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  • : Ce blog a pour but de présenter une vision spirituelle de la tradition chrétienne
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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 11:35

Pour le croyant, prier la Vierge Marie c'est demander sa bénédiction. Et par cette bénédiction, ces grâces qu'elle déverse, elle éveille en nous ce qu'elle représente, elle dévoile dans notre esprit les qualités, l'état d'être dont elle est porteuse, dont elle est la représentation. Elle nous rend semblable à elle.

De ce point de vue, peut importe que la Vierge Marie ait été vierge ou non, l'important ce n'est pas la réalité historique, c'est ce que représente cette virginité, l'enseignement qu'elle nous communique: Marie c'est celle qui n'a pas été fécondée par l'homme (symboliquement par l'esprit de l'homme, centré sur l'égo), afin d'être disponible pour Dieu. Elle est pure, Vierge comme une terre où tout reste à planter. Elle s'est dépouillée afin que sur cette terre, aucune mauvaise herbe de la volonté humaine ne vienne nuire au jardin planté par Dieu. Elle est « la servante du Seigneur », prête, quoi qu'il arrive à accepter Sa Volonté, même si elle ne la comprends pas et la croit impossible à réaliser comme lorsqu'elle accepte d'être fécondée par l'Esprit Saint et de donner naissance au « Fils du très Haut » en disant à l'Ange Gabriel « qu'il en soit fait selon ta parole » (annonciation); comme également lorsqu'elle dit aux serviteurs aux noces de Cana, en parlant du Christ: « tout ce qu'il vous dira faites-le ». Elle se vide de sa volonté propre, ou tout du moins la met entre parenthèse, afin d'être complètement réceptive à la volonté de Dieu car elle a confiance en le fait qu'elle sera transformée par Dieu et voudra ce qu'il veut pour son plus grand Bonheur et celui des êtres qui voudront bien le recevoir.

 

La Vierge Marie nous invite à nous dépouiller de nos vieux schémas, à mettre entre parenthèses nos projets, nos conceptions, nos attentes, notre personnalité telle qu'elle est actuellement, tout ce que l'on s'était construit pour accepter d'être fécondé par l'Esprit Saint qui fera naitre en nous un homme nouveau, Divin, dont la plus grande joie sera de servir les autres, de même que la Sainte Mère à donné naissance au Christ pour le salut du monde.

Lorsque l'on prie Marie, c'est parce que l'on s'est rendu compte qu'avec notre façon de faire habituelle, c'est à dire de chercher le Bonheur à l'extérieur de nous-même, née du fait que l'on s'est laissé fécondés par l'esprit des hommes, nous ne trouvons pas le Bonheur, nous ne sommes pas pleinement comblés... Alors on accepte de remettre tout cela en question, de s'ouvrir aux voies divines, de reconnaître que la Volonté de Dieu nous dépasse, et qu'elle seule peut nous conduire à ce Bonheur dont on ne connait pas le chemin; on va ainsi devenir vierge et réceptif pour se laisser imprégner, façonner par l'Esprit de Dieu, on pourrait presque dire par « l'état d'Esprit Divin », qui va peu à peu travailler en nous pour nous conduire à la plénitude, à la richesse intérieure.

C'est le sens des mots « priez pour nous pauvres pécheurs » que l'on retrouve dans l'Ave Maria. Par ces mots on se déclare pauvre intérieurement parce que l'on est pas dans la Lumière de Dieu.

Quand au sens premier du mot péché, il s'agit de « faire un pas de travers », « marcher à côté », à côté de notre propre chemin, de notre véritable nature qui est Divine. Cette notion de péché ne devrait pas induire en nous de culpabilité, car le péché n'attire pas la punition d'un Dieu qui nous inflige de la souffrance lorsque nous ne faisons pas ce qu'il veut. Le péché est cause de souffrance en lui-même car en nous éloignant de Dieu nous nous éloignons de notre véritable nature et on ne peut pas être heureux si l'on est en désaccord avec notre véritable nature. Quelque part la volonté de Dieu c'est aussi notre volonté, au plus profond de nous-même.

