenir le concept de Dieu ; ce qui ne signifie pas que les bouddhistes ne se relient pas à ce que nous appelons ''Dieu'').

Ainsi, si notre Foi est sincère, nous devons admettre que ce Verbe divin agit aussi partout où il peut y avoir une quelconque vertu, et que si quelqu'un est remplit d'amour, c'est nécessairement son œuvre, même dans des voies où il n'est pas appelé par ces deux mots : « Jésus Christ », et même chez des personnes qui ne suivent aucune voie spirituelle.

 

Malheureusement, le démon de l'orgueil (comme l'auraient dit les premiers chrétiens) qui nous pousse toujours à désirer être supérieur aux autres par nos possessions, nos connaissances, nos sentiments ou autre, tente souvent de nous faire tomber dans cette forme d'idolâtrie.


qui a été conçu du Saint Esprit,

Pour devenir un autre Christ nous devons non seulement nous relier à Jésus, mais aussi nous laisser façonner et concevoir par le Saint Esprit.

La manière de se relier à Dieu pour aller à Lui est, dans la tradition chrétienne, résumée par le concept de la Trinité. Pour faire un avec Dieu le Père, nous le laissons agir en nous par le Saint Esprit qui nous transforme peu à peu.

Mais il est très difficile de se relier au Père qui est au delà de toute conception sans aucun support, c'est pourquoi nous nous relions à Lui par le Fils (Jésus Christ) qui est son image visible et incarnée en tant qu'homme.

Ainsi nous nous relions au Père, par le Fils pour nous laisser recréer par le Saint Esprit.


est né de la Vierge Marie,

Pour bien nous relier au Christ et à la Trinité, nous devons également nous placer dans une attitude d'esprit juste qui est représenté par la Vierge Marie et qui nous permet de recevoir, d'accueillir et de laisser croître en nous cette présence Divine, ce Fils du Père qui se manifeste en nous lorsque nous nous laissons féconder par le Saint Esprit.

Cet état d'esprit est caractérisé par la réceptivité (symbolisée par la féminité de Marie), il est aussi vierge de toute imprégnation des valeurs de l'égo (symbolisé par la virginité de Marie), et imprégné d'amour (mry, la racine égyptienne du nom de Marie signifie « Aimer »).


a souffert sous Ponce Pilate,
a été crucifié, est mort, a été enseveli,

Le Credo nous explique ici que le Christ auquel nous nous relions a souffert comme nous, et sa vie nous montre qu'il a su transcender les souffrances, en les assumant sans jamais s'écarter de la voie de l'amour.

Si la tradition chrétienne insiste parfois beaucoup sur les souffrances du Christ, c'est parce que là est son action la plus utile. En effet, nous avons presque tous un idéal de bonté que nous sommes capables de suivre lorsque tout va bien. Cependant, lorsque nous souffrons, nous réagissons en créant à l'intérieur de nous-mêmes de l'orgueil, de la colère, de la jalousie, et toutes sortes de poissons qui créent un véritable enfer dans notre âme.

Nous relier au Christ souffrant nous permet de gérer nos souffrances comme Lui a géré les siennes, c'est à dire en restant toujours dans la paix et l'amour.

 

est descendu aux enfers ;

Si certains évangiles apocryphes nous disent que Jésus est descendu aux enfers pour y libérer des âmes, nous pouvons considérer qu'il descend aussi dans notre propre enfer intérieur lorsque nous faisons appel à Lui. Car la voie spirituelle, ne consiste pas à refouler nos démons et nos ténèbres intérieurs pour ne nous concentrer que sur la lumière et aller à elle.

Au contraire : la lumière est déjà là en nous, et il s'agit de purifier les obscurcissements qui la recouvrent ; pour cela, il faut que le Christ descende dans nos propres ténèbres et y amène sa lumière.

C'est d'ailleurs un signe que notre prière est efficace lorsque nos zones d'ombre et nos défauts apparaissent à notre conscience éclairée par la force de l'amour. Cela signifie que Dieu œuvre en nous pour nous purifier.


le troisième jour est ressuscité des morts,

est monté aux cieux,

On peut voir ici la place qu'occupe désormais le Christ : il vit éternellement en nous et en toutes choses. En effet, les Cieux, dans la tradition chrétienne ne sont pas à entendre comme le ciel physique. Les cieux revoient, pour les Pères de l'Église, à un état de conscience, au centre de notre être, le Royaume de Dieu, qui reste toujours pur, lumineux et incorruptible quel que puissent être les voiles qui assombrissent notre âme.

