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  • : Ananie
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  • : Ce blog a pour but de présenter une vision spirituelle de la tradition chrétienne
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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 08:19

En tant que chrétien très interessé par le bouddhisme tibétain, et fréquentant des bouddhistes, j'admire depuis longtemps leur pratique de la dédicace.

Cette dédicace se fait à la fin de toute pratique spirituelle (méditation, récitation de mantra...), mais aussi suite à une bonne oeuvre (don à autrui, écoute et aide d'une personne en difficultés...). Elle consiste grosso-modo à dédier les bienfaits reçus par la pratique ou l'action positive pour le bonheur de tous les êtres sensibles et pour l'obtention de l'Eveil, état où l'être est pleinement heureux et dénué de tout égoisme quel qu'il soit.


Voici un exemple d'une de ces dédicaces :


Par cet acte positif, puissé-je obtenir la connaissance de toutes choses,
Vaincre les ennemis néfastes et libérer les êtres qui sont ballottées
Par les vagues de la naissance, de la vieillesse
Et de la mort dans l'océan des renaissances.

Avec une sagesse semblable à celle du héros Manjoushri
De la même manière que Samantabhadra,
En apprenant à la suite de tous ceux-là,
Je dédie parfaitement toutes ces vertus.

Par la bénédiction des Trois Corps du Bouddha,
Par la bénédiction de la vérité immuable du Dharma,
Et par la bénédiction de l'aspiration continuelle de la Sangha,
Puissent cette dédicace et ces souhaits s'accomplir tels qu'ils sont formulés.


(Notes explicatives :

Les ennemis néfastes sont intérieurs, ce sont nos propres tendances négatives.

Manjoushri est un être éveillé qui représente la perfection de la Sagesse et Samantabhadra la perfection de la pratique spirituelle.

Le terme Bouddha ne représente pas ici le Bouddha historique mais avant tout l'état de Bouddha.

Le Dharma est l'enseignement du Bouddhisme.

Le terme Sangha désigne l'ensemble des maîtres qui ont atteind l'Eveil.)


Cette pratique est très utile pour deux raisons principales :

  • Par le fait qu'elle dédie nos bonnes oeuvres et dévotions au bonheur de tous les êtres, elle permet de développer l'Amour du prochain et de minimiser quelque peu l'orgueil et l'avidité qui viennent se greffer sur notre pratique spirituelle (du genre : « moi je prie, moi je viens en aide aux autres, moi j'accumule des mérites... »). En effet, si l'on dédie tout ce que l'on gagne à pratiquer la vertu à tous les êtres, notre pratique prend une dimension beaucoup plus grande : elle n'est plus uniquement centrée sur nous même mais sert le bien de tous. De plus, cette dédicace nous délie en quelque sorte de la possession des bienfaits et vertus reçues.

  • Le fait de dédier notre pratique pour l'Eveil, ou en tant que chrétien pour notre sanctification (ou divinisation), permet de toujours garder l'objectif de l'union divine en ligne de mire. Car toute notre pratique spirituelle doit avant tout tendre à cela : faire de nous des Saints pour que nous puissions servir les autres en présence du Christ. En effet, même si un certain confort matériel est nécessaire à notre vie - et en cela, il est légitime de prier pour telle ou telle difficulté temporelle -, ce confort ne nous donnera jamais le véritable Bonheur que l'on ne peut trouver que dans l'union à Dieu. Prier avec une intention dirigée par notre volonté propre - qui ne veut que notre bien temporel -, au lieu de s'en remettre à la volonté de Dieu - qui veut nous sanctifier -, va même renforcer en nous l'égoisme et l'attachement aux choses d'en bas, et du coup, nous éloigner du Bonheur. Mais si nous dédions sincèrement à Dieu notre pratique pour la sanctification de notre âme, nous pouvons être sûr qu'elle nous installera peu à peu dans la vertu.


  J'ai donc cherché un équivalent de cette pratique de la dédicace dans le christianisme. Et avec l'aide de Dieu, j'ai fini par la trouver dans le 'Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge' de Saint Louis-Marie Grignion de Monfort. Ce grand Saint, dont toute la pratique était centrée sur la dévotion mariale, nous propose de remettre entre les mains de Marie toutes les bonnes oeuvres que nous accomplissons, et toutes les Grâces que nous recevons de Dieu, afin qu'elles servent à l'accomplissement de la Volonté Divine, pour nous et pour les autres.

  Il dit que cette pratique conserve, augmente, et embelli nos mérites (ce que disent également les bouddhistes à propos de leur dédicace), et que nous recevrons en retour de cette offrande des biens en ce monde et dans l'autre.


  Par rapport à l'orgueil et à l'avidité que l'on met très subtilement dans notre dévotion, Saint Louis-Marie dit : « Il n'y a aucune autre pratique que celle-ci par laquelle on se défasse facilement d'une certaine propriété, qui se glisse imperceptiblement dans les meilleures actions ». Il explique que par cette dévotion, nos bonnes oeuvres sont purifiées de toute souillure et de toute vanité et qu'elle constitue un « excellent moyen pour faire en sorte que la valeur de toutes nos bonnes oeuvres soit employée à la plus grande gloire de Dieu » car nous ne connaissons pas et parfois même ne voulons pas cette gloire alors que Marie, elle, la connait et la veut.



Pour pratiquer cette dévotion, on peut réciter cette courte prière à la fin de toutes nos pratiques chrétiennes :


Sainte Mère de Dieu, Vierge fidèle ! Fais de moi en toutes choses un parfait disciple, imitateur de la Sagesse incarnée, Jésus-Christ ton Fils, afin que j'arrive, par ton intercession et à ton exemple, à la plénitude du Saint Esprit.

Très Sainte Vierge Marie, je remets entre tes mains tous les bénédictions et toutes les Grâces que j'ai reçu par ces prières, afin que, par toi et selon ta volonté, elles servent la Gloire de Dieu et le Salut des âmes. Amen.


En fin de journée, avant de dormir, on pourra remettre toutes nos bonnes oeuvres à la Mère de Dieu, en récitant cette même prière, tout en remplaçant la dernière phrase par :


Très Sainte Vierge Marie, je remets entre tes mains tous les bénédictions et toutes les Grâces que j'ai reçu aujourd'hui par mes bonnes oeuvres, afin que, par toi et selon ta volonté, elles servent la Gloire de Dieu et le Salut des âmes. Amen.


Ici le terme « bonnes oeuvres » inclus les prières mais aussi tout acte, parole ou pensée motivés par l'amour du prochain.


On peut également commencer notre journée en récitant la Consécration à la Vierge Marie de Saint Louis-Marie Grignion de Monfort (cliquer sur le lien pour y accéder).



Pour purifier leur état d'esprit avant la méditation, l'écoute des enseignements ou les récitations de mantras, et l'orienter vers l'état d'Eveil, les bouddhistes récitent également une prière de refuge.

Un exemple de prière de refuge :


En le Bouddha, le Dharma, et la Noble Sangha,
Je prends refuge jusqu'à l'éveil.
Par le mérite qui résulte de ma pratique de la générosité et des autres Paramitas,
Puissè-je réaliser l'état de Bouddha pour le bien de tous les êtres.


(Note : Les 6 paramitas sont les six vertus transcendantes à pratiquer dans la vie quotidienne).



Pour nous chrétiens, il me semble également important, pour donner une direction juste à notre pratique spirituelle, de la commencer en récitant le Credo - qui résume toute la démarche chrétienne - et en renouvelant nos voeux de baptême pour se défaire des valeurs illusoires de notre égo :


Pour vivre dans la liberté des enfants de Dieu, je rejete le péché.

Pour échapper au pouvoir du péché, je rejete ce qui conduit au mal.

Pour suivre Jésus Christ, je rejete Satan qui est l'auteur du péché et je renonce à toutes ses oeuvres, à toutes ses pompes et à toutes ses séductions.



Je crois en Dieu le Père tout-puissant,
Créateur du ciel et de la terre,
et en Jésus-Christ Son Fils unique, notre Seigneur,
qui a été conçu du Saint Esprit,
est né de la Vierge marie,
a souffert sous Ponce Pilate,
a été crucifié, est mort, a été enseveli,
est descendu aux enfers ;
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux,
est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
d'où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois au Saint Esprit,
à la Sainte Église catholique
(ou Universelle),
à la communion des saints,
à la rémission des péchés,
à la résurrection de la chair,
et à la vie éternelle.
Amen.


 

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 14:12

Quand on lit les psaumes, d'un premier abord, il arrive que l'on se demande en quoi ils pourraient nous aider à marcher vers la sainteté. En effet, si l'on y trouve la louange et l'Amour de Dieu, la motivation à faire le bien et la confiance, on y rencontre aussi la guerre contre les ennemis et la destruction de ceux qui font le mal, ce qui est contraire à la Volonté de Dieu car Jésus dit lui-même que nous devons aimer nos ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent car notre Père qui est aux cieux fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons (Mt 5, 44-45).


Pour bien comprendre les psaumes, il faut savoir qu'ils parlent en images et que les combats présents dans ces louanges ne sont pas dirigés contre des ennemis extérieurs à nous-mêmes mais contre les facettes de notre âme qui s'opposent à la Volonté divine. On retrouve cette vision des choses dans la religion musulmane : pour les sages de l'Islam, la guerre sainte n'est pas une guerre à mener contre des ennemis extérieurs (à la manière des terroristes), mais c'est une guerre intérieure pour que, dans l'âme, le bien triomphe du mal, le croyant triomphe du non-croyant.


Les psaumes ont été écrits par plusieurs auteurs différents, et pourtant on les appelle « Psaumes du Roi David », ce qui peut être entendu dans un sens spirituel : David est le Roi d'Israël qui parvint à vaincre les peuples alentours, installant ainsi une ère de paix et de prospérité dans son royaume. Or, pour Origène et d'autres éxégètes, les différents peuples dont parlent la Bible peuvent être perçus comme différentes facettes de notre être (dans leurs interprétations de l'Exode par exemple, la sortie d'Egypte qu'effectue le peuple hébreu pour rejoindre la Terre Promise représente le chemin spirituel que parcourt celui qui se délivre peu à peu de l'esclavage que lui imposent les forces de son égo pour atteindre un état de conscience ou il est heureux et libre, en ce sens qu'il vit selon sa nature véritable en faisant la volonté de Dieu). Ainsi, en récitant les psaumes, on entreprend le travail du Roi David dans notre royaume intérieur pour purifier et unifier toutes les forces qui le composent et les placer dans la lumière divine afin de vivre le bonheur et la paix.


