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  • : Ananie
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  • : Ce blog a pour but de présenter une vision spirituelle de la tradition chrétienne
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1 août 2009 6 01 /08 /août /2009 15:40

Les termes chrétiens, utilisés par les auteurs de textes et de prières sont parfois mal appropriés. En effet, la plupart du temps ils sont traduits du grec ou de l'hébreu de manière approximative. Si pour les chrétiens des siècles passés, ils gardaient probablement leur véritable sens, pour nous, ils sont parfois très éloignés de leur signification véritable. Si on les traduits dans leur sens premier, grace au vocabulaire actuel qui est très précis, ils nous donnent une vision de la démarche chrétienne assez déplorable...

Il me semble que ces termes, par le fait qu'ils aient été utilisés par des millions de chrétiens en prière au fil de l'histoire véhiculent en eux-mêmes une certaine force. C'est pourquoi j'ai souvent choisi de les garder dans les prières qui sont dans ce blog. Mais si l'on a du mal à se 'sortir de la tête' le sens que l'on entends d'un premier abord, je ne pense pas que cela soit une erreur de les changer.

Voici donc quelques traductions de termes chrétiens :

 

Crainte de Dieu : La Crainte de Dieu pourrait se résumer ainsi : une motivation profonde à faire le bien et à éviter de faire le mal (à soi-même ou autrui). Mais elle n'est en aucun cas la peur du chatiment divin car Dieu ne punit pas, c'est nous qui nous punissons en nous éloignant de Lui qui est par essence le bien, le bon, le vrai... et lorsque nous nous éloignons de ce qui est bien, bon et vrai, nous nous rapprochons de ce qui est mal, mauvais et faux et nécessairement nous en souffrons (voir le texte sur La 'colère' de Dieu).

Pour qu'il y ait une motivation profonde à faire quelque chose, il faut une adhésion du coeur, un libre consentement, issu d'une compréhension intérieure profonde de la raison pour laquelle on veut faire cette chose. Celui qui est mu par la peur ne peut pas être dans une adhésion du coeur, car son consentement n'est pas libre mais forcé.

En fait l'esprit de Crainte c'est la crainte de s'éloigner de Dieu car il est le Bonheur en lui-même. Elle n'est pas issue de la peur mais de l'Amour : lorsque l'on aime profondément quelqu'un, que l'on a une relation très enrichissante avec cet être, on fait en sorte d'être le plus possible dans la compagnie de cette personne, d'être toujours avec elle. Pour cela, au milieu de toutes nos activités, on garde un oeil sur cette personne de manière à ne jamais trop nous éloigner d'elle. Ainsi celui qui est animé par la crainte du Seigneur est vigilant afin de rester centré sur sa véritable nature qui est divine... Au milieu de toutes ses activités, il essaie de rester le plus proche possible, en conscience, du Royaume de Dieu qui est en lui... Ce qui l'amène de plus en plus à Aimer son prochain comme lui-même.

 

Seigneur prend pitié de nous : Cette expression est une traduction du terme grec Kyrie Eleison. Mais le terme 'pitié' est encore une fois une mauvaise traduction. Le 'Kyrie Eleison' ne véhicule pas cette idée sous jacente contenue dans le mot 'pitié' que nous sommes misérables. Lorsque nous disons cette expression, nous ne demandons pas à Dieu de nous épargner ou de nous prendre en pitié parce que nous sommes en dessous de tout ou que nous méritons un chatiment.

« Seigneur prend pitié de nous » est un appel à la tendresse et à l'Amour inconditionnel de Dieu (qui est appelé Miséricorde) et au lieu de nous sentir misérable en disant cela nous devrions nous sentir enveloppés par l'affection et la Bonté infinie de Dieu... et c'est cet Amour qui nous purifie et nous libère de tout ce qui nous écarte de notre véritable nature.

 

Seigneur pardonnez nous nos péchés : En fait cet expression est un appel à la grâce divine afin qu'elle nous purifie de toutes les empreintes que nos actions, paroles ou pensées négatives ont laissé dans notre esprit, ceci afin que nous ne soyons plus amenés, par habitude d'esprit, à répéter les mêmes actes nuisibles (voir le texte : Le Pardon de Dieu et la confession). Les orientaux pourraient dire que c'est une demande de 'purification du Karma'.

 

Péché : Pécher, « hatta' t » en hébreu c'est littéralement « manquer la cible » ou « manquer le but ». On pourrait aussi le traduire par « marcher à côté », c'est à dire ne plus aller vers notre but, ne plus marcher sur le chemin de notre vocation profonde qui consiste à parvenir à faire Un avec Dieu. Le terme péché, ne devrait entrainer aucune notion de culpabilité, mais simplement la notion que nous avons raté, visé à côté : cela n'induit pas que nous sommes mauvais, mais que nous sommes perfectibles (ce qui change la vision des choses et porte de meilleurs fruits pour notre âme).

