Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pour Retourner À L'accueil

  • : Ananie
  • Ananie
  • : Ce blog a pour but de présenter une vision spirituelle de la tradition chrétienne
  • Contact
28 juillet 2009 2 28 /07 /juillet /2009 11:31

La plupart du temps, le langage biblique est un langage symbolique. Ainsi, les notions de colère ou de chatiments de Dieu sont des images, qui étaient peut être adaptées à l'esprit des hébreux aux temps où elles étaient utilisées mais qui aujourd'hui peuvent être mal interprétées : de ce langage imagé, on tire parfois l'idée que Dieu punit ceux qui ne font pas ce qu'il veut.

Nous sommes en présence de Dieu et nous suivons ses commandements lorsque nous vivons selon l'Amour et que nous sommes en accord avec notre nature profonde. Ainsi nous attirons les bénédictions divines; en d'autres termes, nous sommes réceptifs aux énergies divines car nous sommes en résonnance avec elles. Ces énergies divines nous transforment et rétablissent l'harmonie à l'intérieur de nous-mêmes et en conséquence nous créons aussi l'harmonie dans notre vie extérieure.

Par contre lorsque, ne vivant plus selon l'Amour, nous cherchons à combler un vide intérieur en essayant de prendre le pouvoir sur les autres, d'accumuler de plus en plus de possessions matérielles, ou d'attirer sans cesse l'admiration de ceux qui nous entourent, nous vivons dans une insatisfaction permanente, nous ne sommes plus en accord avec notre nature et nos désirs profonds, et comme notre état intérieur se répercute à l'extérieur, nous créons des difficultés dans nos vies.

La colère de Dieu, c'est en fait l'état de disharmonie qui résulte du fait que nous nous sommes nous-mêmes séparés de Lui. Et les conséquences négatives de cette séparation n'ont rien à voir avec l'action de Dieu : la disharmonie est justement là parce que nous ne laissons plus Dieu agir en nous et dans notre vie; le malheur est par définition là où il n'y a plus accord avec Dieu car Dieu est Bonheur.

Ainsi dans les textes bibliques, à chaque fois que Dieu punit quelqun ou un peuple parce qu'il n'obéit pas à ses commandements, cela veut dire que la personne ou le peuple se retrouve dans un état intérieur qui est exprimé métaphoriquement par la colère de Dieu et la manière dont elle s'exprime. On retrouve entre autres cette idée chez Saint Augustin quand il dit: « Cette colère de Dieu pourrait fort bien se dire encore des ténèbres de l’esprit qui envahissent tout infracteur de la loi de Dieu. »

Prenons un exemple:

Dans Esaïe (chap 5, v 1 à 6), Dieu a planté une vigne que l'on peut ici comparer à tout homme. Cet vigne, cet homme, a été placé dans les meilleures conditions pour produire de bons fruits, fruits qui sont de l'amour et de la bonté pour lui-même et les autres. Mais cet homme s'est détourné de Dieu et a produit de mauvais fruits, et voici ce qui lui arriva :

« Et maintenant, que je vous apprenne ce que je vais faire à ma vigne!

en ôter la haie pour qu'on vienne la brouter, en briser la clôture pour qu'on la piétine;

j'en ferai un maquis : elle ne sera ni taillée ni sarclée, ronces et épines y croîtront, j'interdirai aux nuages d'y faire tomber la pluie. ».

Ainsi, en l'homme qui n'est plus en présence de Dieu, s'installe le chaos, la disharmonie.

La haie et la cloture peuvent représenter la différenciation entre ce qui est vraiment en accord avec notre nature profonde et ce qui ne l'est pas. Elles sont enlevées chez celui qui n'est plus avec Dieu et il est envahi par ce qui lui est étranger et qui lui nuit (on broute cette vigne, on la piétine).

La vigne n'est plus taillée et sarclée, c'est à dire que l'homme n'est pas régulièrement réajusté, réharmonisé, et ses pulsions négatives intérieures l'envahissent et l'étouffent (les ronces et épines y croissent).

Enfin, il n'est plus réceptif aux grâces divines qui pourraient le nourrir et le faire croître (la pluie ne tombe plus sur la vigne).

Toutes ces conséquences sont dues au fait l'homme s'est mis dans un état d'esprit au sein duquel il ne permet plus à Dieu, à l'Amour, d'agir en lui.

 

Petit exercice:

Afin de cultiver ou de retrouver notre état d'harmonie, nous pouvons nous représenter l'image symbolique utilisée par Esaïe, celle de la vigne placée dans les conditions idéales pour donner de beaux raisins (Esaïe chap 5, v1 et 2). Cette vigne représente l'homme saint (ou la femme sainte), et tous ses éléments symboliques que l'on va imaginer vont ramener en nous l'harmonie, car le langage des images permet d'éveiller certaines forces en l'âme de la personne qui les méditent.

La tour, au centre de cette vigne, est comme un pont qui relie le ciel et la terre, ce qui traduit l'union de la personne avec Dieu et sa capacité à recevoir les grâces et inspirations divines. Elle devra être imaginée en pierres, (qui sont des éléments naturels, créés par Dieu) mais pas en briques (façonnées par des hommes). En effet, alors que la tour en pierres représente une réceptivité de la personne à l'action de Dieu en elle (les forces de l'Amour qui peuvent la transformer), la tour de brique quand à elle rappelle la tour de Babel qui représente une tentative de l'humain de parvenir à sa sanctification en usant uniquement de ses propres forces (celles de la raison, de l'intelligence, de la volonté...etc) sans se rendre réceptif à la Grâce divine.

Quand au pressoir, il représente le travail qui se fait en la personne qui est en présence de Dieu: ses aspects grossiers, ses défauts sont purifiés (le marc est jeté), et d'elle est extraite la pureté, la quintessence (le jus de raisin qui donnera le vin qui est sang du Christ).

On pourra donc visualiser l'image suivante 5 min par jours, pendant au minimum une dizaine de jours et en vivant pleinement tous les ressentis que cela éveille en nous:

Une vigne de très bonne qualité, bien taillée et entretenue, plantée sur un coteau de montagne, dans une terre fertile, bêchée et débarrassée de ses pierres; avec une tour au milieu, un pressoir, entourée d'une haie et d'une cloture, arrosée de façon idéale par la pluie. Puis on peut imaginer que cette vigne donne de magnifiques grappes de raisins vermeils.

Partager cet article

Repost 0
Published by Ananie - dans Textes
commenter cet article

commentaires

Alexandre 28/03/2013 13:24

Je trouve l'interprétation intéressante et pertinente. Pourtant à la lecture de la lettre aux Romains je constate que la colère est comprise par Paul pour le futur dans la plupart des cas. Cela
rend plus difficile l'interprétation comme disharmonie intérieure actuelle. Q'en pensez-vous?

Ananie 30/03/2013 21:38



Je pense qu'il est possible de voir cela dans le sens où la disharmonie intérieure, et ses conséquences extérieures, suivent le fait de s'être séparé de Dieu.


Des actes, des paroles ou des pensées sont posés en opposition à la volonté divine, et un état de dishamornie intérieure s'ensuit car ce qui a été posé ne correspond pas à notre vocation
profonde.


Ainsi il ne peut s'en suivre qu'un certain mal être (qui est plus ou moins perçu consciemment) et cela est aussi accompagné parfois de difficultés extérieures, car celui qui n'est pas en paix
avec lui-même a souvent du mal à l'être avec le monde qui l'entoure.