La Vierge Marie est la « mère de Dieu » et si nous la prions régulièrement, nous deviendrons à notre tour une mère pour faire naitre Dieu en nous: nous créeront un espace dans notre être afin d'accueillir l'Esprit Saint qui permettra la naissance du Christ à l'intérieur de nous.

C'est pour cela que la Vierge Marie est l'exemple de la vraie dévotion, l'Arche d'Alliance, la porte du Ciel.

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 11:33

Selon de nombreux auteurs chrétiens, l'ancien testament ne doit pas être lu comme un récit historique, même s'il peut parfois comporter des évènements qui ont réellement eu lieu. Les récits bibliques sont avant tout des enseignements: des mythes. Pas des mythes au sens où ils sont complètement fantasmagoriques, mais des mythes au sens où C.G.Jung l'entend, c'est à dire des récits mettant en scène de grands symboles de l'inconscient collectif qui sont fait pour structurer la conscience de l'homme, l'harmoniser, l'éveiller.

Dans l'histoire de la chute, cela n'a pas vraiment d'intérêt de considérer Adam et Eve comme le premier homme et la première femme ayant engendré l'humanité et étant responsables de l'exil de l'homme du Paradis. Rien ne nous permet de vérifier qu'il s'agisse d'un événement qui se serait réellement passé. Cet événement biblique est à mon avis plutôt à considérer d'un point de vue intérieur et actuel: il décrit se qui se passe en nous à chaque fois que nous 'désobéissons' à Dieu, c'est à dire à chaque fois que nous nous écartons de l'Amour et de notre nature profonde. Et ce qui se passe en nous, nous n'avons pas besoin d'y croire, nous pouvons le constater, l'expérimenter par une introspection.

Le péché originel ce n'est pas le premier péché dans le temps, c'est le premier péché en tant qu'origine de tous les autres; c'est une manière de fonctionner qui est le fondement, la base de tous les péchés. Chacune de nos actions, paroles, pensées opposées à ce que voudrait l'Amour est une conséquence d'une motivation intérieure symbolisée par la tentation du serpent: notre personnalité (symbolisée par Eve), se laisse séduire par un instinct d'appropriation (le serpent qui enserre) et son attention s'oriente alors uniquement sur l'aspect extérieur et matériel des choses (le serpent qui rampe ventre à terre). Dans un tel état d'esprit, elle ne détermine plus ce qui est bien et mal en fonction de l'Amour, mais en fonction de cet instinct de possession; elle détourne à son compte la connaissance du bien et du mal (Eve mange du fruit de l'arbre de cette connaissance dans l'Eden).

Ce récit nous enseigne que pour ne pas pécher, nous devons laisser Dieu déterminer ce qui est bien et mal, c'est à dire nous demander en tous temps ce que veut l'Amour et ce qui serait le bien de tous (nous y compris, mais pas seulement nous). Suivre la Volonté Divine, ne pas pécher c'est cela: déterminer ce qui est bien et mal de manière absolue, en fonction du bien ultime, du bonheur de toutes les personnes concernées et non pour satisfaire notre instinct de possession, qu'il s'agisse de possession de biens, de renommée ou de pouvoir.

Car si nous suivons ce serpent, cette conscience qui ne voit les choses qu'en fonction de ce que notre égo va y gagner, nous entrainerons aussi dans cette chute notre dimension spirituelle (symbolisée par Adam), et nous serons chassés du Paradis, c'est à dire que nous ne serons plus dans cet état de conscience qui amène le Bonheur grâce au fait qu'il est centré sur l'Amour.

 

Il ne faudrait pas comprendre ici que notre personnalité humaine, ou que nos instincts, représentés par Eve et le serpent dans cette interprétation, sont mauvais. Tous les aspects de notre être sont des créations de Dieu (comme toutes les créatures du jardin d'Eden) et ne peuvent donc être foncièrement mauvais, mais du fait de notre libre arbitre, ils peuvent tous être utilisés de manière soit constructrice, soit destructrice. Notre travail consiste donc à nous ouvrir à la Grâce Divine afin que tous ces aspects soient peu à peu pénétrés puis dirigés par l'Amour; alors notre conscience se retrouvera de nouveau dans l'Eden.