 

Mortification des sens : Mortifier c'est littéralement « faire mourir ». Mais la mort n'est pas ici à entendre comme dans notre langage courant. La mort c'est ici le passage d'un état à un autre : de l'état matériel à l'état spirituel. Ainsi mortifier nos sens consiste à faire en sorte que ceux-ci ne nous orientent plus uniquement vers la réalisation matérielle mais vers la plénitude spirituelle. Car si nous nous laissons toujours diriger par le fait de vouloir le plaisir et de fuir la souffrance de nos sens, nous n'arriverons pas à grand chose au niveau spirituel. L'expression « mortification des sens » pourrait très bien être traduite par le terme « détachement » des bouddhistes qui ne consiste pas à nous détacher de tout ce que perçoivent nos sens mais à ne pas être dépendant de ces perceptions car cela engendre inévitablement de la souffrance. Mortifier ses sens c'est faire en sorte que notre désir de parvenir à l'union divine passe avant nos désirs sensoriels. Et ces deux désirs ne s'opposent pas nécessairement...

Prenons une image : si nous sommes comme un train et que notre locomotive qui donne la direction est le désir d'union divine, alors que nos autres désirs sont à l'arrière comme les vagons du train, il n'y a pas de problème. Le problème, spirituellement parlant, c'est lorsqu'un autre désir devient la locomotive.

 

La chasteté : La chasteté a un sens physique, "ne pas pratiquer d'acte sexuel", qui est réservé aux moines et aux prêtres. Mais on voit dans les écrits chrétiens qu'elle ne se limite pas à ce sens. En effet, dans les oeuvres des Saints, on voit qu'elle doit aussi être pratiquée par les personnes qui sont en couple.

 Un prêtre m'a expliqué que la chasteté dépasse la notion de sexualité et qu'elle consiste à aimer l'autre tel qu'il est, à le laisser libre. Pour lui, ne pas être chaste c'est vouloir exercer un pouvoir sur l'autre et le réduire à un objet pour qu'il satisfasse nos propres désirs. On peut voir cette absence de chasteté dans un acte sexuel où l'autre n'est pas pris en compte, où l'on ne pense qu'à son propre plaisir et où l'on réduit l'autre à son corps. Mais cette notion peut être élargie à tout acte qui ne prend pas en compte l'autre dans ce qu'il est. On pourrait résumer la chasteté ainsi : agir pour Dieu (c'est à dire par Amour pour les autres) et non uniquement pour soi-même.

 

Le Salut : Le Salut ce n'est pas être sauvé d'un enfer extérieur dans lequel nous plongera à notre mort un Dieu tyranique si nous désobéissons. Le Salut c'est être sauvé de notre enfer intérieur, c'est à dire de nos tendances négatives qui nous empêchent de vivre un Bonheur éternel et que nous pourrions gouter dès ici bas en vivant l'Amour de Dieu . En d'autres termes, vivre le Salut c'est accéder à la Sainteté lorsque nous consentons totalement à l'action de Dieu en nous.

L'enfer et le paradis :
L'enfer et le paradis ne sont pas, à proprement parler, des lieux physiques ; ce sont des états d'esprit, des états de conscience. Lorsque l'on meurt, on se retrouve dans un monde qui est en quelque sorte le mirroir de l'état de notre âme (de la même manière qu'un rêve nocturne reflète nos peurs et nos joies). Si, nous avons passé notre vie à imprégner notre conscience de haine et de non respect de l'autre, alors à notre mort nous nous retrouvons dans un monde constitué de toute cette haine et de ce non respect, un véritable enfer où ces émotions négatives nous consumment. Au contraire, si, toute notre vie nous avons oeuvré au bien et purifié notre conscience, alors dans la mort, notre conscience rejoint Dieu et son paradis car elle lui ressemble. (voir le texte sur L'ethique).

 

Heureux les pauvres de cœurs : Pour s'ouvrir au Royaume de Dieu (voir le texte en cliquant sur le lien) qui donne le bonheur, il faut que notre conscience soit ouverte, réceptive, et pour cela il est nécessaire qu'elle ne soit pas excessivement attachée à des objets extérieurs, à des connaissances, au moi... (pour approfondir voir le texte sur les sept péchés capitaux) Celui qui veut s'ouvrir à l'être doit se libérer de l'avoir, il doit être pauvre. Mais l'important est d'être pauvre intérieurement, « pauvre de cœur », afin de trouver le bonheur. En effet, on peut être riche de pleins de choses et vivre comme si rien ne nous appartenait, vivre sans attacher une importance excessive à tout ce que l'on possède (que ces possessions soient matérielles ou mentales) ; et on peut être également très pauvres mais extrêmement dépendant de ce que l'on a acquis.

 


Si vous avez d'autres expressions chrétiennes qui vous posent problème, vous pouvez les mettre en commentaire, je pourrai essayer de les traduire si je les comprends... Merci

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Published by Ananie
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commentaires

REZKALLAH 21/03/2010 23:38


que veut dire: heureux les pauvres de coeurs? . Merci


Ananie 25/03/2010 07:19


J'espère que le passage sur le sujet répond à la question. Merci pour la demande.