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  • : Ananie
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  • : Ce blog a pour but de présenter une vision spirituelle de la tradition chrétienne
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28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 11:37

Les enseignants de la chrétienté disent que le Christ, par sa Passion et sa mort sur la Croix a délivré l'homme du mal. Cette idée, lorqu'elle a été mal comprise, a parfois entrainé des dérives doloristes (comme l'autoflagellation par exemple). En effet, si l'on ne pénètre pas profondément dans ce Mystère, on peut en venir à croire que la souffrance purifie l'âme et que Jésus a souffert pour tous les hommes, se mettant entre Dieu et eux pour, en quelque sorte, recevoir les coups de baton à leur place.

Cette compréhension erronée vient de notre culture occidentale de la culpabilité qui dit : « Pour toute faute il doit y avoir un châtiment ! » ; et on croit -consciemment ou inconsciement- que la souffrance engendrée par le châtiment répare la faute. Mais la souffrance ne purifie pas l'âme, elle n'a aucune vertu en elle-même. Il est vrai que parfois la souffrance peut susciter en nous une remise en question constructive, mais ce qui est bénéfique c'est la remise en question, pas la souffrance. Car c'est aussi la souffrance qui est la cause de nos peurs, de notre aggressivité et de tous nos travers. Et ce qui lave l'âme c'est uniquement ce qui la rend meilleure.

Il ne faudrait pas non plus croire que l'on peut rejeter la souffrance et qu'elle est mauvaise en elle-même. La souffrance n'est ni bonne, ni mauvaise, elle est juste une réalité de la vie. C'est la manière dont on réagit à la souffrance qui peut être ou bonne, ou mauvaise, selon que notre réaction engendre ou non notre bien et celui d'autrui.

 

Le Christ, par sa Passion, nous libére du mal que l'on pourrait être amenés à commettre sous l'influence des souffrances qui nous habitent. Et quel que soit le mal que nous accomplissons, il prend toujours racine dans une souffrance intérieure.

 

Mais Jésus n'a pas délivré l'homme du mal par sa Passion à un moment donné de l'histoire. Si tel avait été le cas, il aurait mal fait son boulot... il suffit de regarder le monde qui nous entoure...

Par sa Passion, le Christ délivre l'homme qui se tourne vers Lui du mal, maintenant, à chaque instant.

Les Saints et les Pères de l'Eglise disent qu'une des meilleures pratiques chrétiennes est de contempler les évènements du Gologotha. Car par cette contemplation, on se relie à la force spirituelle, à l'état de conscience que Jésus Christ vivait dans ces évènements. Et c'est cet état de conscience, c'est à dire l'Amour de Dieu (Père et Fils), le Saint Esprit, qui nous purifie peu à peu de tout le mal qui polue notre conscience, jusqu'à nous unir à Lui.

Ainsi l'important dans la Passion ce n'est pas la souffrance, c'est l'Amour... Et la souffrance que vit le Christ n'est là que pour révèler son Amour. En effet, il le dit lui-même : « il n'y a pas de plus grand Amour que de donner sa vie pour ses amis ».

C'est cet Amour qui nous libère de notre enfermement sur nous-mêmes car pour Aimer en de telles circonstances, il faut sortir de soi-même, accéder à une transcendance, ou, dit d'une autre manière, rentrer au plus intime de soi-même, se relier à sa nature véritable où l'on rencontre Dieu qui dépasse notre égo, notre moi.

 

Mais en tant que personnes en cheminement, lorsque nous regardons le Christ persécuté, nous le regardons au travers de notre égo limité qui lui ne perçoit pas l'amour du Christ mais la souffrance, pas le pardon mais la rébellion, pas l'acceptation mais le rejet. Nous avons tendance à projeter sur Jésus l'état d'esprit qui nous habiterait si nous étions à sa place. Ceci est tout à fait naturel : c'est le processus de purification, engendrée par la contemplation des mystères chrétiens qui révèle nos tendances égoïques et les purifie peu à peu. Le problème c'est que parfois, au lieu de nous ouvrir et de nous laisser transformer par le Christ nous nous enfermons dans ces projections de l'égo, et au lieu de reconnaître avec humilité que nous sommes imparfaits, nous nous persuadons nous-mêmes que ces défauts sont des qualités. Ainsi on en arrive à considérer que haïr ceux qui ont persécuté Jésus est une vertu et nous cultivons la haine, l'orgueil et le jugement des autres, alors que ce que Jésus enseigne c'est l'Amour et l'humilité, le pardon et la paix.

 

Ainsi dans son Agonie, Jésus, sachant ce qui l'attend, choisit de laisser sa volonté propre pour faire celle de Dieu. Et en méditant sur ce mystère, la force spirituelle qui se communique à nous nous transforme pour que nous puissions nous aussi, en toutes circonstances, choisir d'agir pour le bien de tous les êtres plutôt que pour notre confort personnel.

Dans la Flagellation, Jésus nous transmet, au fur et à mesure de nos méditations de ce mystère la capacité de choisir l'Amour même dans les cas où le plaisir de nos sens pourrait nous inciter à aller dans une autre direction. Ainsi, même s'il n'est pas du tout une bonne chose de considérer le plaisir comme mauvais et de rechercher la souffrance (comme l'on malheureusement enseigné certains chrétiens), il n'est pas bon non plus que la quête du plaisir et l'évitement de la souffrance passent avant la recherche du Bonheur véritable que l'on trouvera en s'unissant à cet Amour que rien ne peut altérer. Ici Jésus nous enseigne donc à placer la quête de cet Amour au premier plan et à ne plus être l'esclave de notre désir de satisfaction immédiate.

Dans le Couronnement d'épines, Jésus nous invite à le suivre lorsqu'il renonce à la reconnaissance des hommes pour agir en accord avec Dieu et donc avec ce qu'il porte au plus profond de son coeur.

Dans le Portement de Croix, il nous aide à assumer les épreuves et difficultés par Amour pour les autres.

Dans la Crucifixion, il va jusqu'à nous transmettre sa capacité à mourir à son moi personnel pour devenir un avec Dieu, pour être divinisé.

 

Jésus Christ a choisit l'Amour et transcendé son égo : dans sa volonté, ses plaisirs sensoriels, son désir de reconnaissance, ses épreuves et même sa mort. Il l'a fait dans les pires circonstances qui soient, afin qu'en méditant sur sa Passion nous puissions recevoir une puissance, un Amour qui nous permettra de transcender notre égo dans toutes les difficultés que nous pourrons rencontrer. Ainsi par son chemin de croix Il nous a ouvert une voie vers la libération.

 

Dans un sermont, un prêtre disait un jour : Porter sa Croix à la suite du Christ ce n'est pas souffrir, porter sa Croix c'est Aimer et faire le bien des êtres.

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Published by Ananie - dans Textes
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commentaires

daniel 28/07/2009 14:43

superbe texte ! magnifique et véridique dans son analyse