 

est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,

d'où il viendra juger les vivants et les morts.

Le fait que Jésus soit assis à la droite de Dieu, nous montre qu'il est son pouvoir d'action, que Dieu agit dans le monde par Lui.

La gauche de Dieu, dans le symbolisme chrétien signifie sa miséricorde et la droite sa justice dont il est fait mention ensuite.

Cependant il ne faut pas entendre ce jugement du Christ comme une sanction ou une récompense faite aux vivants et aux morts selon leurs mérites. La sanction ou la récompense ne sont pas du fait de Dieu, mais du fait des choix de l'homme qui contiennent en eux-mêmes sanction et récompense : la peine et les situations souvent difficiles pour celui qui va à l'encontre de sa nature véritable en accomplissant le mal ; et le bonheur pour celui qui est bienveillant envers lui-même et autrui.

 

Ce jugement peut être entendu comme celui qui se passe à chaque instant en la personne se fait réceptive à la puissance transformatrice du Verbe de Dieu : lorsque nous nous relions au Christ, il sépare le bon du mauvais en nous (ce qui est l'action de juger), en éclairant notre conscience pour révéler les profondeurs de nos intentions et purifier ce qui nous éloigne du bonheur véritable.

De plus Saint Paul parle de ce jugement en disant qu'il se fera par le feu, ce qui est tout à fait en correspondance avec l'idée d'une purification de soi-même à la lumière de l'amour et de la vérité.


Je crois au Saint Esprit,
à la Sainte Église catholique
,
à la communion des saints,

Ici le Credo nous présente en quelque sorte les trois moyens par lesquels le chrétien peut accéder à la sanctification :

 

L'Esprit de Dieu, ou le Saint Espritqui le façonne, comme cela a été expliqué plus haut.

 

La voie spirituelle proposée par la tradition chrétienne.

Beaucoup rejettent complètement l'Église parce qu'ils ne sont pas toujours d'accord avec ce que disent les instances religieuses de celles-ci.

Mais il me semble que cela n'est pas incompatible avec le fait de croire en l'Église car ce dont parle ici le Crédo c'est avant tout de l'enseignement et du chemin spirituel tracé par la tradition chrétienne.

En effet, lorsque les premiers Saints chrétiens ont conçus et récité ce Crédo en lui insufflant une force spirituelle, ils ne pensaient pas aux idées des instances religieuses d'aujourd'hui puisque celles-ci n'existaient pas.

Mais ils ont aussi créé ce Crédo pour nous qui le récitons aujourd'hui et qui devrions le réciter dans le même esprit qu'eux.

C'est donc dans ce qui est commun à l'esprit du Crédo de ces premiers chrétiens et des chrétiens d'aujourd'hui que nous devrions chercher le véritable sens de cette profession de Foi. Car il ne s'agit pas d'une Foi qui correspond aux croyances, doctrines ou dogmes de telle ou telle époque, ou de tel ou tel lieu, mais d'une Foi qui traverse les ages et doit réunir les peuple. D'ailleurs le mot « catholique » nous le rappelle puisqu'il est issu d'un mot grec qui signifie « universel ». Et c'est ce sens d'universalité qu'entendaient les premiers chrétiens lorsqu'ils récitaient le Crédo. Il ne faisait pas référence à une institution religieuse qui n'existait pas encore.

 

Ainsi dire « je crois à la Sainte Église catholique » c'est signifier que l'on a étudié et compris l'enseignement du Christ et de la tradition chrétienne et que l'on choisit de suivre ce chemin.

Il ne s'agit pas d'adhérer aux croyances véhiculées par les instances de l’Église de manière aveugle. En effet, celles-ci changent selon les époques, se contredisant parfois d'une époque à l'autre, car l’Église est humaine et est en cheminement constant, allant de réajustements en réajustements, cherchant à s'unir toujours plus parfaitement au Christ, mais n'y arrivant souvent que de manière partielle, tout comme nous.

