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Jeudi 15 octobre 4 15 /10 /Oct 14:10

Aujourd'hui, nous occidentaux, avons souvent oublié le sens d'une véritable recherche spirituelle. Ne sachant plus comment chercher Dieu, ou n'étant pas prêts à faire de véritables efforts pour cela, nous pensons qu'être religieux c'est s'imprégner de croyances intellectuelles et construire autour d'elles tout un système pour les protéger dans notre tête.

 

 

Mais cela ne correspond en rien à une démarche spirituelle : c'est une démarche mentale. Car la Foi n'est pas une simple croyance intellectuelle, elle ne peut naitre que d'une véritable expérience intérieure de Dieu. Ceci explique pourquoi les théologiens chrétiens en font une des trois vertus théologales (théologale veut dire « qui vient de Dieu »), car l'homme ne peut la produire en usant de ses facultés psychiques, il la reçoit en s'ouvrant de plus en plus à la présence de Celui qui est au delà de tout ce qui peut être conceptualisé.

 


La croyance n'est pourtant pas à rejetter, elle a son utilité. Ainsi, dans la spiritualité orientale on accorde une certaine confiance aux enseignements des maîtres spirituels et aux Saintes Ecritures : ce qu'ils enseignent n'est pas sensé être assimilé par une confiance aveugle, mais sert à montrer une direction, un chemin. Celui qui est en recherche réfléchit à ces vérités, il y confronte ses propres opinions, les discute, et il cherche à les expérimenter, à les voir par lui même. C'est cette démarche qui accomplit en lui une profonde et progressive transformation.

Ce principe est également valable pour la spiritualité occidentale mais comme notre culture privilégie trop souvent l'intellect, nous avons parfois oublié que l'important en religion c'est l'expérience intérieure, car la vision des choses spirituelles dépasse tout ce que notre mental peut conceptualiser. Saint Augustin disait: « Je crois en ce que je ne connais pas pour connaître ce en quoi je crois ». Et le rôle de la croyance est là : c'est un moyen, non une fin. On peut accorder un certain crédit aux Saints qui ont une vision spirituelle, une expérience mystique que nous n'avons pas, mais il ne s'agit pas de s'arrêter là car si l'on se contempte de cette croyance, on risque de ne jamais être véritablement touché par le Divin.

Le chrétien ne doit pas abandonner sa raison et son expérience intérieure pour croire tout ce qu'on lui dit sans chercher à le vérifier; au contraire, il doit chercher à expérimenter ce qu'il a commencé à croire. Mais comme les choses spirituelles ne peuvent être appréhendées par les cinq sens, les sens utilisés dans l'expérimentation du chrétien sont ses sens intérieurs, et son expérimentation est sa pratique spirituelle par laquelle il se place dans la présence de Dieu. Ainsi, par exemple, il ne se contentera pas de croire que Dieu est Amour mais son assiduité dans la prière l'amenera, au fil du temps, à sentir, à vivre profondément cet Amour de Dieu dans tout son être, jusque dans son corps, et cette expérience lui donnera une connaissance véritable et certaine que Dieu est Amour.


De plus, le fait de trop s'accrocher à une croyance peut parfois être dangeureux: les fanatiques sont des gens qui s'accrochent de toutes leurs forces à de fragiles croyances, et pour les défendre, ils sont prêts à aggresser tous ceux qui ne pensent pas comme eux, verbalement ou même parfois physiquement. Au contraire quelqun qui a acquis une véritable Foi par l'expérience du Divin ne se sent pas en danger lorsque l'on ne pense pas comme lui, et il ne cherche pas à convaincre violement les autres que son point de vue est le meilleur.


Enfin, une croyance intellectuelle ne peut pas nous changer de l'intérieur comme le fait la Foi véritable. Car si la croyance implique uniquement notre intellect, l'expérience de Dieu, elle, nous imprègne de la Lumière Divine dans tous les plans de notre être: spirituel, intellectuel, émotionnel et corporel. Cette expérience s'intègre en nous et a le pouvoir de nous transformer, même si nous ne pouvons la comprendre et la définir clairement.


Nous devrions donc prendre exemple sur les premiers chrétiens qui ne cherchaient pas à croire en Dieu mais à le voir, qui ne se forçaient pas à se convaincre de l'existence de la Sainte Trinité mais à communier avec elle, qui ne se contentaient pas de répéter que Jésus est le Fils de Dieu mais qui voulaient intégrer profondément ce que cela signifie, par la proximité avec Lui.


Ainsi, lorsque lors de lectures de la Bible ou d'écoute d'enseignements religieux, nous recevons des vérités de la part des écritures, ou de l'Eglise, commençons par voir quel sens cela à pour nous, confrontons les arguments contraires qui sont en nous, discutons en avec d'autres personnes... Tout ceci sans rejeter ces vérités -car elles viennent généralement de personnes inspirées par Dieu, qui ont une meilleure vision que nous- et sans non plus les accepter d'emblée -car les Ecritures ont de nombreuses interprétations possibles et l'Eglise, même si le Christ l'habite, peut se tromper, elle l'a mainte fois démontré par le passé-. Dans cette étape de réflexion, on peut également demander à Dieu de nous éclairer, de nous révéler la vérité.

En plus de ces étapes d'étude et de réflexion -qui sont nécessaires pour préparer notre intellect à voir plus loin-, il est nécessaire de prier et de pratiquer la contemplation car les vérités spirituelles sont, encore une fois, au delà de l'intellect et il n'y a que dans contemplation que Dieu peut nous révéler ses mystères.

Par Ananie - Publié dans : Textes
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