D'autre part, pour de nombreux Saints, dont Saint Augustin, on peut lire les psaumes comme s'ils étaient chantés par le Christ, et alors ceux-ci résument toute son action pour le Salut du monde. On peut également transposer cela à l'intérieur de nous : le Christ est le Fils de Dieu, l'homme pleinement unit à Dieu, et il demeure dans le coeur de tout homme. Ainsi, lorsque nous récitons les psaumes, c'est le Christ, le Fils de Dieu en nous, qui les récite depuis notre coeur pour accomplir dans le monde qu'est notre âme sont oeuvre de transformation, de purification.



Pour y voir un peu plus clair, voyons l'interprétation d'un psaume. Je précise que, comme pour toutes les interprétations des écritures, celle-ci n'est pas la seule valable car les écritures sacrés contiennent des mystères qui dépassent notre langage humain et que l'on a jamais fini de comprendre, ou d'interpréter.


On verra ici le psaume 137 (136) dont l'Eglise a oté les trois derniers versets pour sa lithurgie car jugés trop violents.

Les interprètes de la Bible TOB nous disent que ce psaume fait référence au 25ème chapitre du deuxième livre des rois qui raconte la chute de Jérusalem face à l'assault des Babyloniens.

Jérusalem, capitale de la terre promise du peuple d'Israël et lieu où se trouve le Temple dans lequel réside l'Arche d'Alliance, peut représenter l'âme de l'homme qui est éclairée et liée à la divinité. Babylone au contraire, construite par les hommes, est le lieu de leur décadence ; et elle va ainsi représenter le siège des forces de notre égo. Ainsi, sur le plan intérieur, dire que Jérusalem a été prise par les Babyloniens signifie que notre âme n'est plus en accord avec le divin et que notre être est désormais dirigé par notre égo qui choisit uniquement son confort personnel illusoire, au détriment de l'amour du prochain.

Cette situation peut concerner toute notre personnalité -parfois nous sommes complètement coupés de la lumière de Dieu- ou une partie de notre être : tant que nous ne sommes pas des Saints, cela veut dire qu'une partie de notre âme est captive des attachements de notre égo.

Les versets 1 à 6 décrivent l'état dans lequel nous nous trouvons lorsque notre âme est dominée par les ténèbres, ou l'état des parties de notre âme qui ne sont pas encore éclairées par la lumière de Dieu.


  1. Là-bas, au bord des fleuves de Babylone, nous restions assis tout éplorés en pensant à Sion.


Les eaux dans la Bible représentent souvent les impulsions du coeur, les désirs, les ressentis profonds qui habitent l'âme. Soit ce sont les eaux d'en haut et elles représentent la Grâce qui incite l'homme au bien, soit ce sont les eaux d'en bas qui représentent toutes les pulsions non purifiées de l'homme et qui le conduisent au péché. Les aspects de notre âme gouvernés par les forces de Babylones (le verset 3 nous montre que les babyloniens sont leurs « conquérants », leurs « ravisseurs ») sont assaillis par les désirs des choses extérieures et nous empêchent de trouver pleinement le bonheur dans un état de paix et de félicité intérieure. Ils sont générateurs d'une perpétuelle insatisfaction car aucun objet, aucune créature, ne peut satisfaire notre soif d'absolu.

Ces parties de notre être qui ne sont plus en harmonie avec Dieu sont « tout éplorés en pensant à Sion ». Or Sion est la montagne sur laquelle se trouvait le temple de Jérusalem ; la gravir signifit symboliquement élever son état de conscience pour parvenir à la communion avec Dieu dans le temple. Ainsi ce verset exprime la nostalgie de cet état de paix et de contentement qui se trouve au plus profond de notre coeur, là où notre être est en communion avec Dieu. Le fait d'être « assis » symbolise l'arrêt, car tout ce qui n'est pas harmonisé en nous freine notre âme dans le mouvement d'évolution auquel elle est destinée. Cette position assise peut également faire référence au fait d'être tourné vers les choses d'en bas plutôt que dressé, tendu vers le ciel.


  1. Aux saules du voisinage nous avions pendu nos cithares.


Ce verset signifie que les parties de notre être captives des forces égotiques ne prient plus, ne sont plus dans la louange de Dieu, dans la gratitude qui s'exprime naturellement chez celui qui est traversé par la Grâce.


  1. Là nos conquérants nous ont demandé des chansons, et nos ravisseurs des airs joyeux : « Chantez-nous quelque chant de Sion. »


On peut ici trouver curieux que les forces de l'égo, -selon cette interprétation-, incitent notre être à chanter « des airs joyeux », « quelque chant de Sion », c'est à dire veulent retrouver la véritable joie qui vient de Dieu. Mais en fait, toutes les forces présentes à l'intérieur de l'homme recherchent la joie, le bonheur... elles le font simplement de manière différente :

  • Quand nous sommes dans un mode de fonctionnement égoique, nous cherchons le bonheur dans les objets extérieurs, ce qui nous mène à un bonheur limité étant donné que nous ne pouvons jouir de ces objets que dans un temps limité.

  • Par contre, dirigés par l'Esprit Saint, nous cherchons le Bonheur dans la communion avec Dieu, c'est à dire dans notre être même, car Dieu est l'Être de tout ce qui est. Ainsi, par un cheminement certe plus long et qui demande plus d'efforts que la simple satisfaction immédiate, nous pouvons parvenir à un bonheur permanent car notre Dieu, l'Être, lorsque nous l'avons trouvé, rien ne peut nous l'enlever, pas même la mort.

On peut comprendre ici que les aspects sombres de notre âme ne sont pas à diaboliser : eux aussi cherchent le bien, mais ils s'y prennent mal ; ils s'agit surtout de les guérir et de les éduquer afin qu'ils se mettent de plus en plus à oeuvrer dans la bonne direction.


  1. Comment chanter un chant du Seigneur en terre étrangère ?


Ces aspects sombres sont en « terre étrangère », c'est à dire étrangers à leur nature véritable et ils nous empêchent de vivre et d'exprimer pleinement le « chant du Seigneur », la Grâce, qui amène la véritable joie.


  1. Si je t'oublie, Jérusalem, que ma droite oublie... !


Tout ce qui, en nous, oublie Jérusalem, c'est à dire le lieu de la présence de Dieu, nous empêche d'exprimer la Volonté Divine dans le monde (notre « droite » peut représenter notre pouvoir d'action dans le monde) ; ce qui montrent que nous devons avant tout chercher à rétablir en nous-mêmes l'harmonie avec Dieu, car si cette harmonie n'est pas dans notre être intérieur alors aucune de nos paroles ou de nos actions ne le sera, quoi que l'on fasse.


  1. Que ma langue colle à mon palais si je ne pense plus à toi, si je ne fais passer Jérusalem avant toute autre joie.


Sur cette expression « Que ma langue colle à mon palais », un prêtre catholique m'a expliqué que l'on peut y voir une méthode comme dans les techniques orientales où le yogi en méditation colle la langue à son palais pour rétablir en lui-même une circulation énergétique harmonieuse. On peut également dire que cette expression traduit l'incapacité de louer véritablement Dieu et de parler selon Sa Volonté lorsque notre conscience n'est pas en sa présence.


  1. Seigneur, pense aux fils d'Édom, qui disaient au jour de Jérusalem : « Rasez, rasez jusqu'aux fondations ! »


On peut dire qu'ici nous faisons appel à Dieu pour qu'il nous montre à quel moment nous avons chuté, de quelle manière nous nous sommes éloignés de Lui, comment les forces de babylone, en nous, exercent leur pouvoir.

Les parties egoiste de notre âme voudraient nous débarrasser de notre conscience divine qui les gènent, en la détruisant jusqu'à ses fondations. Ce qui n'est pas faisable puisque ces fondations sont notre essence même... Par contre le psalmiste retourne ici cet appel contre les forces du mal qui sont en lui, pour qu'elles soient purifiées jusqu'à leur racine, jusqu'à leur origine ; ce qui est tout à fait possible puisque, comme le dit Saint Augustin, le mal n'existe pas en lui-même, il est une déformation du bien.

Ce psaume est construit sur le modèle de nombreux autres : D'abord il exprime l'état de celui qui s'est perdu, qui s'est éloigné de la lumière, puis il appelle à la purification, par l'action de Dieu (ce que l'on va voir dans les versets suivants). Cette manière de faire suit en fait les étapes que l'on doit suivre pour être purifié d'une tendance négative : d'abord la reconnaître en nous, ne pas la nier, ne pas la refouler, puis la placer devant Dieu et faire appel à sa Grâce, à l'énergie divine. Bien sur, la première de ces étapes est parfois douloureuse, -dans le sens ou une émotion négative n'est pas agréable à ressentir et dans le sens ou le fait de voir un de nos défauts écaille la belle couche de verni dont nous nous sommes recouverts par orgueil- mais sans passer par elle aucune purification n'est possible. Pour purifier l'orgueil par exemple on doit commencer par le reconnaître en soi, le regarder bien en face, le ressentir, voir comment il s'exprime dans notre vie, accepter qu'il soit là et qu'il ne va pas forcément partir tout de suite... Parfois nous hésitons aussi à ressentir nos aspects sombres par peur qu'ils se mettent alors à nous dominer ; mais c'est tout le contraire qui se passe : plus un de nos travers est conscientisé et moins il peut nous diriger.


  1. Fille de Babylone, promise au ravage, heureux qui te traitera comme tu nous as traités !


La fille de Babylone est la partie de notre conscience issue de la domination de notre personnalité par l'égo. Ce verset est donc un appel à la purification afin que la Grâce nous libère des obscurcissements générés par nos désirs égoïstes.