 

Nous pouvons adhérer à une voie et à un idéal spirituel sans forcément nous sentir en accord avec tous ceux qui essaient eux aussi de les mettre en application.

 

L'essentiel étant ici de se sentir en accord avec le message du Christ, des Saints et des Pères de l'Église. Car ce sont eux qui montrent réellement le chemin chrétien et en sont les véritables représentants, étant donné qu'eux seuls l'ont parcouru jusqu'à son aboutissement qui est la pleine union avec le Divin.

 

La bénédiction de ceux qui ont accompli dans leur être le but de la voie chrétienne.Dès lors que l'on adhère à la voie chrétienne, on est unis par l'esprit à l'ensemble des autres chrétiens mais aussi et surtout à tous les Saints chrétiens du passé et du présent, et on se trouve relié à leurs prières et à leurs influences spirituelles qui sont un grand secours et une protection sur cette voie que nous parcourons.


à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair,
et à la vie éternelle.

Après nous avoir donné les moyens de sanctification, le Credo nous donne le but à atteindre :

 

La rémission des péchés : C'est à dire la purification de notre âme. Cet article du Credo nous rappelle que nous sommes à la base créés à l'image de Dieu. Ainsi, pour trouver la Sainteté, nous n'avons rien à ajouter, car elle est là, en nous, c'est notre vraie nature, mais nous avons plutôt à enlever ce qui la recouvre. Le but de toute pratique chrétienne est donc de nous amener à remettre sans cesse ces péchés à Dieu pour qu'il les purifie au feu de sa grâce et nous en libère définitivement, car eux seuls nous éloignent de Lui. « Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu » dit Jésus.

 

La résurrection de la chair : Elle fait référence à la résurrection de Jésus puis à celle de la Vierge Marie qui ont vu leur corps de chair transformé en lumière et participer ainsi à l'état de divinisation.

En disant « Je crois à la résurrection de la chair », nous devons nous rappeler que notre corps n'est pas l'ennemi de la vie divine, mais qu'il doit aussi y participer et être intégré à notre chemin de sainteté. Le chrétien ne se bat pas contre son corps pour donner la victoire à son esprit : il œuvre afin d'unir son corps et son esprit. Il ne cherche pas à s'élever vers Dieu en rejetant son corps : il fait de son corps le temple de Dieu.

 

La vie éternelle : Qu'est ce que cette vie éternelle que Jésus nous promet à la condition que nous le suivions, alors que par ailleurs l'enseignement chrétien et Jésus lui-même nous disent que quoi qu'il arrive, qu'elle ait cherché et trouvé le chemin de la lumière ou qu'elle se soit égarée, toute âme est éternelle ?

Je crois que la vie éternelle que nous propose Jésus, nous pouvons aussi la vivre dans cette vie, en demeurant à chaque instant dans la profondeur de notre être même, dans la communion avec Dieu. De cette manière, nous pouvons, tout en continuant à vivre les évènements de notre vie de tous les jours, demeurer dans une paix et une plénitude de vie inaltérable, quels que puissent être les états physiques ou psychiques qui nous traversent.

C'est que l'on appelle vivre de la vie de l'esprit, qui est le centre de notre être, et qui est éternellement présent recevant les vertus et les dons de Dieu, quel que soit le temps, le lieu ou les circonstances extérieures ou intérieures (les pensées, émotions, et sensations de notre âme).

 

On voit donc ici que ces trois derniers articles du Crédo concernent notre sanctification au niveau des trois aspects de notre être : le corps (la résurrection de la chair), l'âme (la rémission des péchés) et l'esprit (la vie éternelle).

Et c'est effectivement dans l'ordre présenté par le Crédo que cette sanctification peut avoir lieu : il s'agit tout d'abord de purifier notre âme, puis d'incarner pleinement dans notre corps et nos actions notre vie spirituelle. Enfin, ayant complètement purifié notre âme, et l'ayant pleinement manifestée dans notre corps, la Grâce de Dieu transcende notre humanité, tout en la conservant, et nous fait accéder à cette vie de l'esprit qui est la vie divine.

 

Amen.

Partager cet article

Repost 0
Published by Ananie - dans Textes
commenter cet article

commentaires