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  • : Ananie
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  • : Ce blog a pour but de présenter une vision spirituelle de la tradition chrétienne
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 16:14

Notre habitude humaine nous entraîne à chercher le bonheur dans des objets extérieurs : dans les possessions matérielles, les connaissances, la reconnaissance, le pouvoir... Or tous ces objets vont et viennent, ce qui fait que lorsque nous plaçons notre bonheur en eux, il est impossible que celui-ci soit durable.

Dans ce mode de fonctionnement, nous vivons une insatisfaction permanente (parfois subtile, parfois plus intense) : quand nous ne possédons pas l'objet de notre désir nous sommes frustrés, quand nous le perdons nous en souffrons et quand nous le possédons, nous ressentons d'une part qu'il nous manque quelque chose pour que notre bonheur soit complet et d'autre part que nous sommes dans l'angoisse à l'idée de perdre cet objet.

Ainsi nous en arrivons même à ne presque plus pouvoir jouir des objets après lesquels nous courrons.


Pour ceux qui ne se contentent pas de ce bonheur en alternance les différentes voies spirituelles proposent un chemin pour trouver le bonheur là où il ne pourra nous être enlevé, c'est à dire en nous-mêmes, dans notre nature profonde.

Dans le langage d'une voie comme celle du Christ, on dira que cette nature profonde est ouverture à Dieu, qu'elle est une avec Lui et que c'est Sa grâce qui nous comble d'un bonheur qui dépasse tous ceux que nous connaissons.

Pour accéder à cette Grâce, il faut que notre conscience soit réceptive, disponible, et ce qui l'en empêche c'est qu'elle passe son temps à se focaliser sur des objets extérieurs, croyant trouver en eux sa plénitude. Cela ne veut pas dire que nous devons rejeter ces objets, mais qu'il s'agit de ne pas en être dépendant, c'est à dire de ne pas placer tout notre bonheur en eux mais plutôt de les voir comme secondaires ; ainsi notre conscience ne sera plus obnubilée par ces objets et demeurera réceptive à la Grâce.

Voyons cela à l'aide d'une comparaison : On peut imaginer notre psychisme comme une lentille placé devant une ouverture par laquelle passe la lumière divine. Lorsque cette lentille laisse passer la lumière, celle-ci nous donne sa chaleur et éclaire toutes les situations de notre vie, ainsi elle nous procure le bonheur. On pourrait même dire que la substance de cette lumière est, en elle-même, bonheur.

Imaginons maintenant que nous nous attachions à un objet extérieur : l'objet en question s'imprime alors sur la lentille, et plus nous sommes dépendants de cet objet, plus son image devient dense, foncée et occupe de la place sur la lentille, jusqu'à empêcher la lumière de passer au travers, nous enlevant ainsi le véritable bonheur.

Que se passe t'il maintenant si nous jouissons des objets extérieurs sans être enchainés par eux : l'objet dont nous jouissons se dessine sur la lentille, mais comme notre conscience ne cherche pas à se l'approprier et à le faire durer au delà de l'instant où nous en jouissons, le dessin laissé sur la lentille est petit et transparent, de fait, il laisse passer la lumière. Ainsi, lorsque nous jouissons des bienfaits de la création sans en être dépendant, nous pouvons percevoir la lumière divine au sein même de ces objets et nous demeurons ainsi en présence de la Grâce quels que soient les conditions extérieures.

Il faut également faire attention à ne pas rejeter, sous prétexte de détachement, les objets extérieurs, car le rejet créé lui aussi une forme opaque sur la lentille de notre âme : au lieu d'être accaparée par l'attachement à un objet, notre conscience est focalisée sur le rejet de cet objet, et de la même manière, elle se ferme à la Grâce divine.


Les péchés capitaux sont les sept modalités érronées par lesquelles nous recherchons le bonheur dans les objets extérieurs.

Il sont dit capitaux non dans le sens où ils sont les plus graves mais dans le sens ou ils entraînent tous les autres, car sous l'impulsion de ces péchés, nous sommes prêts à nuire aux autres pour obtenir ce que nous voulons. N'oublions pas qu'un péché est un « pas de travers » qui nous écarte de notre nature profonde qui est divine et qui a pour loi l'amour.

Lorsqu'ils seront purifiés en nous alors toutes nos paroles, pensées et actions seront dirigées par l'amour et nous conduiront au Bonheur.


L'orgueil : Ici, l'objet extérieur à notre nature profonde dans lequel nous croyons trouver le bonheur, c'est notre moi. Nous croyons qu'en valorisant ce moi nous serons heureux : ainsi nous refusons de reconnaître nos défauts (ce qui nous permettrait de nous purifier et de nous ouvrir davantage à la Grâce divine), nous cherchons sans cesse à nous mettre en avant face aux autres, ou à nous valoriser par tous les moyens à nos propres yeux.

En fin de compte, en y regardant de plus près, nous pouvons nous rendre compte que ce fonctionnement nous apporte beaucoup plus de tensions et de souffrances que de bien être.