  1. Heureux qui saisira tes nourrissons pour les broyer sur le roc !


Ce verset, en apparence cruel, nous invite en fait à nettoyer dès leur apparition, tous les rejetons de cette manière égoïste de fonctionner : nous devons briser nos mauvaises pensées tant qu'elles sont comme des nourrissons, avant qu'elles ne grandissent et ne deviennent plus difficiles à déraciner de notre être. Le psaume nous invite à les briser sur le roc qui est Dieu. En effet, on voit par exemple au verset 32 du psaume 19(18) : « Qui donc est le Roc hormis notre Dieu ? ».

Pour le chrétien, le Christ et son enseignement sont également le roc sur lequel il s'appui et qui sert de fondation à tout son être : « Ainsi tout homme qui entend les paroles que je viens de dire et les met en pratique peut être comparé à un homme avisé qui a bâti sa maison sur le roc ». (Mt 25, 24).



On peut donc en déduire que ce psaume nous libère des forces de l'égo qui voudraient dominer notre âme afin de la replacer dans la lumière divine ou sa plus grande joie se trouvera dans un état de conscience conforme à sa nature profonde et imprégné de la présence de Dieu.


On voit donc ici que lorsque nous chanterons les psaumes, il faudra bien se garder de le faire en pensant aux ennemis ou aux incroyants extérieurs à nous mêmes. Car cela aurait pour effet de nous rendre impatients, intolérants et d'amenuiser en nous le feu de la Charité. Il faudra donc nous tourner à l'intérieur et c'est là que la grâce agira, par les psaumes, pour purifier peu à peu en nous toutes les forces qui s'opposent à Dieu.

Les psaumes pourront également être chantés ou récités pour le monde entier... Non pour lutter contre les personnes qui infligent de la souffrance aux autres mais pour purifier en eux et en tous les êtres toutes les tendances négatives. N'oublions pas cependant que s'il est salutaire que cette purification s'étende au monde, le premier pécheur dont nous devons nous préoccuper est celui que nous sommes.


Saint Benoit recommandait à ses moines de réciter tout le psautier en une semaine car ces 150 prières purifient tous les facettes de notre âme et constituent 150 vaccins que nous devons prendre régulièrement pour que le mal ne puissent plus nous contaminer. L'ensemble du psautier présente en effet des remèdes à toutes les tentations que nous pouvons rencontrer.

Si l'on choisi cette pratique de la récitation des psaumes on pourra donc réciter l'ensemble du psautier en 1, 2 ou 3 semaines, ou bien tous les mois, selon le temps que l'on souhaite y consacrer.

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 14:10

Aujourd'hui, nous occidentaux, avons souvent oublié le sens d'une véritable recherche spirituelle. Ne sachant plus comment chercher Dieu, ou n'étant pas prêts à faire de véritables efforts pour cela, nous pensons qu'être religieux c'est s'imprégner de croyances intellectuelles et construire autour d'elles tout un système pour les protéger dans notre tête.

 

 

Mais cela ne correspond en rien à une démarche spirituelle : c'est une démarche mentale. Car la Foi n'est pas une simple croyance intellectuelle, elle ne peut naitre que d'une véritable expérience intérieure de Dieu. Ceci explique pourquoi les théologiens chrétiens en font une des trois vertus théologales (théologale veut dire « qui vient de Dieu »), car l'homme ne peut la produire en usant de ses facultés psychiques, il la reçoit en s'ouvrant de plus en plus à la présence de Celui qui est au delà de tout ce qui peut être conceptualisé.

 


La croyance n'est pourtant pas à rejetter, elle a son utilité. Ainsi, dans la spiritualité orientale on accorde une certaine confiance aux enseignements des maîtres spirituels et aux Saintes Ecritures : ce qu'ils enseignent n'est pas sensé être assimilé par une confiance aveugle, mais sert à montrer une direction, un chemin. Celui qui est en recherche réfléchit à ces vérités, il y confronte ses propres opinions, les discute, et il cherche à les expérimenter, à les voir par lui même. C'est cette démarche qui accomplit en lui une profonde et progressive transformation.

Ce principe est également valable pour la spiritualité occidentale mais comme notre culture privilégie trop souvent l'intellect, nous avons parfois oublié que l'important en religion c'est l'expérience intérieure, car la vision des choses spirituelles dépasse tout ce que notre mental peut conceptualiser. Saint Augustin disait: « Je crois en ce que je ne connais pas pour connaître ce en quoi je crois ». Et le rôle de la croyance est là : c'est un moyen, non une fin. On peut accorder un certain crédit aux Saints qui ont une vision spirituelle, une expérience mystique que nous n'avons pas, mais il ne s'agit pas de s'arrêter là car si l'on se contempte de cette croyance, on risque de ne jamais être véritablement touché par le Divin.

Le chrétien ne doit pas abandonner sa raison et son expérience intérieure pour croire tout ce qu'on lui dit sans chercher à le vérifier; au contraire, il doit chercher à expérimenter ce qu'il a commencé à croire. Mais comme les choses spirituelles ne peuvent être appréhendées par les cinq sens, les sens utilisés dans l'expérimentation du chrétien sont ses sens intérieurs, et son expérimentation est sa pratique spirituelle par laquelle il se place dans la présence de Dieu. Ainsi, par exemple, il ne se contentera pas de croire que Dieu est Amour mais son assiduité dans la prière l'amenera, au fil du temps, à sentir, à vivre profondément cet Amour de Dieu dans tout son être, jusque dans son corps, et cette expérience lui donnera une connaissance véritable et certaine que Dieu est Amour.


De plus, le fait de trop s'accrocher à une croyance peut parfois être dangeureux: les fanatiques sont des gens qui s'accrochent de toutes leurs forces à de fragiles croyances, et pour les défendre, ils sont prêts à aggresser tous ceux qui ne pensent pas comme eux, verbalement ou même parfois physiquement. Au contraire quelqun qui a acquis une véritable Foi par l'expérience du Divin ne se sent pas en danger lorsque l'on ne pense pas comme lui, et il ne cherche pas à convaincre violement les autres que son point de vue est le meilleur.


Enfin, une croyance intellectuelle ne peut pas nous changer de l'intérieur comme le fait la Foi véritable. Car si la croyance implique uniquement notre intellect, l'expérience de Dieu, elle, nous imprègne de la Lumière Divine dans tous les plans de notre être: spirituel, intellectuel, émotionnel et corporel. Cette expérience s'intègre en nous et a le pouvoir de nous transformer, même si nous ne pouvons la comprendre et la définir clairement.


Nous devrions donc prendre exemple sur les premiers chrétiens qui ne cherchaient pas à croire en Dieu mais à le voir, qui ne se forçaient pas à se convaincre de l'existence de la Sainte Trinité mais à communier avec elle, qui ne se contentaient pas de répéter que Jésus est le Fils de Dieu mais qui voulaient intégrer profondément ce que cela signifie, par la proximité avec Lui.


Ainsi, lorsque lors de lectures de la Bible ou d'écoute d'enseignements religieux, nous recevons des vérités de la part des écritures, ou de l'Eglise, commençons par voir quel sens cela à pour nous, confrontons les arguments contraires qui sont en nous, discutons en avec d'autres personnes... Tout ceci sans rejeter ces vérités -car elles viennent généralement de personnes inspirées par Dieu, qui ont une meilleure vision que nous- et sans non plus les accepter d'emblée -car les Ecritures ont de nombreuses interprétations possibles et l'Eglise, même si le Christ l'habite, peut se tromper, elle l'a mainte fois démontré par le passé-. Dans cette étape de réflexion, on peut également demander à Dieu de nous éclairer, de nous révéler la vérité.

En plus de ces étapes d'étude et de réflexion -qui sont nécessaires pour préparer notre intellect à voir plus loin-, il est nécessaire de prier et de pratiquer la contemplation car les vérités spirituelles sont, encore une fois, au delà de l'intellect et il n'y a que dans contemplation que Dieu peut nous révéler ses mystères.

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 14:08

Toute voie spirituelle a pour objectif de nous faire parvenir à un état de perfection. Dans le christianisme cet état est appellé Sainteté, union à Dieu, ou divinisation. Donc si nous voulons avancer dans cette voie spirituelle, nous devons nous fixer cet objectif de parvenir à la Sainteté, c'est à dire un état ou nous serons pleinement unis à Dieu pour faire le bien de tous.

On peut illustrer cela par une comparaison:

Imaginons que nous ayons une voiture en mauvais état. Si nous voulons réparer cette voiture le mieux possible, avant même que commencent nos réparations, nous prendrons comme objectif à atteindre une voiture qui est en parfait état de marche, sans aucun défaut. Car si nous prenons comme but une voiture qui n'est qu'en partie en bon état, nous risquons d'une part de ne pas faire toutes les réparations possibles sur la notre, et d'autre part de l'abimer là où elle ne l'était pas en nous appuyant sur un mauvais exemple.

Il en est de même pour le cheminement spirituel: nous devons nous fixer comme objectif la sainteté pour parvenir au meilleur état possible de notre âme.

Mais cet objectif ne doit pas non plus constituer une pression. En fait il faut avoir un objectif le plus élévé possible pour ne pas se limiter et en même temps lacher prise sur le résultat : on fait notre maximum et on verra bien ce que cela donne.

L'objectif est surtout là pour donner une direction à notre travail spirituel, et c'est cette direction qui est très importante. En effet, l'orientation que nous donnons à notre esprit pendant notre pratique spirituelle conditionne les résultats que nous obtiendrons comme fruits de cette pratique. Si nous avons à l'esprit, pendant nos prières et méditations, un but limité, nous pouvons être surs que les fruits de notre pratique seront limités. Par contre, si nous orientons notre esprit vers un but ultime (la Sainteté), les fruits de notre pratique pourraient bien nous surprendre et dépasser ce que nos aurions pu espérer ou imaginer. Ne serait-il pas dommage de passer du temps à prier tout en limitant l'action de Dieu en nous ? Ce serait comme de dire: Seigneur, oeuvre en moi, transmet moi tes dons... mais pas trop ! Et souvent on veut se faire croire à soi même que cette attitude est un signe d'humilité mais en fait c'est de la peur : peur de lacher ce à quoi nous sommes habitués, même si ces habitudes nous font souffrir. Ce n'est pas être humble que de ne pas laisser la grâce divine oeuvrer en nous comme elle l'entend. Et de quoi avons nous peur ? De devenir trop bon ? Trop heureux ?