 

Note par rapport à la symbolique de l'homme et de la femme: Saint Augustin a dit « Ce mot chair est donc employé pour désigner la femme, de même que le mot esprit est quelquefois mis pour désigner le mari. » On peut en déduire que cela marche aussi dans l'autre sens: femme pour désigner chair et homme pour désigner esprit. On retrouve aussi ce symbolisme dans l'interprétation du Cantique des Cantiques par les mystiques chrétiens: la fiancée (féminine) est notre personnalité, qui doit s'unir à son bien aimé Divin (masculin). Ainsi la femme représente notre personnalité humaine, (la chair dans le langage chrétien) tandis que l'homme est en rapport avec notre partie spirituelle, reliée à Dieu. C'est pourquoi aussi on retrouve dans la bible la métaphore que la femme doit obéir à l'homme, c'est à dire que notre personnalité, notre chair, doit obéir à notre esprit (même si cela à parfois été pris au pied de la lettre par certains que cela devait arranger...).

 

Petit exercice: Si Eve représente, dans le récit de la chute, la personnalité qui se détourne de la Volonté Divine, la Vierge Marie quand à elle peut représenter la personnalité qui dit « oui » à l'Amour, aux plans Divins. Elle est celle qui foule aux pieds le serpent, ce même serpent qui avait tenté Eve. On peut donc régulièrement se la représenter foulant le serpent, s'imprégner de son image, et la prier pour se placer dans l'état d'esprit où nous pourrons, à chaque instant, faire « ce que veux l'Amour » pour le bien de tous.

 

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 11:31

La plupart du temps, le langage biblique est un langage symbolique. Ainsi, les notions de colère ou de chatiments de Dieu sont des images, qui étaient peut être adaptées à l'esprit des hébreux aux temps où elles étaient utilisées mais qui aujourd'hui peuvent être mal interprétées : de ce langage imagé, on tire parfois l'idée que Dieu punit ceux qui ne font pas ce qu'il veut.

Nous sommes en présence de Dieu et nous suivons ses commandements lorsque nous vivons selon l'Amour et que nous sommes en accord avec notre nature profonde. Ainsi nous attirons les bénédictions divines; en d'autres termes, nous sommes réceptifs aux énergies divines car nous sommes en résonnance avec elles. Ces énergies divines nous transforment et rétablissent l'harmonie à l'intérieur de nous-mêmes et en conséquence nous créons aussi l'harmonie dans notre vie extérieure.

Par contre lorsque, ne vivant plus selon l'Amour, nous cherchons à combler un vide intérieur en essayant de prendre le pouvoir sur les autres, d'accumuler de plus en plus de possessions matérielles, ou d'attirer sans cesse l'admiration de ceux qui nous entourent, nous vivons dans une insatisfaction permanente, nous ne sommes plus en accord avec notre nature et nos désirs profonds, et comme notre état intérieur se répercute à l'extérieur, nous créons des difficultés dans nos vies.

La colère de Dieu, c'est en fait l'état de disharmonie qui résulte du fait que nous nous sommes nous-mêmes séparés de Lui. Et les conséquences négatives de cette séparation n'ont rien à voir avec l'action de Dieu : la disharmonie est justement là parce que nous ne laissons plus Dieu agir en nous et dans notre vie; le malheur est par définition là où il n'y a plus accord avec Dieu car Dieu est Bonheur.