Ce péché est la racine de tous les autres, car les autres péchés viennent du fait que nous avons un moi à combler, à remplir, à satisfaire. Un Saint place son existence véritable en Dieu (au delà de son corps et de son psychisme qui constituent son moi), ainsi, son moi devient secondaire... on peut comparer le moi à un vêtement : si nous comprenons que nos vêtements nous recouvrent mais ne sont pas ce que nous sommes, alors cela n'a aucun sens de sur-valoriser ces vêtements ou de s'offusquer lorsqu'on les critique. Nos actions ne visent plus à mettre en valeur nos vêtements mais ce que nous sommes. De même toutes les paroles, pensées et actions d'un Saint ne servent plus son moi, mais Dieu et tout ce qui existe, car Dieu est l'Être de tout ce qui est. De plus, comme l'être véritable de toute créature est le même, il n'y a plus de comparaison possible, d'être supérieur ou inférieur.


L'avarice : Ce que désigne l'avarice serait mieux rendu par le terme de cupidité ou d'avidité. Ici nous croyons trouver le bonheur dans la possession. Cette possession peut s'exprimer par de l'avidité par rapport à des objets, mais aussi par rapport à des connaissances, à des relations, à des expériences spirituelles...etc. Le fait de placer notre bien être dans ces objets engendre tensions et souffances : nous sommes perpétuellement insatisfait car ce que nous avons ne nous comble jamais, nous en voulons toujours plus, incapables, à cause de notre soif intarrissable, de profiter véritablement de ce que nous avons déjà.


La gourmandise et la luxure : Ici nous recherchons un Bonheur permanent dans les plaisirs du corps. Mais ils ne faut pas comprendre, comme l'ont parfois enseigné les chrétiens, que ces plaisirs sont mauvais en eux-mêmes : c'est notre dépendance par rapport à ces plaisirs qui peut nous être nuisible ou nous amener à nuire aux autres. L'important est que ces plaisirs occupent leur juste place : il est légitime d'en jouir, mais ils ne doivent pas être confondus avec le véritable Bonheur qui est de recevoir la lumière de Dieu et donc de vivre selon la loi d'amour. Le plaisir du corps n'est pas un problème, du moment que nous sommes capables de faire passer la recherche de Dieu et le bien d'autrui avant notre plaisir : ainsi nous pouvons jouir de ce qui se présente à nous, et lorsque dans une situation, faire notre bien et celui d'autrui (ou dit autrement : faire la volonté de Dieu) implique que nous laissions de côté notre plaisir, nous sommes capable de le faire.

On ne pêche pas en jouissant du plaisir, on pêche quand nous nous nuisons à nous-mêmes ou nuisons aux autres lorsque nous sommes esclaves du plaisir et prêts à tout pour l'assouvir, même à aller à l'encontre de notre nature profonde qui est à l'image de Dieu.

Par rapport au péché de luxure, gardons bien à l'esprit que la vie en Dieu n'obéit pas à d'autre loi que celle de l'amour. La loi naturelle, qui est celle des animaux, est la loi du plus fort, la loi des instincts, et elle ne peut donc pas nous servir de référence à nous qui sommes des êtres spirituels. Parfois nous voudrions nous rassurer, en codifiant la vie en Dieu, comme si elle pouvait être une loi mathématique réglant notre attitude extérieure : « ça c'est naturel, c'est bien, ça ce n'est pas naturel, ce n'est pas bien ». Mais la vie en Dieu est intérieure, et la seule chose qui doit nous servir de référence par rapport à la conduite que nous devrions tenir c'est de voir si cette conduite favorise ou non la présence de l'amour et de la bienveillance dans notre conscience.


L'Envie : L'Envie, dans le sens de jalousie, découle des quatres premiers péchés capitaux. On est envieux d'autrui parce que l'on est pas reconnu comme lui (ce que recherche l'orgueil), parce que l'on a pas ce qu'il a (avidité), ou que l'on ne jouit pas autant que lui de mets raffinés ou de belles compagnies (gourmandise, luxure).


La Colère : Elle découle des péchés précédents. En effet, la colère cache toujours un désir frustré... désir de reconnaissance, d'avoir, de nourriture, de sexe, désir d'avoir plus que l'autre.


La Paresse : Le péché de paresse n'est pas à entendre dans le sens usuel. La paresse dont on parle ici peut très bien s'exprimer par une hyper-activité : elle consiste à ne pas pratiquer sa spiritualité, à ne pas se poser pour se recentrer sur soi, s'observer et prier. Elle découle des péchés précédents, car lorsque nous sommes envahis par ces péchés, nous en oublions que le but de notre vie ne consiste pas à faire grandir notre moi en nous remplissant des choses extérieures, mais à entrer de plus en plus profondément dans la vertu.



Il ne faut pas se leurrer, nous portons tous ces sept péchés capitaux, et c'est quand nous les décelons en nous que nous commençons à nous en libérer : plus la lumière entre en nous, et plus nous percevons nos ombres. Celui qui se voit illuminé est dans l'obscurité et s'aveugle avec le moindre rayon de clarté qui perce dans ses ténèbres ; celui qui voit apparaître toutes les taches de son âme c'est au contraire parce qu'il est en pleine lumière.




Dans notre vie, nous sentons parfois qu'aucun objet extérieur ne peut nous combler véritablement. Cela est du au fait que ce que nous cherchons sans le savoir, c'est l'amour de Dieu ; et il n'y a aucune différence entre recevoir l'amour de Dieu, aimer Dieu et aimer tous les êtres de manière inconditionnelle. C'est une seule et même chose.

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Published by Ananie - dans Textes
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