En demandant tous les jours à Dieu de faire de nous des Saints, de nous unir à Lui, pour que nous puissions faire le bien de tous, nous donnons une orientation à notre esprit, et nous nous mettons en accord avec la Volonté Divine, nous ne mettons plus de limites à son action en nous. Ainsi Dieu peut nous amener là où Lui il veut.

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 23:03

Dans cet essai je tente de montrer que les voies chrétienne et bouddhiste, même si elles conçoivent la spiritualité différemment, tendent ultimement à amener l'individu vers un même état d'être... Ma vision étant loin d'être celle d'un Saint ou d'un Bouddha et ma connaissance des voies spirituelles dont je parle n'étant pas celle d'un véritable enseignant de ces traditions, il est tout à fait possible que cet écrit contienne des imprecisions mais son but est seulement d'amorcer une possibilité de lien entre ces deux courants spirituels dans l'esprit de celui ou celle qui le lira.

Certains chrétiens pensent que le bouddhisme n'est pas une voie spirituelle mais seulement une sagesse, une philosophie de vie. Ceux-ci pourront lire par exemple le 'Livre tibétain de la vie et de la mort' de Sogyal Rinpoché ou 'Le Moine et le Lama' de Frédéric Lenoir (qui rapporte les entretiens entre un Abbé bénédictin et un Maître bouddhiste) pour se faire une idée de la véritable profondeur du bouddhisme tibétain.

 

On peut comparer les différentes voies spirituelles à plusieurs chemins qui montent sur une même montagne. Lorsque l'on commence à en monter un, on est d'abord entouré d'une dense forêt, avec peu de visibilité autour et si l'on ne veut pas se perdre, il faut bien regarder le chemin devant soi, ne pas le quitter des yeux.

Mais à mesure que l'on monte, la végétation se rarifie de plus en plus avec l'altitude (comme sur toute montagne) ; ainsi, on commence à voir un peu plus loin autour, entre les arbres, et on distingue d'autres chemins mais sans savoir jusqu'où ils vont. En continuant notre ascension, on finit par sortir de la forêt et percevoir, au loin, le sommet. Là, dans cette rare végétation d'altitude, on a une vue d'ensemble, et on constate que les chemins qui visent une pleine réalisation spirituelle, au delà de toute conception, croyance, ou élaboration mentale quelle qu'elle soit (comme dans le bouddhisme ou le christianisme des Pères et des Saints où l'on ne peut concevoir l'absolu ou Dieu) s'orientent tous dans un même sens. Ainsi, plus on se rapproche du sommet, plus on se rend compte que les différentes voies d'ascension s'y rejoignent... Et je suppose que lorsque l'on arrive tout près du sommet, il n'y a plus de chemin tracé.

 

Malheureusement, il nous arrive parfois de comparer notre voie spirituelle à une autre en pensant que cette première est la meilleure car menant à une plus profonde réalisation. Mais en fait, cela est très difficile de comparer des traditions différentes car celles-ci s'inscrivent dans des cultures bien spécifiques et il est impossible de vraiment comprendre une voie spirituelle sans être imprégné de la culture, de l'état d'esprit et de la philosophie dans laquelle elle s'inscrit.

 

Avant de comparer deux traditions spirituelles et de penser qu'elles ne mènent pas à la même réalisation il faut, à mon avis, répondre à certains critères :

  • Avoir étudié pendant plusieurs années les traditions dont on parle non seulement dans des livres mais surtout en ayant reçu de nombreux enseignements oraux de grands pratiquants de ces courants spirituels (certains prêtres, moines, lamas, swamis...) et si possible de plusieurs enseignants différents pour avoir plusieurs points de vue.

 

  • Avoir discuté avec ces enseignants pour vérifier si l'on a bien compris leurs enseignements.

  • Avoir suffisament pratiqué leurs méthodes spirituelles (méditation, prière...) pour les avoir ressenties de l'intérieur.

  • Avoir rencontré des personnes faisant partie de ces traditions et ayant atteind une certaine réalisation, un certain état de sainteté pour pouvoir pressentir ce qu'aucun mot, aucun concept, aucune compréhension même ne pourra jamais nous faire percevoir.

Et même en ayant rempli toutes ces conditions on n'aura qu'une connaissance approximative des voies spirituelles en question car toutes celles qui ont fait leurs preuves sont d'une profondeur insondable et une vie entière ne suffit parfois pas à faire le tour d'une seule de ces traditions.

Lorsque l'on pense que notre tradition est la meilleure je crois que l'on devrait se rappeler que tous les grands enseignements spirituels ont été donnés par des maîtres réalisés dont la conscience nous dépasse complètement, et qu'ils ont fait leurs preuves en produisant de nombreux saints (quel que soit le nom qu'on leur donne) n'étants pas plus grands dans une tradition que dans une autre.

Cela me paraît dommage de croire qu'il n'y a qu'une seule bonne manière de décrire la réalité car elle est au delà des mots et suivant le système de référence dans lequel on se place les mots pour la décrire pourront être complètement différents. De la même manière je crois qu'il est faux de penser qu'il n'y a qu'une voie qui puisse mener à l'Eveil, à la Sainteté, à l'union à Dieu car cet état est au delà de l'enseignement et de la pratique spirituelle quelle qu'elle soit.

 

Voyons donc, en gros, les conceptions bouddhistes et chrétiennes.

  • Les bouddhistes disent que nous avons tous la nature de Bouddha et que nous ne la réalisons pas parce que nous nous identifions à un moi qui est une illusion. Pour eux parvenir à l'état de Bouddha c'est se libérer de cette illusion d'être un moi séparé de ce qui nous entoure et se rendre compte que le Bonheur c'est d'agir pour le bien d'autrui.

  • Les chrétiens disent, quand à eux que nous sommes une création de Dieu et que pour parvenir à la sainteté nous devons unir notre moi à Dieu, de manière à ne faire qu'un avec lui. Ainsi Dieu pourra agir au travers de notre personne pour le bien de tous.

La principale différence apparente entre ces deux conceptions réside dans la place que ces courants spirituels donnent au moi : d'un côté on doit déjouer l'illusion d'être un 'je' séparé de ce qui nous entoure, et de l'autre on doit unir ce moi à Dieu. Bien sur il ne faut pas avoir une idée erronée de Dieu comme l'ont certaines personnes. Pour les auteurs chrétiens (Saints et Pères de l'Eglise), Dieu n'est pas un vieillard assis sur son nuage qui nous juge, nous récompense et nous condamne. Tous les maitres chrétiens et Jésus Christ lui-même, disent que Dieu et au centre de nous-mêmes et lorsqu'ils en parlent comme s'il était extérieur à nous c'est pour insister sur le fait qu'il est extérieur au moi car il transcende cette notion de moi (ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas en nous).

 

Il est vrai que notre conception de la spiritualité oriente notre travail spirituel et conditionne donc notre réalisation future... Ce qui pourrait impliquer que des conceptions différentes ne mèneront pas au même état spirituel. Mais une conception n'a de sens que dans un système de référence particulier. Ainsi deux conceptions différentes, mais s'inscrivant dans deux cultures différentes pourront tout à fait mener à la même chose.

On peut symboliser cela par une comparaison : deux personnes (qui peuvent représenter orientaux et occidentaux) sont dans une pièce (qui peut représenter la spiritualité) à deux endroits différents. Lorsqu'elles décrivent la pièce, si on les écoute de l'extérieur et que l'on compare leurs conceptions, il nous semblera que ces personnes sont dans une pièce différente : l'une dira que le bureau est à gauche et la porte en face et l'autre que le bureau est en face et la porte à droite. Mais en fait pour se rendre compte que ces deux personnes décrivent la même pièce, il faut se mettre à leur place et considérer que leur point de vue n'a de sens que si l'on se place à un endroit bien particulier de la pièce.

 

Ainsi, la plus grosse différence culturelle entre les occidentaux et les orientaux, l'écart entre 'leurs deux places dans la pièce' est constitué par leur manière de concevoir de ce que l'on est.

  • Quand les occidentaux parlent de ce qu'ils sont, de leur « je », celui-ci est défini, en gros, par leur corps, leurs émotions, leurs pensées. La voie chrétienne s'inscrit dans cette culture et se construit donc en la prenant en compte.

  • Les orientaux eux disent « je pense... je ressens... J'ai un corps » ; mais qui est ce « je » qui pense, qui ressens, qui a un corps ? Eux disent que l'illusion c'est justement de croire que nous sommes la pensée, les émotions, le corps alors que ce que nous sommes véritablement est la conscience qui perçoit tout cela. Et cette conscience n'appartiend pas à un 'je', elle imprègne tout. La voie bouddhiste elle part de cette conception.

 

Les orientaux peuvent concevoir le fait d'être, d'exister, sans avoir un moi ; ce qui est totalement étrangé à la pensée occidentale. Ainsi quelqu'un qui atteind l'état de Bouddha est dans un état qui n'a rien à voir avec un 'je'. Si l'on traduit les conceptions bouddhistes en langage chrétien, on pourrait dire que les bouddhistes disent (et plusieurs maîtres le disent effectivement) que notre véritable nature est Dieu. Ce qui semblera être une idée erronée pour certains chrétiens. Mais attention, un bouddhiste traduisant sa pensée en termes chrétriens ne dira jamais « je suis Dieu » mais « ma véritable nature est Dieu » (et encore ici le mot 'ma' pose problème car cette nature véritable n'appartiend pas à la personne : elle dépasse la notion de personne). Ce que nous avons du mal à comprendre en tant que chrétiens c'est que quand un bouddhiste parle de sa véritable nature il parle de ce qui est au delà du moi, il parle de l'Etre en lui.

 

Et cela tout les auteurs chrétiens le disent : l'Etre en nous c'est Dieu. En effet, dans la Bible, les noms que Dieu donne de lui même sont « je suis celui qui Est » et « je suis le je suis » (Ex 3, 14).