Ainsi dans les textes bibliques, à chaque fois que Dieu punit quelqun ou un peuple parce qu'il n'obéit pas à ses commandements, cela veut dire que la personne ou le peuple se retrouve dans un état intérieur qui est exprimé métaphoriquement par la colère de Dieu et la manière dont elle s'exprime. On retrouve entre autres cette idée chez Saint Augustin quand il dit: « Cette colère de Dieu pourrait fort bien se dire encore des ténèbres de l’esprit qui envahissent tout infracteur de la loi de Dieu. »

Prenons un exemple:

Dans Esaïe (chap 5, v 1 à 6), Dieu a planté une vigne que l'on peut ici comparer à tout homme. Cet vigne, cet homme, a été placé dans les meilleures conditions pour produire de bons fruits, fruits qui sont de l'amour et de la bonté pour lui-même et les autres. Mais cet homme s'est détourné de Dieu et a produit de mauvais fruits, et voici ce qui lui arriva :

« Et maintenant, que je vous apprenne ce que je vais faire à ma vigne!

en ôter la haie pour qu'on vienne la brouter, en briser la clôture pour qu'on la piétine;

j'en ferai un maquis : elle ne sera ni taillée ni sarclée, ronces et épines y croîtront, j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie. ».

Ainsi, en l'homme qui n'est plus en présence de Dieu, s'installe le chaos, la disharmonie.

La haie et la cloture peuvent représenter la différenciation entre ce qui est vraiment en accord avec notre nature profonde et ce qui ne l'est pas. Elles sont enlevées chez celui qui n'est plus avec Dieu et il est envahi par ce qui lui est étranger et qui lui nuit (on broute cette vigne, on la piétine).

La vigne n'est plus taillée et sarclée, c'est à dire que l'homme n'est pas régulièrement réajusté, réharmonisé, et ses pulsions négatives intérieures l'envahissent et l'étouffent (les ronces et épines y croissent).

Enfin, il n'est plus réceptif aux grâces divines qui pourraient le nourrir et le faire croître (la pluie ne tombe plus sur la vigne).

Toutes ces conséquences sont dues au fait l'homme s'est mis dans un état d'esprit au sein duquel il ne permet plus à Dieu, à l'Amour, d'agir en lui.

 

Petit exercice:

Afin de cultiver ou de retrouver notre état d'harmonie, nous pouvons nous représenter l'image symbolique utilisée par Esaïe, celle de la vigne placée dans les conditions idéales pour donner de beaux raisins (Esaïe chap 5, v1 et 2). Cette vigne représente l'homme saint (ou la femme sainte), et tous ses éléments symboliques que l'on va imaginer vont ramener en nous l'harmonie, car le langage des images permet d'éveiller certaines forces en l'âme de la personne qui les méditent.

La tour, au centre de cette vigne, est comme un pont qui relie le ciel et la terre, ce qui traduit l'union de la personne avec Dieu et sa capacité à recevoir les grâces et inspirations divines. Elle devra être imaginée en pierres, (qui sont des éléments naturels, créés par Dieu) mais pas en briques (façonnées par des hommes). En effet, alors que la tour en pierres représente une réceptivité de la personne à l'action de Dieu en elle (les forces de l'Amour qui peuvent la transformer), la tour de brique quand à elle rappelle la tour de Babel qui représente une tentative de l'humain de parvenir à sa sanctification en usant uniquement de ses propres forces (celles de la raison, de l'intelligence, de la volonté...etc) sans se rendre réceptif à la Grâce divine.

Quand au pressoir, il représente le travail qui se fait en la personne qui est en présence de Dieu: ses aspects grossiers, ses défauts sont purifiés (le marc est jeté), et d'elle est extraite la pureté, la quintessence (le jus de raisin qui donnera le vin qui est sang du Christ).

On pourra donc visualiser l'image suivante 5 min par jours, pendant au minimum une dizaine de jours et en vivant pleinement tous les ressentis que cela éveille en nous:

Une vigne de très bonne qualité, bien taillée et entretenue, plantée sur un coteau de montagne, dans une terre fertile, bêchée et débarrassée de ses pierres; avec une tour au milieu, un pressoir, entourée d'une haie et d'une cloture, arrosée de façon idéale par la pluie. Puis on peut imaginer que cette vigne donne de magnifiques grappes de raisins vermeils.

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