La question que se posent les orientaux pour savoir qui ils sont véritablement c'est « qui est, en moi, celui qui est ?» ; « qui est en moi, le 'je suis' ?». Par la méditation, ils constatent que cet Etre est le même Etre qui est en toute chose, ainsi la conscience d'un Bouddha n'est plus limitée à sa personnalité. Ce qui ne veut pas dire qu'un Bouddha s'identifie avec tout ce qui est, il s'identifie plutôt (semble t-il) à l'Existence elle-même... Existence que l'on peut plus ou moins percevoir au travers de tout ce qui existe mais qui en elle-même est complètement imperceptible, insaisissable. Avec une telle conception de leur nature véritable comment les bouddhistes ne pourraient-ils pas dire que cette nature véritable est Dieu ?

De plus si on lit ou que l'on écoute un maitre chrétien qui parle de Dieu et un maitre bouddhiste qui parle de la véritable nature des êtres et des choses (qu'ils appellent vacuité mais qu'il ne faut pas comprendre comme le vide), ces deux maitres diront la même chose et souvent avec des termes très semblables.

 

Lorsque le chrétien dit qu'il doit unir son moi à Dieu et que Dieu doit dorénavant diriger son moi il dit la même chose que le bouddhiste qui parle de lacher le moi pour accéder à sa véritable nature car, dans cette union chrétienne, Dieu, qui est l'Etre, fait Un, totalement, avec le moi, de telle manière qu'il n'y a plus de différence entre le moi et Dieu comme le dit Sainte Thérèse d'Avila ou qu'il ne reste en nous plus aucun sentiment de moi comme le dit l'auteur du nuage d'inconnaissance.

Il faut comprendre que dans la vision chrétienne, Dieu est en toutes choses comme l'Etre même, le principe d'existence de chaque chose ; et que Dieu n'est pas multiple, qu'il n'y a pas un petit bout de Dieu, d'existence, en chaque chose mais que Dieu est Un et qu'il imprègne tout. Ainsi dans cet état d'union divine, le Saint ne s'identifie plus à un moi, il n'est plus dans l'illusion d'être un moi séparé du reste du monde et séparé de Dieu.

Une précision : dans le bouddhisme comme dans le christianisme la personnalité ne disparaît pas avec la réalisation. Ce qui disparaît c'est le fait de s'identifier à cette personnalité qui devient alors comme un outil ou un instrument utilisé par Dieu ou notre véritable nature.

 

Au niveau de la pratique :

  • Lorsque le chrétien prie ou pratique la contemplation, il lache prise totalement, il abandonne sa volonté propre pour laisser Dieu le façonner et peu à peu se révéler à lui. La spiritualité chrétienne fonctionne sur le mode d'une relation entre notre moi et Dieu ; et c'est pour cela que l'on personnifie Dieu chez les chrétiens, mais il ne faut pas oublier que cette personnification est une métaphore qui permet d'entrer plus facilement en relation avec cette dimension de nous-mêmes et des choses qui est transcendante et indéfinissable. Ainsi cette relation est sensée mener peu à peu le chrétien à une union divine. Mais s'unir à Dieu ne veut pas dire qu'il y aura moi + Dieu. Non, ce que cherche le chrétien c'est d'être véritablement Un avec Dieu, au sens propre ; de manière à ce que son 'moi', qui au départ dirigeait sa personnalité ne soit pas transformé (pour devenir un super moi divin) mais remplacé par le Christ (qui est Dieu incarné pour un chrétien) et qu'il prenne toute la place en lui de manière à ce que ce ne soit plus lui qui vive mais le Christ qui vive en lui comme le dit Saint Paul. Ainsi le Christ sera comme la tête dirigeante et la personnalité du Saint comme le corps par lequel s'exprime le Christ.

  • Lorsque le bouddhiste prie ou médite, il lache prise totalement, il abandonne sa volonté propre, égoique pour laisser sa véritable nature se révéler, avec toutes les qualités pures de Bonté, de Compassion, de Sagesse... qui lui sont propres. La spiritualité bouddhiste, elle, fonctionne sur le mode d'une quête de ce qu'est notre véritable nature et la véritable nature des choses. Et celle-ci ne peut se révéler que dans la suppression de toute saisie égoiste (saisie qui consiste à repousser ce que l'on juge désagréable, à s'accrocher à ce qui est agréable et à interpréter sans cesse la réalité au lieu de la percevoir telle qu'elle est). Dès qu'elle commencera à apparaître et que le pratiquant essaiera d'avoir de la prise ou un contrôle sur elle, il ne sera plus en elle car cette nature véritable ne fonctionne pas comme un moi, elle ne fait pas : elle est.

 

Effectivement le chrétien et le bouddhiste pratiquent avec une idée différente mais en pratiquant leurs techniques on se rend compte qu'elles tendent vers la même chose car la réalisation est au delà de l'idée et de l'état d'esprit dans lequel on pratique car cette idée ; cet état d'esprit nous appartiend mais pas la réalisation : nous n'avons aucun pouvoir sur elle... notre pratique ne fait que, comme le disent les bouddhistes, créer en nous les conditions favorables pour que la réalisation puisse s'élever en nous. Ce que les chrétiens disent ainsi : l'union divine ne peut être produite par un effort personnel, elle est un don de Dieu... Ainsi notre effort (qui n'est pas mince pour autant) consiste à nous rendre de plus en plus réceptif à ce don.

Le but ultime des chrétiens est de contempler Dieu et d'être un avec Lui. Ce qui est indissociable car on ne peut pas vraiment voir Dieu qui est l'Inconnaissable, l'Incréé, on ne peut qu'être Un avec Lui, faire l'expérience de Dieu. Car Dieu est au-delà de tout ce que l'on peut penser, imaginer, concevoir et même sentir ou ressentir : les sentiments d'Amour intense, d'ouverture, de Joie, de Paix... que l'on peut ressentir parfois dans la prière ou l'oraison ne sont pas des visions de Dieu, ce ne sont que des effets de sa présence.

Le but ultime des bouddhistes est de contempler la véritable nature des choses et de leur être et ici encore, on ne peut véritablement voir, on ne peut que réaliser, être avec.

Ainsi chrétiens et bouddhistes pratiquent dans un même but : réaliser ce qui Est, être Un avec ce qui Est. Chez les bouddhistes l'essence de ce qui Est, de la vacuité, est Compassion (au sens oriental du terme, c'est à dire, un état d'esprit altruiste orienté vers le Bonheur de tous les êtres sans exception et leur libération de la souffrance ; c'est une vertu transcendante qui, dans sa forme ultime n'appartiend pas au moi). Chez les chrétiens l'essence de ce qui Est, l'essence de Dieu est Amour, ou plus précisement Charité* (qui est l'équivalent chrétien de la Compassion bouddhiste).

 

 

Même s'il est important, à un certain moment de notre cheminement spirituel de choisir une seule voie et de la suivre pour ne pas se disperser, je crois qu'il est aussi interessant, lorsque l'on appartiend à une tradition spirituelle, de s'interresser quelque peu à une autre voie afin d'avoir un autre angle de vue sur l'absolu, ce qui peut permettre de dépasser les notions de concepts et de pénétrer le véritable sens de notre tradition. Mais pour arriver à cela il faut bien se dire que tant que l'on aura pas trouvé le point de jonction entre ces voies, ce ne sera pas du à une défaillance de l'enseignement d'un maître spirituel réalisé mais à notre mauvaise compréhension.



* La Charité est ici à prendre dans sa définition chrétienne et non usuelle. En effet, dans le langage courant, quand on parle de charité chrétienne, on entend surtout donner aux pauvres ce dont ils manquent. Cette charité temporelle est englobée dans la véritable Charité mais cette dernière ne se limite pas à cet aspect matériel. La définition de la Charité c'est « Aimer son prochain comme soi-même pour l'Amour de Dieu ». Ainsi, si l'on aime son prochain comme soi-même, on va vouloir pour lui ce que l'on veut pour nous, c'est à dire qu'il soit libéré de la souffrance et qu'il trouve le Bonheur. Or, pour un chrétien, le Bonheur ne peut se concevoir en dehors de la familiarité avec Dieu. Celui qui pratique la Charité peut non seulement aider les autres au niveau temporel mais aussi les guider vers Dieu, vers leur dimension intérieure qui touche à l'absolu.

Quand, dans la définition de la Charité, on précise « pour l'Amour de Dieu », cela sous entend que cette vertu n'est pas seulement le fait de l'homme ; elle nait lorsque ce dernier contemple, ou entre-apperçoit, la nature de Dieu.


 

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 11:40

On confond souvent ces deux états d'âme que sont le repentir et la culpabilité parce que d'un premier abord, ils se ressemblent. Mais, tandis que le repentir, qui vient de la conscience divine en nous, est nécessaire à la purification de l'âme, la culpabilité quand à elle est basée sur un fonctionnement égocentrique et empêche le cheminement spirituel.


Pour purifier l'âme, il est d'une absolue nécessité de reconnaître nos fonctionnements intérieurs qui produisent en nous et chez les autres de la souffrance. Sans cultiver cette capacité à reconnaître nos défauts, il est complètement impossible de s'améliorer ou de se laisser améliorer par la Grâce de Dieu.


On peut dire que le regret issu du repentir véritable prend naissance dans deux sentiments intérieurs principaux : De la compassion pour la ou les personnes que l'on a fait souffrir (y compris nous-mêmes) et de la prise de conscience, le ressenti que notre manière d'agir n'était pas conforme à ce que nous sommes véritablement, à ce que nous voulions du fond de notre cœur. Dans un tel état d'être, notre conscience qui s'était obscurcie se retourne vers la lumière, et nous nous ouvrons à la présence divine sanctifiante dont nous sommes porteurs.


La culpabilité, elle, prend naissance en d'autres sentiments intérieurs... Le regret ne porte pas sur les conséquences de nos actes nuisibles pour autrui mais sur le fait que ces actes nous renvoient une image négative de nous-mêmes : l'autre n'est pas vraiment pris en compte. On se dit (consciemment ou inconsciemment) que l'on est mauvais et on croit que notre nature est mauvaise, ce qui est totalement opposé à ce que nous enseignent les maîtres de la chrétienté.

Lorsque l'on culpabilise ce n'est pas l'envie de devenir meilleur qui domine en nous : ce qui prévaut c'est l'envie de revaloriser l'image de nous-mêmes. Ici il n'y a pas d'ouverture, la compassion est étouffée, et notre conscience ne se retourne pas vers ce qui, en nous, pourrait l'éclairer.


Tandis que le repentir exige une certaine humilité, la culpabilité nait de l'orgueil.

En effet, la véritable humilité c'est de reconnaître que nous sommes imparfait et que, en tant qu'êtres fonctionnant sur la base d'un moi, nous cherchons toujours, d'une manière ou d'une autre, notre propre intérêt, à chaque instant... Cela n'est ni bien, ni mal, c'est un état de fait, et à part les Saints -qui ne sont plus dirigés par leur moi mais par Dieu-, tout le monde fonctionne ainsi.

Cet égocentrisme peut-être très subtil et inconscient et celui qui cultive véritablement l'humilité c'est celui qui essaie de reconnaître en lui, le plus souvent possible, cette 'saisie égoiste' et de ne pas y adhérer. Face à la prise de conscience du fonctionnement de son moi, il se sent démuni, et il entre en esprit et en vérité dans ce qu'enseignent les chrétiens : il n'y a que la Grâce de Dieu qui peut nous faire sortir de ce fonctionnement égocentré et nous amener à la sainteté.


Si on culpabilise au contraire c'est que l'on croit pouvoir avancer en ne comptant que sur nous-mêmes. Bien sur, pour cheminer vers l'union divine, il faut beaucoup travailler pour s'ouvrir peu à peu à la Grâce de Dieu, mais si, ultimement, il n'y a que cette Grâce qui peut nous libérer de nos défauts, pourquoi culpabiliser par rapport à un travail qui ne nous appartient pas ?

Notre travail à nous c'est de reconnaître nos limites avec de la bienveillance pour nous-mêmes, et de mettre en œuvre les pratiques que nous enseigne notre voie spirituelle pour d'une part nous habituer à faire le bien et d'autre part nous ouvrir à l'action de Dieu en nous. Le reste qui appartient à Dieu et à Lui seul demande beaucoup de temps.

Culpabiliser c'est refuser de se reconnaître imparfait, refuser de reconnaître ses erreurs, non par bonté ou quelque autre noble sentiment mais par orgueil. Si l'on regarde profondément en soi, et que l'on déjoue les ruses de l'égo qui voudraient nous faire croire que nous sommes toujours animés de bons sentiments, on verra cet orgueil à l'origine de la culpabilité qui dit « Comment ça ? Moi je ne fais pas d'erreur ! Je ne fais de mal à personne ! Je suis quelqu'un de bien ! Moi je suis mieux que les autres ! ».


Certaines personnes culpabilisent aussi en se rendant responsables de la souffrance des autres alors qu'elles n'ont rien fait de nuisible. Je crois que si elles regardent en elles, elles verront qu'elles se donnent trop d'importance, qu'elles n'acceptent pas de ne pas pouvoir changer ceux qui refusent d'avancer et qu'elles cherchent à 'sauver' les autres pour revaloriser une image d'eux mêmes mise à mal par leur histoire personnelle.

D'autres encore culpabilisent de s'être retrouvées dans des situations de souffrance (aggressions par exemple) pour lesquelles elles se rendent responsables. Or bien souvent, culpabiliser et se rendre responsable d'une situation c'est se donner l'illusion que l'on a un pouvoir sur elle, que l'on pourrait la contrôler. Mais faire le deuil d'une telle situation implique d'accepter notre impuissance et de vivre notre souffrance pour la traverser.

Il peut y avoir d'autres causes qui sont à l'origine de la culpabilité mais celles-ci reposent toujours sur une mésestime de soi, un manque profond d'amour ayant la plupart du temps son origine dans l'enfance.


La culpabilité présente encore un gros désavantage : à part les personnes ayant des tendances masochistes, personne n'aime la ressentir, ce qui implique que lorsque nous commençons à éprouver de la culpabilité pour nos erreurs, au lieu de reconnaître nos tords, nous refoulons immédiatement la culpabilité en rejetant notre responsabilité par rapport aux pensées, paroles ou actions nuisibles que nous avons commise envers autrui ou nous-mêmes. Ainsi il n'y a plus de repentir possible. De plus, ce n'est pas parce que la culpabilité est refoulée qu'elle n'agit plus : comme la culpabilité appelle au châtiment, lorsqu'elle est en nous, nous recherchons inconsciemment à être punit et nous nous mettons dans des situations qui nous apportent des difficultés ou alors nous ne faisons rien pour sortir de celles dans lesquelles nous nous sommes empêtrés.

Ce n'est pas un véritable problème de faire des erreurs car en tant qu'humain, nous en faisons forcément. Le véritable problème c'est de ne pas reconnaître nos erreurs, car cela nous amène à les répéter et nous empêche d'en tirer des leçons et donc de développer de la sagesse.


Voici un signe pour reconnaître si nous sommes dans l'humilité et le repentir ou dans l'orgueil et la culpabilité : Dans les deux cas nous ressentirons une certaine peine mais dans la culpabilité cette peine produira une tension intérieure, un enfermement, et cette peine ne cessera pas. Par contre, dans le repentir, cette peine coexistera avec un bien être du fait de la paix qui l'accompagne ; et une fois que le repentir aura accomplit en nous son œuvre de réajustement, la peine cessera d'elle-même sans effort de notre part.


Tout ceci étant dit, il ne faut pas se leurrer : nous sommes souvent dans la culpabilité. D'une part parce que nous avons du mal à nous aimer et à aimer les autres avec leurs défauts -ce qui engendre l'orgueil car si je ne peux m'aimer avec mes défauts, je ne dois pas en avoir et je dois être mieux que les autres pour continuer à recevoir de l'amour-, et d'autre part à cause des mauvais aspects de notre culture judéo-chrétienne issus des erreurs de compréhension spirituelle de nos ancêtres (« Dieu juge », « Dieu punit », « Toute erreur mérite un châtiment », « L'Amour de Dieu doit se mériter »...etc).


Lorsque nous nous égarons dans cette culpabilité, l'important est de la reconnaître en nous, de nous rappeler que par nature nous sommes divins, que l'Amour de Dieu nous embrasse tels que nous sommes, puis d'accepter humblement d'être imparfait (ceci étant le point le plus important), et d'essayer de nous mettre à la place des personnes que nous avons fait souffrir dans l'action pour laquelle nous éprouvons de la culpabilité. On peut également prier pour ces personnes afin d'approfondir notre compassion pour elles et d'aider à réparer les tords que nous leur avons causés.


C'est grâce à notre pratique spirituelle que la culpabilité s'en ira peu à peu : à mesure que l'amour de Dieu s'installera en nous, il nous remplira de bienveillance à l'égard des autres mais aussi à l'égard de nous-mêmes. Par l'expérience vécue et répétée de cet amour, nous pourrons nous aimer avec nos défauts, tels que nous sommes, et nous serons purifiés en profondeur de toutes les fausses idées et blessures du passé qui habitent notre subconscient et qui engendrent la culpabilité.

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 11:39

Toutes nos pensées, paroles et actions laissent une trace énergétique dans notre conscience.

Ainsi, lorsque nos pensées, nos paroles et nos actions sont tournés vers le Bien, elles laissent une 'énergie positive' en nous, comme une trace de Lumière dans notre conscience. C'est pour cela que nous devons pratiquer les pensées, paroles et actions altruistes car même si au début on les fait en se forçant, elles laissent du Bien en nous qui nous transforme peu à peu, et ces pensées, paroles, actions deviennent de plus en plus naturelles.

En imitant les Saints, nous devenont nous-mêmes Saints.

C'est comme pour un sport : par exemple quand on commence à jouer au tennis, on apprend à faire des coups droits, des reverts... Et on le fait en imitant le professeur de tennis même si on ne comprend qu'approximativement le sens et la finalité de ses gestes. Au début cela est difficile, cela demande un effort, un entrainement mais au fur et à mesure on joue au tennis de manière tout à fait naturelle, instinctive, sans même y réfléchir, de notre façon bien à nous, et jouer devient alors un véritable plaisir.

C'est un cercle vertueux : plus nous nous exerçons à faire le bien et plus cela devient notre nature, nous refaisons le bien de plus en plus, ce qui nous amène à faire encore plus de bien et ainsi de suite...


Si cela est vrai pour la pratique du bien, cela l'est aussi pour la pratique du mal. Plus on le pratique et plus l'empreinte négative laissée en nous par nos actes mauvais nous amène à faire encore du mal.

Lorsque l'on reconnaît sincèrement que par nos actes, nos paroles et nos pensées on a nuit à autrui, qu'on le regrette et qu'on le confesse face à Dieu, sa Grâce descend en nous et nous purifie de toutes les traces négatives que ces 'péchés' ont laissés dans notre conscience, ce qui coupe le cercle vicieux du mal ; cette Grâce nous donne aussi une force qui va nous aider à guérir les causes profondes, en nous, qui nous ont amené à faire ce mal.

Mais pour recevoir cette bénédiction divine, il faut d'abord être passé par le repentir sinon la confession ne sert à rien, car dans toute purification, pour travailler sur ses défauts, il faut commencer par reconnaître que l'on en a, et bien les regarder en face, sinon toute purification est impossible. Après avoir reconnu nos défauts il faut avoir le désir de s'en libérer et tout mettre en oeuvre pour que cela se fasse. C'est cela le repentir : le désir de devenir meilleur, de s'améliorer. Et il ne faut pas confondre le repentir avec la culpabilité, car la culpabilité est une forme d'orgueil, et un refus de l'Amour de Dieu. C'est de l'orgueil parce que ruminer le fait de se sentir coupable c'est en fait refuser de reconnaître humblement que nous pouvons faire des erreurs, que nous sommes imparfaits. C'est aussi une fermeture à l'Amour de Dieu car croire que toute faute mérite un chatiment est totalement contraire à l'amour et au pardon divin ; et si nous sommes incapables de recevoir cet amour et ce pardon c'est que nous n'y sommes pas ouverts et que nous sommes aussi incapables de le donner. Le Christ ne dit-il pas « Pardonnes-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » ?

Par le fait qu'elle nous détourne de l'amour qui est la seule véritable loi de Dieu, on pourrait dire que la culpabilité est un péché.


Je ne pense pas que cette purification soit impossible sans un prêtre. En effet, dans d'autres voies spirituelles et dans la tradition chrétienne cette confession se fait aussi seul face à Dieu car c'est l'Esprit Saint qui purifie et non le prêtre lui-même. Mais dans la confession, un bon prêtre est comme un canal qui nous rend l'accès à Dieu plus facile, il est un catalyseur qui rend la confession et la purification plus efficace car il est comme une fenêtre ouverte sur l'infinie Lumière de Dieu. Pourquoi se priver d'une aide qui nous facilitera les choses lorsque l'on a la chance de trouver un prêtre qui a une véritable Foi et qui laisse passer à travers lui l'Amour de Dieu, le Saint Esprit consolateur ?


Quand on dit que Dieu nous pardonne, cela n'est pas à prendre au pied de la lettre. Comment Dieu pourrait-il nous pardonner alors qu'il ne nous a jamais condamné ? En effet, Dieu est Amour, Dieu est l'Amour... Alors comment l'Amour pourrait-il être faché ou nous en vouloir ?

En fait si nous voulons nous réconcilier avec Dieu c'est parce que nous, nous l'avons rejeté: Par notre orgueil, notre colère, notre jalousie... Bref par nos défauts nous avons rejeté l'Amour de notre coeur. Alors par le sacrement de réconciliation, nous demandons à Dieu, par l'intermédiaire du prêtre, de purifier en nous les traces résiduelles de nos actions négatives pour qu'elles ne deviennent pas une habitude et nous recevons aussi une force pour nous aider à nous purifier de tout ce qui nous a amené à nous détourner de l'Amour. Car si nous recherchons cette purification ce n'est pas par peur d'un jugement mais parce que nous désirons vivre selon l'Amour car nous avons compris que c'est comme cela que l'on est heureux et que l'on attire le Bonheur.


Lorsque l'on entend l'expression « Pardon de Dieu » je crois que l'on devrait comprendre « purification de Dieu » ou « guérison de Dieu ».

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 11:38

« Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir mais dit seulement une parole et je serais guéri ».


Lorsque l'on dit cette phrase à la messe, avant de communier, il faut se préserver de deux états d'esprit extrêmes qui pourraient nous empécher de bien recevoir cette communion au Christ.

Premièrement, il faut se préserver de la croyance que l'on a aucune valeur aux 'yeux de Dieu', que Dieu ne doit pas nous aimer et qu'il ne doit rien nous donner parce qu'on ne le mérite pas. Deuxièmement, il faut aussi éviter de penser que nous n'avons pas besoin de la grâce pour avancer, que nous n'avons aucun défaut ou que nous pouvons nous débrouiller par nous-mêmes pour avancer vers notre sanctification.

Ces deux états d'esprits sont loins de la vérité et risquent de nous empêcher de recevoir les grâces que Jésus veut nous transmettre.


Pour comprendre cela on peut utiliser une comparaison:

Imaginons que l'on est un pauvre à un niveau matériel... Un jour un homme extrêmement riche se présente devant le pas de notre porte et nous demande s'il peut entrer et nous donner tout l'argent dont nous avons besoin pour nos vêtements, notre mobilier, notre maison, notre nourriture...etc.

  • Si en voyant cet homme nous nous disons « Je ne vaux rien, je ne mérite pas d'argent de cet homme, je n'ai rien fait pour cela », on va refuser son argent, refuser qu'il entre chez nous. Alors qu'en fait cet homme n'en a absolument rien à faire de nos mérites, de qui nous sommes, de ce que nous avons fait, il veut juste nous aider par compassion pour nous.

  • Si au contraire nous nous disons par fierté « Je n'ai pas besoin de l'argent de cet homme, j'en ai déjà, je ne vais pas m'abaisser à recevoir quoi que ce soit de qui que ce soit, personne ne sera au dessus de moi », on va là aussi refuser cet argent par orgueil, par refus de reconnaître que nous en manquons, tout cela pour ne pas constater qu'il y a quelq'un de plus grand que nous, qui a plus d'argent et dont nous dépendons pour notre bien être.


Il en est de même avec la communion, le Christ est cet homme riche qui ne demande qu'à nous aider. Mais ses biens ne sont pas extérieurs, se sont des biens intérieurs: l'Amour, la Paix; la Joie, la vision de la Vérité...etc. Si face à Lui nous nous disons « je ne vaux rien, je ne peux accepter » alors nous ne recevrons rien.

En fait le Christ ne donne pas au mérite; l'Amour de Dieu brille sur les bons et les méchants de la même façon, il n'exige rien de nous, simplement que nous l'acceptions et que nous le laissions nous transformer de l'intérieur. On peut aussi dire la même chose avec d'autres mots: La Lumière est là, partout, à chaque instant, disponible, mais c'est à nous de nous y rendre réceptif ; et quoi que nous ayons fait, si nous reconnaissons nos erreurs, nos travers, et que nous demandons de l'aide avec le désir de changer, la Lumière qui est toujours là, pénètre en nous, et cela ne dépend absolument pas de nos mérites... C'est cela aussi que nous affirmons par cette phrase avant la communion : que Dieu est Amour, et qu'il donne sa lumière à tous ceux qui l'acceptent, sans poser aucune condition à cela, ainsi est l'Amour de Dieu. Si Dieu se donnait au mérite, personne ne serait assez pur pour recevoir Dieu qui est l'infinie pureté.

Parfois l'Eglise pose des conditions extérieures aux chrétiens pour qu'ils puissent recevoir la communion... Mais ces conditions sont posées par l'Eglise et non par Dieu. La véritable condition pour bien recevoir la communion n'est pas dans notre situation extérieure mais dans notre état d'esprit intérieur, et celui-ci est contenu dans cette phrase : « Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir mais dit seulement une parole et je serais guéri ».


L'autre attitude extrême qui peut également nous empêcher de laisser la Grâce de Dieu oeuvrer en nous c'est le fait d'être trop orgueilleux, face au Christ, pour reconnaître que l'on a pas encore toutes les qualités Divines et que l'on a besoin de l'aide de Celui qui les incarne toutes. Cette phrase d'avant communion nous invite à reconnaître nos défauts, nos égarements, car si nous voulons être purifiés par Dieu, il faut que nous soyons conscient de ces faiblesses, ainsi quand Dieu entrera dans notre conscience il pourra les rencontrer et nous guérir. Car il s'agit effectivement de nous guérir : personne n'est mauvais de nature car nous avons tous été créés à l'image et à la ressemblance de Dieu. Lorsque nous faisons le mal ou que nous ne faisons pas le bien, cela est toujours généré en nous par des souffrances conscientes ou inconscientes qui ont besoin d'être guéries.


Alors en disant cette phrase avant la communion il faut se regarder tel que l'on est, avec nos qualités et nos défauts, reconnaître humblement que l'on a besoin d'aide pour guérir et développer les vertus. Pour être sanctifié nous ne devons pas compter que sur nous-même, mais sur la Grâce de Dieu, car la sainteté ne peut venir en développant les capacités de notre moi car elle est au-delà du moi. Ce n'est pas que nous sommes indignes de recevoir la Grâce de Dieu, c'est plutôt que nous ne sommes pas à la hauteur de cette Grâce en ce sens qu'elle va nous amener à nous dépasser nous-mêmes, et ce jusqu'à la sainteté où nous serons un avec Dieu. Et lorsque Dieu sera un avec nous, notre moi sera au service de cette sainteté, ainsi nos capacités physiques, intellectuelles, nos connaissances, bref toutes nos aptitudes, nous permettrons de faire le bien mais ce ne sont pas elles qui nous permettrons de nous unir à Dieu. On peut le constater par exemple dans le fait que ces capacités peuvent tout autant servir à faire le mal.

Cette phrase « Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir mais dit seulement une parole et je serais guéri » résume l'essentiel de la démarche chrétienne : reconnaître que Dieu seul peut nous amener à cet état de sainteté qui est un au delà de nous-mêmes et laisser Dieu nous changer, nous façonner. Ce n'est pas en forçant que nous allons développer des qualités divines, en fait tout notre travail spirituel consiste à nous ouvrir à Dieu et à le laisser faire, mais il ne faut pas croire que c'est ne rien faire, au contraire, laisser en soi la place à Dieu est un travail immense qui exige de l'écoute d'enseignements spirituels, de la réflexion, de l'introspection, des rémises en questions, des pratiques de prières, de méditations... Mais il faut aussi prendre conscience que l'Amour du Christ est un don gratuit et que, si on peut dire, 'la notion de mérite n'effleure même pas son esprit'. Et ce don ne nous est pas fait à un moment donné : Dieu se donne à nous à chaque instant, à chaque moment.... Il nous demande seulement de l'accepter et si nous acceptons véritablement de le laisser entrer et de nous façonner selon Sa Volonté à Lui, en aucun cas il ne se refusera à nous.

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 11:37

Les enseignants de la chrétienté disent que le Christ, par sa Passion et sa mort sur la Croix a délivré l'homme du mal. Cette idée, lorqu'elle a été mal comprise, a parfois entrainé des dérives doloristes (comme l'autoflagellation par exemple). En effet, si l'on ne pénètre pas profondément dans ce Mystère, on peut en venir à croire que la souffrance purifie l'âme et que Jésus a souffert pour tous les hommes, se mettant entre Dieu et eux pour, en quelque sorte, recevoir les coups de baton à leur place.

Cette compréhension erronée vient de notre culture occidentale de la culpabilité qui dit : « Pour toute faute il doit y avoir un châtiment ! » ; et on croit -consciemment ou inconsciement- que la souffrance engendrée par le châtiment répare la faute. Mais la souffrance ne purifie pas l'âme, elle n'a aucune vertu en elle-même. Il est vrai que parfois la souffrance peut susciter en nous une remise en question constructive, mais ce qui est bénéfique c'est la remise en question, pas la souffrance. Car c'est aussi la souffrance qui est la cause de nos peurs, de notre aggressivité et de tous nos travers. Et ce qui lave l'âme c'est uniquement ce qui la rend meilleure.

Il ne faudrait pas non plus croire que l'on peut rejeter la souffrance et qu'elle est mauvaise en elle-même. La souffrance n'est ni bonne, ni mauvaise, elle est juste une réalité de la vie. C'est la manière dont on réagit à la souffrance qui peut être ou bonne, ou mauvaise, selon que notre réaction engendre ou non notre bien et celui d'autrui.

 

Le Christ, par sa Passion, nous libére du mal que l'on pourrait être amenés à commettre sous l'influence des souffrances qui nous habitent. Et quel que soit le mal que nous accomplissons, il prend toujours racine dans une souffrance intérieure.

 

Mais Jésus n'a pas délivré l'homme du mal par sa Passion à un moment donné de l'histoire. Si tel avait été le cas, il aurait mal fait son boulot... il suffit de regarder le monde qui nous entoure...

Par sa Passion, le Christ délivre l'homme qui se tourne vers Lui du mal, maintenant, à chaque instant.

Les Saints et les Pères de l'Eglise disent qu'une des meilleures pratiques chrétiennes est de contempler les évènements du Gologotha. Car par cette contemplation, on se relie à la force spirituelle, à l'état de conscience que Jésus Christ vivait dans ces évènements. Et c'est cet état de conscience, c'est à dire l'Amour de Dieu (Père et Fils), le Saint Esprit, qui nous purifie peu à peu de tout le mal qui polue notre conscience, jusqu'à nous unir à Lui.

Ainsi l'important dans la Passion ce n'est pas la souffrance, c'est l'Amour... Et la souffrance que vit le Christ n'est là que pour révèler son Amour. En effet, il le dit lui-même : « il n'y a pas de plus grand Amour que de donner sa vie pour ses amis ».

C'est cet Amour qui nous libère de notre enfermement sur nous-mêmes car pour Aimer en de telles circonstances, il faut sortir de soi-même, accéder à une transcendance, ou, dit d'une autre manière, rentrer au plus intime de soi-même, se relier à sa nature véritable où l'on rencontre Dieu qui dépasse notre égo, notre moi.

 

Mais en tant que personnes en cheminement, lorsque nous regardons le Christ persécuté, nous le regardons au travers de notre égo limité qui lui ne perçoit pas l'amour du Christ mais la souffrance, pas le pardon mais la rébellion, pas l'acceptation mais le rejet. Nous avons tendance à projeter sur Jésus l'état d'esprit qui nous habiterait si nous étions à sa place. Ceci est tout à fait naturel : c'est le processus de purification, engendrée par la contemplation des mystères chrétiens qui révèle nos tendances égoïques et les purifie peu à peu. Le problème c'est que parfois, au lieu de nous ouvrir et de nous laisser transformer par le Christ nous nous enfermons dans ces projections de l'égo, et au lieu de reconnaître avec humilité que nous sommes imparfaits, nous nous persuadons nous-mêmes que ces défauts sont des qualités. Ainsi on en arrive à considérer que haïr ceux qui ont persécuté Jésus est une vertu et nous cultivons la haine, l'orgueil et le jugement des autres, alors que ce que Jésus enseigne c'est l'Amour et l'humilité, le pardon et la paix.

 

Ainsi dans son Agonie, Jésus, sachant ce qui l'attend, choisit de laisser sa volonté propre pour faire celle de Dieu. Et en méditant sur ce mystère, la force spirituelle qui se communique à nous nous transforme pour que nous puissions nous aussi, en toutes circonstances, choisir d'agir pour le bien de tous les êtres plutôt que pour notre confort personnel.

Dans la Flagellation, Jésus nous transmet, au fur et à mesure de nos méditations de ce mystère la capacité de choisir l'Amour même dans les cas où le plaisir de nos sens pourrait nous inciter à aller dans une autre direction. Ainsi, même s'il n'est pas du tout une bonne chose de considérer le plaisir comme mauvais et de rechercher la souffrance (comme l'on malheureusement enseigné certains chrétiens), il n'est pas bon non plus que la quête du plaisir et l'évitement de la souffrance passent avant la recherche du Bonheur véritable que l'on trouvera en s'unissant à cet Amour que rien ne peut altérer. Ici Jésus nous enseigne donc à placer la quête de cet Amour au premier plan et à ne plus être l'esclave de notre désir de satisfaction immédiate.

Dans le Couronnement d'épines, Jésus nous invite à le suivre lorsqu'il renonce à la reconnaissance des hommes pour agir en accord avec Dieu et donc avec ce qu'il porte au plus profond de son coeur.

Dans le Portement de Croix, il nous aide à assumer les épreuves et difficultés par Amour pour les autres.

Dans la Crucifixion, il va jusqu'à nous transmettre sa capacité à mourir à son moi personnel pour devenir un avec Dieu, pour être divinisé.

 

Jésus Christ a choisit l'Amour et transcendé son égo : dans sa volonté, ses plaisirs sensoriels, son désir de reconnaissance, ses épreuves et même sa mort. Il l'a fait dans les pires circonstances qui soient, afin qu'en méditant sur sa Passion nous puissions recevoir une puissance, un Amour qui nous permettra de transcender notre égo dans toutes les difficultés que nous pourrons rencontrer. Ainsi par son chemin de croix Il nous a ouvert une voie vers la libération.

 

Dans un sermont, un prêtre disait un jour : Porter sa Croix à la suite du Christ ce n'est pas souffrir, porter sa Croix c'est Aimer et faire le bien des êtres.

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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 11:36

Quand on lit les textes bibliques, et en particulier l'ancien testament, d'un premier abord, ils parraissent décrire un Dieu jaloux, capricieux, inquisiteur. Ils semblent décrire des histoires complètement fantasmagoriques, invraisemblables. Et quand ils parlent d'évènements qui se sont réellement passés, ils sont pleins d'erreurs, historiquement parlant.

Par contre quand on en étudie leur symbolisme et que l'on s'imprègne de ces textes, on découvre qu'ils ne décrivent pas des évènements extérieurs, mais des choses qui se passent en toute personne qui vit un cheminement spirituel: ce sont de magnifiques enseignements initiatiques.

On retrouve cette manière d'enseigner par des images à l'origine de la plupart des traditions spirituelles: les légendes amérindiennes, celtes, mayas, les mythologies grèque, indouiste...etc.

Mais alors on peut se demander « Pourquoi tant de mystères ? Pourquoi ne pas avoir décrit les choses de manière à ce que notre intellect puisse les comprendre clairement, et qu'il n'y ait plus de confusion et d'interprétations nous induisant en erreur ? ».

En fait ces enseignements ne sont pas destinés à notre intellect : ils sont sensés nous faire vivre, ressentir l'enseignement qu'ils donnent. Ils s'adressent à notre âme dans le but de la transformer, de l'éclairer, de lui transmettre une force. Et pour parler à l'âme, il faut utiliser son langage. Quel est ce langage ? Pour le découvrir, il suffit d'observer ce qui se passe quand notre intellect s'endore et que notre âme parle seule, c'est à dire dans le sommeil, le rêve. Le rêve est le langage de l'âme. Et comment parle le rêve ? En images, en symboles, en histoires souvent fantasmagoriques, invraisemblables d'un premier abord et se servant d'évènements qui se sont réellement passés (de la vie quotidienne) tout en les déformant. Le rêve est le reflet de notre état intérieur, et en utilisant son langage les textes sacrés agissent sur cet état intérieur.

Les textes bibliques sont comme une partition, où chaque verset est une note. Quand nous lisons cette partition, la musique se joue en nous par l'instrument que nous sommes. Cette musique c'est l'énergie, la vibration divine qui fait frémir notre âme et l'harmonise à Dieu. C'est en ce sens que la Bible contient la Parole de Dieu qui transforme celui qui la reçoit.

Il y a, à différentes époques, une multitude de manière de traduire la Bible, et toutes ces manières peuvent être justes en même temps. Comme le dit Saint Augustin, les écritures Saintes sont un miroir où se reflète la vérité. Pour continuer la comparaison précédente, les textes saints jouent une musique et en l'écoutant, ou plutôt ici en la ressentant, un tel dira : « Là la musique monte, là elle descend, là elle sautille », un autre dira « Là elle est légère, là plus dense, là elle s'accélère » un autre encore « Là elle est aigue, là grave, et là son tempo est plus rapide ». Ces trois commentateurs décrivent la même musique de manière juste bien qu'ils emploient des mots et des systèmes de référence différents. Tout dépend du langage et le langage varie d'une personne à une autre et d'une époque à une autre. Par exemple les inteprétations que l'on peut faire aujourd'hui des textes bibliques, n'étaient pas possibles à l'époque des pères car ils n'avaient pas les termes philosophiques, psychologiques et la manière actuelle de concevoir les choses.

Ces interprétations permettent à notre intellect d'avoir une idée des réalités spirituelles, et bien qu'il ne puisse les atteindre, il nous permet de nous orienter vers elles. Il en est de même pour le commentaire d'une musique qui nous permet d'avoir une idée de ce à quoi nous devons arriver et des indications sur la manière de jouer. Mais le commentaire n'est pas la musique, il la décrit mais ne peut pas produire les mêmes effets qu'elle: la musique nous fait vibrer, nous transporte, nous place dans un état d'esprit ou de conscience particulier. Si la musique jouée par des hommes à tant de pouvoir sur nous quand on sait l'écouter, qu'en est-il de celle jouée par Dieu ?

Cette musique divine est contenue dans les Ecritures Saintes alors quand nous lisons, laissons-la nous imprégner, et si nous ne comprenons pas tout ce que disent les mots cela a peu d'importance, car l'essentiel s'écoute au delà des mots : ce sont les notes que Dieu joue en nous...

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